L’adaptation cinématographique de L’Odyssée, réalisée par Christopher Nolan et sortie le 25 juillet 2026, suscite des réactions contrastées au sein de la presse internationale. Selon Courrier International, le film est salué pour son ambition technique et narrative, mais critiqué pour son traitement des thèmes érotiques et le rôle marginalisé des personnages féminins dans l’épopée.

Ce qu'il faut retenir

  • Absence de sensualité : Le film est pointé du doigt pour son manque d’érotisme, alors que l’œuvre originale d’Homère accorde une place centrale à la sexualité, au pouvoir et aux stratégies amoureuses.
  • Personnages féminins réduits à des rôles secondaires : Athéna, Calypso, Circé et Pénélope sont accusées d’être des figures passives, voire des faire-valoir pour Ulysse.
  • Interprétation de Zendaya : Son personnage, Athéna, est réduit à un rôle minimaliste, sans influence notable sur le récit.
  • Charlize Theron en Calypso : Son interprétation est critiquée pour avoir transformé la déesse en une simple tenancière de bar sur une plage, occultant son rôle de maîtresse et de séductrice.
  • Samantha Morton en Circé : Le film simplifie radicalement son personnage, enlevant à l’épisode de la métamorphose des hommes en cochons sa dimension érotique et dramatique.
  • Anne Hathaway en Pénélope : Les retrouvailles entre Ulysse et son épouse sont dépourvues de toute tension sensuelle, alors que le poème original en fait un moment clé.

Si Christopher Nolan est reconnu pour sa maîtrise du récit et de la mise en scène, son adaptation de L’Odyssée divise la critique internationale. D’un côté, certains saluent l’ambition du projet, mais de l’autre, plusieurs médias étrangers dénoncent une version appauvrie de l’épopée homérique, notamment sur le plan de la sensualité et de la représentation des femmes. Selon Courrier International, « la critique Stephanie Zacharek, dans Time, résume l’opinion de nombreux observateurs en déclarant : “L’Odyssée n’est qu’une raison de plus de désespérer.”

Le reproche principal porte sur l’absence quasi totale de scènes érotiques ou de tension sexuelle, un élément pourtant central dans l’œuvre originale. « Personne n’a envie de baiser dans L’Odyssée ? », s’interroge The Cut, soulignant l’omission d’un pan majeur de l’histoire. Dans le poème d’Homère, Ulysse n’hésite pas à s’unir à des déesses comme Calypso ou Circé, tandis que Pénélope, restée seule à Ithaque, résiste aux prétendants tout en gérant un palais où se croisent servantes et soupirants. Pourtant, dans le film de Nolan, « c’est à peine si quelqu’un a un début d’érection », selon The Cut. La sensualité, pilier de l’épopée, semble avoir été effacée au profit d’un récit centré sur la guerre et la stratégie.

Des déesses reléguées au rang de figurantes

Outre l’absence de sexualité, les personnages féminins sont pointés du doigt pour leur marginalisation. Plusieurs critiques, comme Catherine Shoard du Guardian, soulignent que Nolan a systématiquement réduit le rôle des femmes à des archétypes simplistes. « Même les critiques les plus enthousiastes reconnaissent que les femmes sont maltraitées dans le film », écrit-elle, rappelant que Nolan n’a jamais brillé par sa représentation des personnages féminins.

Le cas d’Athéna, interprétée par Zendaya, est emblématique. Dans l’épopée originale, la déesse joue un rôle actif, guidant et protégeant Ulysse tout au long de son périple. Dans le film, elle se contente de suivre le héros, déguisée en veuve en deuil, « hochant la tête ou la secouant avec tristesse, à la manière d’une enseignante déçue », selon le Guardian. Son influence sur le récit est quasi inexistante, réduisant son personnage à une silhouette discrète.

De même, Calypso, jouée par Charlize Theron, est transformée en une femme ordinaire, gérante d’un bar sur une plage. Dans le poème d’Homère, elle retient Ulysse pendant sept ans, en fait son amant et son esclave. Le film, lui, en fait une simple hôtesse qui sert des boissons et des fleurs de lotus, « suggérées comme un moyen de lui faire oublier son identité ». « La Calypso d’Homère est un rôle formidable. Celle de Nolan est une femme quelconque qui envisage de se reconvertir en psychothérapeute », ironise Catherine Shoard.

Circé et Pénélope : des figures vidées de leur substance

Circé, incarnée par Samantha Morton, offre pourtant une des rares scènes prometteuses du film. Dans le poème, elle transforme les hommes d’Ulysse en cochons avant de les séduire et de les retenir pendant un an. Le film montre bien le banquet et la métamorphose, mais « Ulysse la persuade d’annuler son sort non pas en entretenant des relations sexuelles avec elle pendant un an, mais en lui balançant deux ou trois mots », déplore le Guardian. Le caractère érotique et dramatique de l’épisode est ainsi gommé au profit d’un message moralisateur sur la guerre.

Enfin, Pénélope, interprétée par Anne Hathaway, est réduite à une épouse chaste et passive. Dans l’œuvre originale, son intelligence et sa ruse sont mises en avant pour résister aux prétendants tout en préparant secrètement le retour d’Ulysse. Le film, lui, présente leurs retrouvailles comme un moment solennel et asexué, « recouvert d’un vernis de chasteté », selon The Cut. La complexité de son personnage, pilier de l’épopée, disparaît au profit d’un archétype féminin traditionnel.

Un récit recentré sur la morale au détriment de l’épopée

Pour de nombreux critiques, le problème ne réside pas seulement dans les choix de casting ou de mise en scène, mais dans la vision même que Nolan impose à l’histoire. « La guerre, c’est mal. Un bien beau message, sauf que Nolan insiste tellement dessus qu’il vide de sens tout ce qui rend L’Odyssée intéressante », analyse The Cut. En privilégiant une lecture antiguerre et en évacuant les dimensions érotique, stratégique et mythologique de l’épopée, le réalisateur aurait, selon ses détracteurs, réduit L’Odyssée à une simple fable moralisatrice.

« Dans le monde de Nolan, les femmes ne sont que des véhicules pour transmettre le message antiguerre, ce qui explique le peu de temps qui leur est offert à l’écran », explique The Cut. Leur absence de désir ou de pouvoir décisionnel en fait des figures secondaires, incapables d’influencer le cours des événements. « Elles ne sont que des victimes du désir, elles n’en usent pas elles-mêmes », ajoute Catherine Shoard. Résultat : les personnages féminins, qu’ils soient divinités ou mortelles, sont soit « plus ennuyeuses, soit plus dingues », selon les termes de la critique.

Et maintenant ?

Alors que L’Odyssée de Nolan entre dans sa deuxième semaine d’exploitation en salles, les débats sur son interprétation de l’épopée homérique pourraient s’intensifier. Les réactions de la presse internationale, souvent sévères, contrastent avec l’accueil plutôt favorable réservé par certains critiques. Reste à voir si le public, qui a plébiscité les précédents films du réalisateur, lui réservera le même succès. La question de la fidélité à l’œuvre originale, déjà soulevée lors de la sortie de Dune : Deuxième Partie en 2024, pourrait resurgir à l’approche des prochains projets de Nolan. D’ici là, les discussions sur le rôle des femmes dans le cinéma de blockbuster et sur la place de la sensualité dans les récits épiques devraient s’amplifier.

La polémique autour de L’Odyssée soulève une question plus large : dans quelle mesure une adaptation cinématographique peut-elle s’éloigner du texte original sans perdre son essence ? Pour ses détracteurs, Nolan a fait le choix d’un récit édulcoré, où le message moral prime sur la complexité mythologique et érotique de l’œuvre. Pour ses défenseurs, il s’agit au contraire d’une réinterprétation audacieuse, adaptée aux attentes d’un public contemporain. Une chose est sûre : le film, salué pour ses qualités techniques, ne laissera personne indifférent.

Plusieurs médias internationaux, dont The Guardian et The Cut, ont reproché à Christopher Nolan d’avoir réduit les figures féminines à des rôles passifs ou simplistes. Dans le poème d’Homère, des personnages comme Athéna, Calypso, Circé ou Pénélope jouent un rôle actif, stratégique ou érotique majeur. Le film, lui, les transforme en figurantes, leur retirant toute influence ou dimension sensuelle. Selon Courrier International, cette approche reflète une tendance plus large de Nolan à marginaliser les femmes dans ses récits.

Plusieurs scènes ont fait l’objet de vives critiques. La représentation d’Athéna par Zendaya, réduite à un rôle de spectatrice silencieuse, a été jugée décevante. Celle de Calypso, interprétée par Charlize Theron et réduite à une tenancière de bar, a été qualifiée de « trahison » par rapport au mythe original. Enfin, l’épisode de Circé, où la métamorphose des hommes en cochons est dépouillée de son contexte érotique, a été perçu comme une simplification excessive. Même les retrouvailles entre Ulysse et Pénélope, jouée par Anne Hathaway, ont été critiquées pour leur manque de tension et de sensualité.