L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient d’accorder sa préqualification à un nouveau traitement antipaludéen sous forme de comprimés dispersibles dans le lait, destiné aux nourrissons pesant moins de cinq kilos. Cette décision, annoncée à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre le paludisme, marque une avancée significative dans la prise en charge de cette tranche d’âge particulièrement vulnérable, comme le rapporte RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Un nouveau traitement antipaludéen, sous forme de comprimés dispersibles, est désormais préqualifié par l’OMS pour les nourrissons de moins de cinq kilos.
- Ce médicament associe deux molécules : la luméfantrine et l’arthéméter.
- Il remplace les traitements antérieurs, conçus pour des enfants plus âgés, souvent à l’origine de surdosages et d’effets indésirables chez les bébés.
- Cette innovation intervient à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre le paludisme, célébrée chaque année le 25 avril.
Un traitement adapté aux besoins des nouveau-nés
Jusqu’à présent, les nourrissons de moins de cinq kilos atteints de paludisme devaient recevoir des traitements conçus pour des enfants plus âgés. Cette pratique, bien que courante, exposait les bébés à des risques de surdosage ou d’effets secondaires, faute de posologie adaptée. Le nouveau médicament, dont les comprimés se dispersent facilement dans le lait, répond précisément à cette problématique, souligne l’OMS dans son communiqué.
« Les traitements existants n’étaient pas conçus pour cette tranche d’âge, ce qui pouvait entraîner des complications évitables », a précisé un porte-parole de l’organisation. Avec ce nouveau traitement, les professionnels de santé disposent enfin d’une solution sûre et efficace pour les nouveau-nés les plus fragiles.
Une avancée saluée en pleine Journée internationale de lutte contre le paludisme
La validation de ce traitement intervient à une date symbolique : la Journée internationale de lutte contre le paludisme, célébrée chaque année le 25 avril. Cet événement mondial vise à sensibiliser l’opinion publique et les décideurs sur l’urgence d’éradiquer cette maladie, qui touche encore des millions de personnes chaque année, principalement en Afrique subsaharienne.
Selon les dernières estimations de l’OMS, près de 249 millions de cas de paludisme ont été recensés dans le monde en 2023, entraînant environ 608 000 décès, dont une grande partie concerne des enfants de moins de cinq ans. Dans ce contexte, l’arrivée d’un traitement adapté aux nourrissons représente une étape cruciale dans la lutte contre cette maladie.
Comment ce nouveau traitement va-t-il être déployé ?
L’OMS a d’ores et déjà commencé à travailler avec les autorités sanitaires locales et les organisations partenaires pour organiser la distribution de ce médicament dans les régions les plus touchées. « Notre objectif est de rendre ce traitement accessible dans les plus brefs délais, en priorité dans les zones où le paludisme fait le plus de ravages », a indiqué un responsable de l’organisation.
Les comprimés dispersibles devraient être intégrés aux protocoles de soins nationaux dans les prochains mois, sous réserve des validations réglementaires locales. Une campagne de formation des soignants est également prévue pour garantir une utilisation optimale de ce nouveau traitement.
Cette innovation intervient alors que la recherche contre le paludisme progresse, avec notamment le développement de vaccins et de nouveaux antipaludéens. Reste à voir si ce traitement parviendra à inverser la tendance dans les régions où la maladie reste endémique.
L’OMS indique que les effets secondaires restent comparables à ceux des traitements existants, mais leur fréquence et leur intensité devraient être réduites grâce à une posologie mieux adaptée. Les autorités sanitaires recommandent une surveillance accrue lors de la première administration.