Selon Euronews FR, la hausse des prix de l'énergie et des engrais devrait continuer d'alimenter l'inflation alimentaire mondiale, ce qui renchérit une alimentation saine et menace les progrès contre la faim. Les conflits et les perturbations sur les marchés mondiaux de l'énergie pourraient faire basculer des millions de personnes dans la faim en faisant flamber les coûts du carburant, des engrais et des denrées alimentaires, a averti le président du Fonds international de développement agricole, basé à Rome.

Ce qu'il faut retenir

  • Les conflits et les perturbations sur les marchés mondiaux de l'énergie pourraient faire basculer des millions de personnes dans la faim.
  • La faim a légèrement reculé dans le monde ces dernières années, mais plus de 500 millions de personnes pourraient encore être confrontées à la faim chronique d'ici 2030.
  • L'Afrique devrait supporter la plus grande part de ce fardeau, avec près de 60 % des personnes souffrant de sous-alimentation chronique qui pourraient y vivre d'ici 2030.

Les conflits et l'inflation alimentaire

Les tensions géopolitiques et les perturbations possibles du transport maritime et des approvisionnements énergétiques, y compris les incertitudes entourant le détroit d'Ormuz pendant la guerre en Iran, pourraient laisser 9 à 18 millions de personnes supplémentaires confrontées à la faim si ces chocs se prolongent, a indiqué le président du FIDA, Alvaro Lario. Les conflits font flamber les prix de l'énergie et des engrais, ce qui a un impact particulièrement lourd pour les petits exploitants, dont beaucoup dépendent du diesel pour pomper l'eau, récolter les cultures et transporter leurs produits jusqu'au marché.

Le coût d'une alimentation saine

Selon le rapport de l'ONU, le coût moyen mondial d'une alimentation saine a grimpé à 4,28 dollars en parité de pouvoir d'achat (PPA) par personne et par jour, contre 3,44 dollars PPA en 2021. L'Amérique latine et les Caraïbes affichent les coûts les plus élevés, à 4,91 dollars PPA. Le coût d'une alimentation saine varie fortement selon les régions, en fonction des différences entre systèmes agroalimentaires, les produits d'origine animale, les légumes et les fruits ajoutant la plus grande part des coûts, par rapport aux denrées de base riches en amidon.

Les chocs climatiques et la sécurité alimentaire

Le changement climatique accentue encore la pression sur les systèmes alimentaires et les moyens de subsistance en milieu rural, a noté Lario. Les inondations, les sécheresses prolongées et les vagues de chaleur extrême perturbent de plus en plus l'agriculture partout dans le monde et sont devenues une réalité quotidienne pour de nombreuses communautés. Les gouvernements devraient se concentrer sur la résilience et l'adaptation avant que les catastrophes ne surviennent, plutôt que de se reposer uniquement sur les réponses d'urgence a posteriori.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes attendues incluent des investissements accrus dans les infrastructures, le développement, la recherche, l'irrigation et les chaînes du froid pour réduire le coût d'une alimentation saine. Des réformes des subventions et des cadres réglementaires, ainsi que la facilitation des échanges, peuvent également contribuer à cet objectif. Les gouvernements devraient se concentrer sur la résilience et l'adaptation pour faire face aux chocs climatiques et aux perturbations des marchés mondiaux de l'énergie.

En conclusion, la crise énergie-engrais qui entretient l'inflation alimentaire mondiale est un problème complexe qui nécessite une action urgente et coordonnée de la part des gouvernements et des organisations internationales pour protéger les populations les plus vulnérables et assurer une alimentation saine et abordable pour tous.