Cinq ans de plus pour Palantir. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a décidé de reconduire son contrat avec l’entreprise américaine de logiciels, malgré des réserves majeures exprimées dans un audit interne de 2025 concernant la gestion des données sensibles liées à l’aide humanitaire. Selon France 24, ce renouvellement, d’une durée de cinq ans, intervient alors que l’ONU exprimait des réticences à confier à cette société le traitement des informations nécessaires à l’organisation de ses chaînes logistiques.
Cette décision, révélée par PassBlue et France 24, s’accompagne de critiques persistantes quant au respect de la vie privée des bénéficiaires de l’aide internationale. L’audit de 2025 avait pointé des « préoccupations majeures » en matière de protection des données, soulevant des questions sur la transparence et la sécurité des informations manipulées par Palantir dans le cadre de ses missions pour le PAM.
Ce qu'il faut retenir
- Le PAM renouvelle pour cinq ans son contrat avec Palantir, malgré les alertes soulevées par un audit interne en 2025.
- L’audit de 2025 avait identifié des préoccupations majeures en matière de protection de la vie privée liées au traitement des données par Palantir.
- L’ONU avait exprimé des réticences à confier à cette entreprise américaine la gestion des données logistiques de l’aide humanitaire.
Un partenariat sous haute tension
Le renouvellement de ce contrat, qui s’étendra jusqu’en 2031, intervient dans un contexte de méfiance croissante envers les géants technologiques américains et leurs pratiques en matière de protection des données. Palantir, fondée en 2003 et spécialisée dans l’analyse de données massives, travaille depuis plusieurs années avec des agences onusiennes pour optimiser la distribution de l’aide alimentaire dans les zones de crise. Cependant, cette collaboration n’a cessé d’être questionnée, notamment en raison des risques liés à la centralisation d’informations sensibles.
« L’ONU a longtemps hésité avant de valider ce renouvellement », confie une source interne à PassBlue. Le document de 2025, consulté par France 24, souligne que plusieurs experts au sein de l’organisation ont exprimé leur inquiétude quant à la capacité de Palantir à garantir une protection adéquate des données des populations vulnérables.
Des données humanitaires sous surveillance
Le PAM, qui intervient dans plus de 120 pays pour lutter contre la faim, s’appuie sur des systèmes d’information complexes pour acheminer ses stocks vers les populations en besoin. Palantir intervient notamment dans l’analyse des flux logistiques et la prédiction des besoins, des missions qui nécessitent un accès à des données personnelles et géographiques. Pourtant, l’audit de 2025 révèle que « les garanties en matière de cybersécurité et de confidentialité restent insuffisantes », selon un extrait du rapport.
Parmi les craintes évoquées, figure la possibilité d’une exploitation commerciale des données collectées, bien que Palantir affirme que ses outils sont conçus pour servir uniquement des objectifs humanitaires. « Nous respectons scrupuleusement les réglementations en vigueur », a déclaré un porte-parole de l’entreprise à France 24.
Reste à savoir si ce partenariat, désormais étendu, parviendra à concilier efficacité logistique et respect de la vie privée. Une question qui, pour de nombreux observateurs, reste en suspens.
Non. Le PAM collabore avec plusieurs prestataires pour ses outils logistiques et analytiques, mais Palantir est l’un des principaux fournisseurs de solutions data-driven pour la gestion des chaînes d’approvisionnement humanitaires.