Selon BFM Bourse, la banque d'investissement américaine Citi a modifié son analyse sur l'action L'Oréal, passant d'un conseil « neutre » à un avis « acheter ». Ce revirement s'accompagne d'une révision à la hausse de l'objectif de cours, fixé désormais à 435 euros, contre 375 euros précédemment. Une progression qui laisse entrevoir un potentiel d'environ 13 % par rapport au cours de clôture de l'action mercredi à la Bourse de Paris, où le titre progressait de 0,76 % en milieu de journée.
Ce qu'il faut retenir
- Le rachat de Kering Beauté est considéré par Citi comme un « game changer » pour la croissance structurelle de L'Oréal.
- L'intégration des marques acquises, dont Creed, Bottega Veneta, Balenciaga et surtout Gucci (à partir de 2028), devrait augmenter de 1 point de pourcentage la croissance annuelle du groupe d'ici 2030.
- Deutsche Bank avait au contraire abaissé son avis à « vendre » mardi, évoquant un ralentissement de la croissance en Chine et une base de comparaison défavorable au second semestre.
- L'Oréal a finalisé l'acquisition de la division beauté de Kering pour 4 milliards d'euros en mars 2026.
Dans un contexte où le débat reste ouvert sur le potentiel boursier du géant des cosmétiques, Citi estime que le marché sous-estime l'impact de cette intégration. « Nous considérons l'acquisition de Kering Beauty comme un tournant décisif pour la stratégie de croissance de L'Oréal », a déclaré la banque dans une note publiée ce jeudi.
Un ralentissement temporaire, mais bien anticipé
Alors que Deutsche Bank anticipait un net coup de frein sur la croissance de L'Oréal au second semestre, avec une progression des revenus limitée à environ 4 % en données comparables (contre plus de 6 % au premier semestre), Citi nuance ce scénario. Pour la banque américaine, ce ralentissement est « bien signalé » et ne devrait pas surprendre les investisseurs. Elle le qualifie même de « temporaire », lié à une base de comparaison défavorable et à une normalisation post-pandémie.
Selon Citi, la décélération attendue en Asie, notamment en Chine où la consommation de parfums de milieu de gamme (entre 80 et 100 euros) montre des signes de faiblesse, sera compensée par les opportunités offertes par les parfums haut de gamme. « Les parfums ultra-hauts de gamme continuent de progresser à un rythme soutenu », précise l'établissement.
Gucci, un levier de croissance majeur à venir
Parmi les actifs repris à Kering, la licence des parfums et produits de beauté Gucci — actuellement détenue par Coty jusqu'en 2028 — est présentée par Citi comme un catalyseur potentiel comparable à ce qu'a été Yves Saint Laurent (YSL) pour L'Oréal. Aujourd'hui, les parfums YSL génèrent 3 milliards d'euros de revenus annuels, soit six fois plus que ceux de Gucci. Pourtant, la marque de mode italienne, bien que plus connue mondialement, n'a pas encore exploité son potentiel dans les cosmétiques.
« Nous tablons sur des opportunités importantes chez Gucci, en commençant par les parfums, puis avec un investissement potentiellement plus important dans les produits de maquillage connexes. Nous n'envisageons pas encore de nous lancer dans les soins de la peau, qui constitueraient la dernière étape. »
La banque estime que Creed, autre marque reprise, pourrait atteindre 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici 2031, avec une accélération notable à partir de 2028. Ce scénario s'inscrit dans la lignée de licences comme Prada ou Kiehl's, également exploitées par L'Oréal.
Une croissance structurelle rehaussée, mais des défis à court terme
À terme, l'intégration de Kering Beauté devrait permettre à L'Oréal d'augmenter sa croissance structurelle de 1 point de pourcentage. Entre 2027 et 2030, le groupe vise ainsi un rythme annuel compris entre 5,5 % et 6,5 % en données comparables, contre une fourchette antérieure de 4,5 % à 5,5 %. Pour Citi, la contribution de Gucci seul représenterait 0,5 point de pourcentage de cette amélioration.
Pourtant, le court terme reste marqué par des incertitudes. La consommation en Chine, deuxième marché de L'Oréal, montre des signes de ralentissement, et plusieurs événements commerciaux clés (Amazon Prime Days, Coupe du monde de football, promotions estivales chez Walmart et Target) se concentrent sur le premier semestre. « Ce qui devrait provoquer des dépenses anticipées chez les consommateurs », souligne Deutsche Bank.
Sur le front boursier, le débat reste donc ouvert. Entre les craintes d'un ralentissement conjoncturel et les espoirs portés par une stratégie long terme ambitieuse, les investisseurs devront trancher : le pari de Citi sur L'Oréal est-il le bon ?
Selon BFM Bourse, Deutsche Bank a revu son opinion à « vendre » mardi en raison d'un ralentissement anticipé de la croissance du groupe au second semestre. La banque cite notamment une dégradation de la consommation en Chine, un marché clé pour L'Oréal, ainsi qu'une base de comparaison défavorable après un premier semestre dynamique. Elle évoque également la concentration d'événements commerciaux majeurs (Amazon Prime Days, Coupe du monde) sur le premier semestre, ce qui pourrait limiter les dépenses des consommateurs en fin d'année.
L'Oréal a finalisé en mars 2026 le rachat de la division beauté de Kering pour 4 milliards d'euros. Ce portefeuille comprend notamment Creed (parfums de luxe), les licences pour Bottega Veneta et Balenciaga, ainsi que celle pour Gucci, qui sera effective à l'expiration de l'accord actuel avec Coty en 2028. L'Oréal exploite déjà une autre marque du groupe Kering dans sa division luxe : Yves Saint Laurent (YSL).