Avec 34 essais en 30 matchs cette saison en Top 14, l’ailier de l’Union Bordeaux-Bègles, Louis Bielle-Biarrey, nourrit un rêve ambitieux : participer aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 avec l’équipe de France de rugby à 7. RMC Sport révèle que le jeune international de 22 ans, en pleine discussion pour prolonger son contrat avec son club, envisage sérieusement cette voie, s’inspirant du parcours d’Antoine Dupont, sacré champion olympique à Paris l’été dernier.
Ce qu'il faut retenir
- Louis Bielle-Biarrey, 22 ans, souhaite intégrer l’équipe de France de rugby à 7 en vue des JO 2028 à Los Angeles (du 14 au 30 juillet 2028).
- Le joueur, auteur de 34 essais en 30 matchs cette saison en Top 14, totalise déjà 93 essais en 121 matchs toutes compétitions confondues, dont 29 avec le XV de France.
- Son manager à Bordeaux, Yannick Bru, souligne son évolution vers un profil plus complet, efficace en défense et au ruck.
- Pour y parvenir, il devra négocier une prolongation avec l’UBB incluant la période olympique, tout comme Antoine Dupont avant lui.
- La FFR et la LNR devront s’entendre pour encadrer ce projet, comme ce fut le cas pour le demi de mêlée toulousain.
Un parcours déjà marqué par l’excellence
À seulement 22 ans, Louis Bielle-Biarrey a déjà accumulé les records et les performances remarquables. Avec 93 essais en 121 matchs toutes compétitions confondues, il se rapproche du record de Damian Penaud (40 essais en 57 matchs) avec le XV de France. Cette saison, il a notamment battu un record vieux de 101 ans en marquant 9 essais en un seul Tournoi des 6 Nations, dont un quadruplé face à l’Angleterre lors de la dernière journée. Ces statistiques impressionnantes en font un profil idéal pour le rugby à 7, où son explosivité et sa capacité à marquer pourraient faire la différence.
Son manager à l’UBB, Yannick Bru, a salué son évolution : « On est passé d'un Louis Bielle-Biarrey ultra-talentueux à un Louis Bielle-Biarrey qui est efficace sur la zone de ruck, qui travaille au sol et qui gagne ses duels arrière. Si on regarde son cheminement depuis deux ans, c'est vraiment la marque des champions. » Une transformation qui témoigne de son engagement et de son adaptation aux exigences du haut niveau.
Un projet inspiré par le parcours d’Antoine Dupont
Le cas d’Antoine Dupont sert de référence à Bielle-Biarrey. Avant les JO de Paris 2024, le demi de mêlée toulousain avait dû concilier sa saison en club avec une préparation spécifique pour le rugby à 7. Il avait disputé 14 matchs de Top 14 et 8 de Champions Cup, remporté le doublé avec Toulouse, tout en étant dispensé du Tournoi des 6 Nations 2024 pour participer à deux étapes du circuit mondial à 7. Son intégration progressive s’était faite par un stage à Marcoussis, puis des performances remarquées à Vancouver (médaille de bronze) et Los Angeles (médaille d’or), avant de conclure par un titre en Champions Cup et enfin l’or olympique au Stade de France.
Comme le rappelle RMC Sport, ce parcours minutieusement préparé a convaincu Bielle-Biarrey. « Vu ce que j'ai connu dans le 7, c'est sûr que ça donne envie d'y revenir. Mais je me laisse l'option d'essayer de participer à ces Jeux de Los Angeles. Défendre un titre, c'est toujours excitant », avait déclaré Dupont à L’Équipe l’été dernier. Une déclaration qui résonne comme un appel à suivre ses traces.
Les défis à relever pour concrétiser l’ambition olympique
Pour autant, le chemin vers Los Angeles 2028 ne sera pas un long fleuve tranquille. Bielle-Biarrey devra d’abord finaliser sa prolongation avec l’Union Bordeaux-Bègles, un club qui semble disposé à l’accompagner dans ce projet. Les discussions incluent une clause spécifique pour la saison 2027-2028, période clé avant les Jeux. Comme pour Dupont, cela impliquera aussi la Fédération française de rugby (FFR) et la Ligue nationale de rugby (LNR), qui avaient accordé un bonus de 400 000 euros au Stade Toulousain pour libérer Dupont avant les JO.
Bref, un montage financier et sportif complexe, mais potentiellement gagnant pour le rugby français. « Dans l’intérêt du rugby français, on se dit que tout ce petit monde serait bien inspiré de s’entendre vu ce nouveau coup de projecteur potentiel, à la fois sportif et marketing », estime RMC Sport. Le retentissement médiatique et l’image renvoyée par un joueur comme Bielle-Biarrey pourraient en effet booster l’attractivité du rugby à 7, discipline souvent éclipsée par le XV.
Il faudra aussi que le joueur se prépare physiquement et techniquement à ce changement de format. Le rugby à 7 exige une endurance accrue, une maîtrise des duels aériens et une capacité à enchaîner les efforts intenses sur de courtes périodes. Son manager a souligné ses progrès dans ces domaines, mais le risque de blessure reste un paramètre à ne pas négliger, comme l’a rappelé Dupont après son expérience en 2024.
Un calendrier serré et des échéances clés
Plusieurs étapes jalonnent déjà le parcours vers Los Angeles 2028. D’abord, la finalisation du contrat avec l’UBB, qui devra être bouclée avant la fin de la saison 2025-2026. Ensuite, une saison 2027-2028 doit être pensée pour intégrer la préparation olympique, avec des aménagements à prévoir côté club et sélection. Enfin, la FFR devra valider son intégration à l’équipe de France de rugby à 7, où il devra s’imposer parmi une concurrence déjà relevée.
Pour l’instant, rien n’est acté, mais l’engouement autour de ce projet est palpable. « Bielle-Biarrey, les Bleus, les JO, le retentissement de ce "combo" apparaît immense (pour son club également) et il serait difficile pour toutes les parties de ne pas l’accompagner dans cette idée », souligne RMC Sport. La dynamique est lancée, et l’enjeu dépasse désormais le cadre sportif.
Pour l’heure, le joueur reste concentré sur sa saison en cours, mais son ambition affiche clairement une couleur dorée : celle des anneaux olympiques. Reste à voir si les différentes instances du rugby français parviendront à transformer cette ambition en réalité.
L’intégration à l’équipe de France de rugby à 7 dépend de plusieurs critères : la performance en club, la polyvalence du joueur, sa capacité à s’adapter au format à 7, et l’aval de la FFR. Comme pour Antoine Dupont, une préparation spécifique et une dispense partielle des compétitions de XV peuvent être envisagées pour les joueurs sélectionnés.
Le calendrier du circuit mondial de rugby à 7 2027 sera dévoilé dans les prochains mois. Les tournois préparatoires avant Los Angeles 2028 devraient débuter dès l’été 2027, avec des étapes clés en vue de la qualification des équipes.