Un satellite chinois d'observation de la Terre, équipé d'un module d'intelligence artificielle développé par des ingénieurs ouzbeks, a été placé en orbite le 5 août 2026. Ce projet conjoint entre STAR.VISION et l'agence spatiale nationale ouzbèke Uzcosmos marque une première dans l'utilisation d'une technologie IA conçue en Asie centrale pour des missions satellitaires internationales, d'après Euronews FR.

Ce qu'il faut retenir

  • Un satellite hyperspectral chinois, nommé Samarkand-2028, a décollé le 5 août 2026 depuis une plateforme en mer près de Haiyang, dans la province chinoise du Shandong.
  • Le module d'IA embarqué, développé par des ingénieurs ouzbeks, permet de traiter les données en orbite pour optimiser les analyses environnementales et agricoles.
  • L'imagerie hyperspectrale offre une précision accrue pour surveiller la végétation, les sols et les ressources en eau, avec des applications en agriculture et gestion des catastrophes.
  • Ce lancement s'inscrit dans un accord de coopération stratégique signé en 2025 entre Uzcosmos et STAR.VISION pour renforcer les technologies spatiales.
  • L'Ouzbékistan prévoit également le lancement d'un CubeSat 6U en 2028 et envisage une mission habitée de 10 à 14 jours avec des partenaires internationaux.

Un satellite baptisé en l'honneur d'un futur congrès spatial

Le satellite Samarkand-2028 a été nommé en référence à l'événement qui marquera l'histoire spatiale mondiale. Comme l'a expliqué Sherzod Shermatov, ministre ouzbek des Technologies numériques, dans une publication sur les réseaux sociaux : « Le nom Samarkand-2028 ne doit rien au hasard. Samarcande a obtenu le droit d'accueillir le Congrès international d'astronautique 2028, ce sera la première fois que le plus grand congrès spatial au monde se tiendra en Asie centrale. » Ce choix symbolise ainsi l'ambition de l'Ouzbékistan de s'imposer comme un acteur clé dans le domaine spatial.

L'IA ouzbèke au service de l'observation terrestre

Le module d'intelligence artificielle intégré au satellite permet de traiter une partie des images hyperspectrales directement en orbite. Plutôt que de transmettre l'intégralité des données brutes vers la Terre, l'IA analyse les images et ne transmet que les informations les plus pertinentes. Selon Uzcosmos, cette approche réduit considérablement le volume de données à envoyer vers les stations au sol, tout en améliorant la rapidité et l'efficacité des analyses. « Cela permet d'obtenir des résultats plus rapides, de réduire le volume de données à transmettre et de rendre les analyses au sol plus efficaces », a précisé Shermatov.

Cette technologie répond à un enjeu majeur des missions d'observation spatiale : la gestion des volumes croissants de données. Les satellites génèrent en effet des quantités colossales d'informations, mettant à rude épreuve les infrastructures de communication et les capacités de traitement au sol. En traitant les données à bord, le module IA permet de contourner cette difficulté tout en accélérant l'accès aux informations exploitables.

Des applications concrètes pour l'agriculture et l'environnement

L'imagerie hyperspectrale, qui capte des données sur de multiples longueurs d'onde, offre une vision bien plus détaillée de la surface terrestre que les images classiques. Elle permet de détecter des changements subtils dans la végétation, les sols ou les ressources en eau, souvent invisibles à l'œil nu. Dans le domaine agricole, cette technologie peut alerter sur le stress des cultures avant même que les symptômes ne deviennent visibles. Les agences environnementales, quant à elles, peuvent l'utiliser pour surveiller la dégradation des terres, la qualité de l'eau ou les évolutions des écosystèmes.

Les applications de cette technologie s'étendent également à la gestion des catastrophes naturelles, à l'évaluation des ressources naturelles et à l'aménagement urbain. Elle pourrait, par exemple, aider à identifier des zones à risque d'inondation ou à optimiser l'utilisation des terres dans les projets d'urbanisme. Autant dire que son potentiel est vaste, et que son intégration dans des missions comme celle de Samarkand-2028 ouvre la voie à des avancées significatives dans plusieurs secteurs.

Un partenariat stratégique entre l'Ouzbékistan et la Chine

Le lancement du satellite Samarkand-2028 s'inscrit dans le cadre d'un accord de coopération signé en 2025 entre Uzcosmos et STAR.VISION. Ce partenariat vise à développer les technologies d'observation de la Terre et à renforcer les capacités spatiales des deux pays. Pour l'Ouzbékistan, cette collaboration représente une opportunité de se positionner sur la scène spatiale internationale, alors que le pays prépare également d'autres projets ambitieux.

Parmi ces projets, on note le développement d'un CubeSat 6U, un petit satellite standardisé de 6 unités, prévu pour 2028. Par ailleurs, l'Ouzbékistan travaille à l'élaboration d'un cadre pour une mission habitée de 10 à 14 jours, en coopération avec des partenaires internationaux. Ces initiatives reflètent une volonté claire de diversifier et d'approfondir les activités spatiales du pays, tout en s'appuyant sur des collaborations étrangères pour accélérer son développement technologique.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour l'Ouzbékistan et ses partenaires chinois consisteront à exploiter les données transmises par le satellite Samarkand-2028 pour en tirer des applications concrètes. Les agences impliquées devraient publier des rapports d'analyse dans les mois à venir, tandis que les retours d'expérience permettront d'affiner les prochaines missions. D'ici 2028, le lancement du CubeSat 6U et la préparation de la mission habitée devraient également mobiliser les équipes techniques des deux pays.

Ce projet illustre une tendance forte dans le secteur spatial : l'intégration de l'intelligence artificielle pour optimiser les missions d'observation de la Terre. Alors que les satellites génèrent toujours plus de données, les modules embarqués deviennent essentiels pour en tirer une valeur ajoutée rapide et pertinente. Pour l'Ouzbékistan, cette avancée pourrait bien marquer le début d'une nouvelle ère spatiale, où le pays jouerait un rôle actif dans l'exploration et l'exploitation des technologies orbitales.

L'imagerie hyperspectrale capte des données sur de multiples longueurs d'onde de la lumière, offrant une vision bien plus détaillée de la surface terrestre. Contrairement aux images classiques, qui se limitent à quelques bandes spectrales, elle permet de détecter des changements subtils dans la végétation, les sols ou les ressources en eau. Cette précision accrue en fait un outil précieux pour l'agriculture, la surveillance environnementale et la gestion des catastrophes.