L’astronaute italien Luca Parmitano, longtemps considéré comme le recordman européen de l’ISS, vient d’être sélectionné pour participer à la mission Artémis III, prévue en 2027. Selon Numerama, cette affectation marque un tournant dans sa carrière, alors que son compatriote Thomas Pesquet avait récemment effacé plusieurs de ses performances statistiques.

Ce qu'il faut retenir

  • Luca Parmitano, 49 ans, intégrera l’équipage d’Artémis III aux côtés de trois astronautes américains : Randolph Bresnik, Andre Douglas et Francisco Rubio, avec Bob Hines comme réserviste.
  • La mission, d’une durée de deux semaines, constituera son premier vol vers la Lune, alors qu’il totalisait déjà 367 jours en orbite et 6 sorties extravéhiculaires.
  • Thomas Pesquet, avec 396 jours cumulés et 39 heures et 54 minutes en EVA, a récemment dépassé plusieurs records de Parmitano, dont celui du temps passé dans l’espace.
  • Malgré cette concurrence, Parmitano conserve le record du plus long séjour européen en une seule mission avec Beyond (2019-2020), devant les missions de Pesquet et d’autres astronautes de l’ESA.

Un astronaute aux palmarès européens avant l’arrivée de Pesquet

Pendant des années, Luca Parmitano a incarné l’excellence du spatial européen. Recruté en 2008 par l’Agence spatiale européenne (ESA), il a accumulé les premières : deux missions de longue durée à bord de l’ISS, six sorties extravéhiculaires — dont une particulièrement périlleuse en 2013, où une fuite d’eau dans son casque avait failli le noyer dans l’espace — et le commandement de la station en 2019.

À ces exploits, il ajoutait des records : 367 jours dans l’espace, 33 heures et 9 minutes en sortie extravéhiculaire, et une mission de 201 jours lors de Beyond, le plus long séjour européen en une seule fois. Autant dire que son nom figurait en tête des classements de l’ESA.

Thomas Pesquet, le rival qui a redistribué les cartes

L’arrivée de Thomas Pesquet a changé la donne. Après sa première mission, Proxima (2016-2017), il avait déjà marqué les esprits. Mais c’est lors de Alpha (2021), sa deuxième mission, qu’il a véritablement bousculé le palmarès de Parmitano. Avec 396 jours cumulés en orbite et 39 heures et 54 minutes en EVA, il est devenu le premier Européen à dépasser ces seuils, occupant désormais la première place des classements de l’ESA.

Pourtant, Pesquet n’a pas tout raflé. Les deux hommes restent à égalité en nombre de sorties extravéhiculaires (6 chacune), et Parmitano conserve un avantage majeur : le record du plus long séjour européen en une seule mission. Une performance que ni Pesquet, ni Samantha Cristoforetti, ni Andreas Mogensen n’ont égalée à ce jour.

Un nouveau chapitre pour Parmitano, une visibilité accrue pour l’Europe

Avec sa participation à Artémis III, Parmitano quitte le terrain des records de l’ISS pour entrer dans une nouvelle dimension. Selon Numerama, cette mission marque surtout une étape symbolique pour l’ESA, qui gagne en visibilité dans le programme lunaire américain. Bien que l’Agence participe déjà à Artémis via la conception du module de service d’Orion, la présence d’un astronaute européen à bord renforce sa position.

âgé de 49 ans, Parmitano aura l’opportunité d’ajouter deux semaines à son temps cumulé dans l’espace, une durée que Pesquet devrait également prolonger lors de sa mission Vast, prévue pour 2027 et destinée à l’ISS. Pour l’instant, les deux hommes restent en compétition, mais l’horizon lunaire ouvre une nouvelle page pour l’Europe spatiale.

Artémis III : une mission moins ambitieuse que prévu, mais historique

Prévue initialement pour marquer le retour de l’homme sur la Lune dès 2025, Artémis III a vu son calendrier et ses ambitions revus à la baisse. La mission, désormais programmée pour 2027, se concentrera sur un alunissage avec un équipage entièrement américain, tout en incluant Parmitano dans l’équipage d’Orion.

Cette participation reste un symbole fort pour l’ESA, qui voit en Parmitano l’un des visages européens de la reconquête lunaire. Elle s’inscrit dans la continuité des collaborations internationales, alors que l’Europe contribue déjà à hauteur de 30% au module de service d’Orion, une pièce clé du vaisseau.

Et maintenant ?

La carrière de Luca Parmitano pourrait connaître un nouveau tournant si Thomas Pesquet venait à être sélectionné pour une mission Artémis plus ambitieuse, incluant un alunissage. Une hypothèse plausible, alors que l’ESA et la NASA multiplient les échanges sur l’avenir des missions habitées. D’ici là, une nouvelle figure pourrait rapidement s’imposer en haut des classements européens : Sophie Adenot, dont la première mission vers l’ISS est attendue avec impatience.

Reste à savoir si Parmitano parviendra à inscrire son nom dans l’histoire de la conquête lunaire, comme il l’a fait pour l’ISS. Une chose est sûre : son parcours illustre la compétition saine entre astronautes européens, tout en soulignant l’importance croissante de l’Europe dans les programmes spatiaux internationaux.

La mission Artémis III, prévue pour 2027, durera deux semaines. Luca Parmitano fera partie de l’équipage d’Orion, aux côtés de trois astronautes américains : Randolph Bresnik, Andre Douglas et Francisco Rubio.

Non. Bien que Thomas Pesquet ait dépassé plusieurs records de Parmitano, notamment en temps cumulé dans l’espace (396 jours contre 367) et en durée des sorties extravéhiculaires (39h54 contre 33h09), il reste derrière lui pour le plus long séjour européen en une seule mission. Parmitano détient toujours ce record avec 201 jours lors de la mission Beyond.