Selon Euronews FR, la Commission européenne a pointé du doigt, ce vendredi 8 août 2026, les lacunes de TikTok en matière de protection des données des comptes d’enfants. Bruxelles estime que la plateforme chinoise expose ces utilisateurs à des adultes, les rendant vulnérables au cyberharcèlement, aux sollicitations indésirables et à des comportements prédateurs.
Ce qu'il faut retenir
- La Commission européenne accuse TikTok de ne pas suffisamment protéger les comptes des mineurs, permettant à des adultes d’y accéder.
- Ces défaillances exposeraient les enfants à des risques comme le cyberharcèlement ou des sollicitations inappropriées.
- TikTok dispose d’un délai pour répondre à ces conclusions avant une éventuelle sanction.
- Une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d’affaires mondial de l’entreprise pourrait être infligée en cas de non-conformité.
- Cette enquête s’inscrit dans le cadre du règlement européen sur les services numériques (DSA), en vigueur depuis février 2024.
- TikTok avait déjà été critiqué en février 2026 pour son « design addictif », jugé néfaste pour la santé mentale des mineurs.
Une nouvelle mise en cause dans le cadre du règlement sur les services numériques (DSA)
Dans un communiqué publié vendredi, la Commission européenne a officiellement conclu que TikTok ne respectait pas ses obligations en matière de protection des données des comptes d’enfants. Selon Bruxelles, la plateforme permettrait à des adultes d’accéder aux comptes de mineurs, créant ainsi des risques majeurs pour ces derniers. Ces lacunes exposeraient les enfants à des situations dangereuses, comme des échanges non désirés ou des contacts inappropriés.
Cette décision s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte en février 2024, lorsque TikTok a été classé parmi les « très grandes plateformes en ligne » au titre du règlement sur les services numériques (DSA). Ce texte, entré en vigueur en 2024, vise à encadrer les pratiques des géants du numérique en Europe, notamment en matière de transparence et de protection des utilisateurs.
Une amende jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial en cas de non-conformité
La Commission européenne a indiqué que TikTok disposait désormais d’un délai pour présenter sa défense face à ces accusations. Si les arguments de l’entreprise ne convainquent pas les autorités, Bruxelles pourrait rendre une décision de non-conformité. Dans ce cas, TikTok s’exposerait à une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires annuel mondial, un montant susceptible de peser lourdement dans les comptes du groupe.
Cette sanction financière s’ajouterait aux autres amendes déjà infligées à l’entreprise ces dernières années. En 2023, la Data Protection Commission irlandaise avait condamné TikTok à une amende de 345 millions d’euros pour avoir permis la création de comptes d’enfants de moins de 13 ans sans protection suffisante de leurs données. Un an plus tard, la même autorité avait imposé une nouvelle sanction de 530 millions d’euros pour le transfert illégal de données d’utilisateurs européens vers la Chine, une décision confirmée en 2026 par la Haute Cour d’Irlande.
Des critiques répétées à l’encontre de TikTok, notamment sur son « design addictif »
Ce n’est pas la première fois que TikTok se retrouve sous le feu des projecteurs en Europe. En février 2026, la Commission européenne avait déjà pointé du doigt le « design addictif » de la plateforme, estimant que des fonctionnalités comme la lecture automatique ou le défilement infini pouvaient nuire à la santé physique et mentale des utilisateurs, en particulier des mineurs. À l’époque, TikTok avait rejeté ces conclusions, qualifiant l’évaluation de la Commission de « catégoriquement fausse ».
Ces critiques s’ajoutent à une série de mesures répressives prises par Bruxelles à l’encontre des géants du numérique. L’Union européenne, en pointe mondiale sur la régulation des grandes entreprises technologiques, a multiplié les sanctions et les enquêtes contre des acteurs comme Meta ou Apple, accusés de ne pas respecter suffisamment les règles européennes en matière de protection des données et de concurrence.
TikTok sous pression en Europe et au-delà
Au-delà des procédures européennes, TikTok fait face à des pressions croissantes dans plusieurs pays. Aux États-Unis, le groupe est également visé par des enquêtes pour protection des données et pratiques commerciales. En Inde, l’application reste interdite depuis 2020, accusée de menacer la souveraineté nationale. En Europe, les régulateurs nationaux et les institutions communautaires semblent déterminés à renforcer leur vigilance.
En Irlande, où TikTok a son siège européen, les autorités de protection des données n’ont pas hésité à sanctionner lourdement l’entreprise. Ces décisions reflètent une volonté des régulateurs de montrer leur fermeté face aux géants du numérique, souvent accusés de placer les profits avant la sécurité des utilisateurs, en particulier des plus jeunes.
Alors que l’Union européenne durcit son ton avec les plateformes numériques, TikTok se retrouve au cœur d’une bataille réglementaire qui pourrait redéfinir les règles du jeu pour l’ensemble de l’industrie. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir de l’entreprise sur le continent européen.