L’Union européenne a annoncé de nouvelles sanctions contre des entreprises chinoises accusées de soutenir indirectement l’industrie militaire russe, une décision qui a immédiatement provoqué une réponse de Pékin. Selon BFM Business, la Chine a contre-attaqué en ajoutant 14 entités européennes à sa liste de contrôle des exportations, bloquant ainsi l’accès de ces sociétés aux biens à double usage civil et militaire.
Ce qu'il faut retenir
- L’UE sanctionne des entreprises chinoises pour leur soutien présumé à l’industrie militaire russe.
- Pékin riposte en interdisant à 14 entités européennes l’accès aux biens à double usage via sa liste de contrôle des exportations.
- Parmi les entreprises sanctionnées figure le groupe italien Lafert, présent dans le secteur de l’électrotechnique industrielle.
- La Chine justifie sa mesure par la nécessité de « préserver sa sécurité nationale » en réponse aux « agissements malveillants » de l’UE.
- Cette escalade intervient dans un contexte de tensions commerciales et géopolitiques croissantes entre Bruxelles et Pékin.
Bruxelles accuse des firmes chinoises de renforcer la machine de guerre russe
Les Vingt-Sept ont décidé d’élargir leur arsenal de sanctions contre Moscou, ciblant cette fois des entreprises étrangères accusées de contourner les restrictions européennes. D’après BFM Business, ces firmes seraient impliquées dans la fourniture de composants ou de technologies utilisées par l’industrie de défense russe. Bien que Pékin n’ait jamais reconnu officiellement son soutien à la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine, les services de renseignement occidentaux pointent du doigt des transferts de matériel via des circuits indirects, notamment en Asie centrale ou via des pays tiers.
Les sanctions de l’UE visent à combler les lacunes du régime de restrictions existant, en ciblant spécifiquement les acteurs qui facilitent l’accès de la Russie à des technologies critiques. Jusqu’ici, les mesures européennes se concentraient principalement sur les entreprises russes et biélorusses, mais cette extension marque un tournant dans la stratégie de pression économique de Bruxelles.
Pékin réplique avec des mesures commerciales ciblées contre l’Europe
En réponse à ce qu’elle qualifie d’« agissements malveillants », la Chine a contre-attaqué en publiant une liste de 14 entités européennes interdites d’exportation vers le marché chinois. Parmi ces entreprises figure le groupe italien Lafert, spécialisé dans la fabrication de moteurs électriques et de solutions d’automatisation industrielle. Selon le ministère chinois du Commerce, cette décision vise à « protéger la sécurité nationale et les intérêts du pays » et s’inscrit dans une logique de réciprocité face aux sanctions européennes.
Parmi les autres sociétés concernées figurent des acteurs allemands, français et néerlandais, sans que leurs secteurs d’activité ne soient précisés dans le communiqué officiel. Les biens à double usage – pouvant servir à des applications civiles ou militaires – sont désormais interdits d’exportation vers ces entreprises, ce qui pourrait perturber leurs chaînes d’approvisionnement et leur compétitivité sur le marché chinois, premier partenaire commercial de l’UE.
Un conflit commercial qui s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu
Cette escalade s’ajoute à une série de tensions commerciales entre la Chine et l’Union européenne, déjà marquées par des enquêtes anti-subventions contre les véhicules électriques chinois et des restrictions européennes sur les semi-conducteurs. D’après les analystes, Pékin cherche à démontrer sa capacité à riposter aux mesures européennes, tout en protégeant ses propres intérêts stratégiques. « La Chine ne restera pas les bras croisés face à des sanctions qu’elle juge illégitimes », a souligné un haut responsable du ministère du Commerce cité par BFM Business.
Côté européen, cette décision pourrait compliquer les négociations en cours sur des sujets sensibles comme les droits de douane ou l’accès aux marchés publics. Certains États membres, comme l’Allemagne, pourraient être plus réticents à durcir leur position vis-à-vis de Pékin, compte tenu de leur dépendance économique à l’égard de la Chine. « Cette affaire montre à quel point les enjeux économiques et géopolitiques sont désormais indissociables », estime un diplomate européen sous couvert d’anonymat.
Reste à voir si cette crise débouchera sur un dialogue ou, au contraire, sur une aggravation des tensions. Une chose est certaine : les entreprises des deux côtés seront les premières touchées par cette guerre des sanctions.
Les biens à double usage visés par la Chine incluent tout matériel pouvant servir à la fois à des applications civiles (comme l’électronique grand public) et militaires (comme les composants pour drones ou systèmes de guidage). Cela peut aller des puces électroniques aux machines-outils, en passant par certains logiciels de conception industrielle. Ces produits sont désormais interdits d’exportation vers les 14 entités européennes sanctionnées.