L’Union européenne lance trois nouveaux projets d’intelligence artificielle générative (GenAI) destinés aux administrations publiques, avec un financement total de 36,8 millions d’euros, dont 18,4 millions directement apportés par Bruxelles. Les résultats concrets de ces initiatives sont attendus entre 2029 et 2030, comme le rapporte Euronews FR.

Ce qu’il faut retenir

  • Trois projets GenAI financés à hauteur de 36,8 millions d’euros, dont 18,4 millions de fonds européens.
  • Les projets Floods and droughts, Eunomia.AI et EuropAI visent à moderniser les services publics grâce à l’IA générative.
  • Objectif : éviter le « AI-washing », c’est-à-dire des financements sans retombées tangibles, comme ce fut le cas pour certains programmes antérieurs.
  • Eunomia.AI et EuropAI devraient aboutir d’ici juin 2029, tandis que Floods and droughts se clôturera en juin 2030.
  • Les projets s’appuient sur des modèles open source et des infrastructures européennes pour renforcer la souveraineté technologique.

Trois initiatives pour accélérer l’adoption de l’IA dans le secteur public

Pour répondre à ses ambitions en matière d’intelligence artificielle générative, l’UE a sélectionné trois consortiums chargés de développer des outils adaptés aux administrations publiques. Ces projets, baptisés Floods and droughts, Eunomia.AI et EuropAI, bénéficient d’un budget global de 36,8 millions d’euros, dont la moitié provient de financements européens directs. Les résultats définitifs sont attendus entre 2029 et 2030, une échéance qui reflète l’ampleur des travaux à réaliser.

Ces initiatives s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à concilier innovation technologique et rigueur budgétaire. Bruxelles a en effet tiré les leçons de certains programmes passés, où les fonds alloués n’avaient pas toujours produit les effets escomptés. Pour éviter un nouveau cycle de « AI-washing », comparable à l’« innovation-washing » des années précédentes, l’UE impose désormais un cadre plus strict. Une supervision accrue des fonds et une implication renforcée des acteurs privés européens spécialisés dans la GenAI sont désormais exigées.

Floods and droughts : anticiper et gérer les crises climatiques

Le projet Floods and droughts, piloté par l’Italie en collaboration avec la France, l’Espagne et la Grèce, dispose d’un budget de 8,8 millions d’euros, dont 4,4 millions financés par l’UE. Son objectif principal est de fournir aux administrations publiques des outils GenAI capables d’améliorer la gestion des catastrophes naturelles, de plus en plus fréquentes avec le changement climatique. Parmi les priorités figurent l’anticipation des risques, la gestion des crises et la communication avec les citoyens en cas d’inondations ou de sécheresse.

Ce consortium s’appuie sur une approche collaborative, mêlant expertise technique et besoins concrets des États membres. La clôture du projet est prévue pour le 30 juin 2030, une date qui laisse le temps nécessaire à la mise au point et au déploiement des solutions.

Eunomia.AI : déployer l’IA générative dans 25 administrations européennes

Dirigé par l’Espagne, le projet Eunomia.AI rassemble 14 pays, dont l’Autriche, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Norvège. Son budget s’élève à 13,9 millions d’euros, dont 6,9 millions financés par l’UE. Les premiers pilotes devraient être lancés d’ici 18 mois, tandis que la finalisation complète est prévue pour le 30 juin 2029.

Deux axes majeurs structurent ce projet. D’une part, le déploiement de solutions GenAI dans 25 administrations publiques et au moins 15 services publics à travers l’Europe. D’autre part, la consolidation de la souveraineté technologique européenne grâce à l’utilisation et à l’adaptation de modèles open source. Pour y parvenir, une infrastructure GenAI centralisée et haute performance sera hébergée à l’université de Grenade, avec la possibilité de créer des nœuds locaux fédérés.

EuropAI : vers une « cuisine communautaire » pour l’IA souveraine

Coordonné par les Pays-Bas, le projet EuropAI associe le Danemark, la Belgique et le Luxembourg. Son budget, identique à celui d’Eunomia.AI, s’élève à 13,9 millions d’euros, dont 6,9 millions financés par l’UE. La finalisation est prévue pour le 30 juin 2029.

L’objectif d’EuropAI est de créer un cadre permettant aux États membres de co-créer, tester et partager des solutions GenAI souveraines et fiables. Trois domaines stratégiques sont ciblés : la simplification législative et administrative, l’analyse urbaine et l’aménagement du territoire, ainsi que l’assistance numérique aux citoyens. Pour illustrer cette démarche, le consortium utilise la métaphore d’une cuisine : «

Les administrations publiques européennes s’appuient actuellement sur de la « restauration rapide » en matière d’IA, importée de fournisseurs non européens comme ChatGPT, Copilot ou Gemini — des solutions coûteuses, opaques et mal alignées sur les exigences de souveraineté et de conformité européennes.
»

Au cœur du système se trouve la plateforme danoise OS2ai, déjà utilisée par plus de 28 000 employés, ainsi que GovChat-NL aux Pays-Bas. Le projet propose également des outils prêts à l’emploi, des modèles d’IA conçus en Europe, des plans reproductibles, des contrôles de conformité et une place de marché d’applications organisée comme un garde-manger.

Et maintenant ?

Ces trois projets devraient permettre de tester et d’évaluer l’efficacité des solutions GenAI dans des contextes réels d’ici 2029-2030. Leur succès pourrait ouvrir la voie à un déploiement plus large au sein des États membres, sous réserve d’une supervision rigoureuse des fonds européens. Une question reste en suspens : ces initiatives parviendront-elles à concilier innovation technologique et souveraineté européenne sans reproduire les erreurs du passé ?

Ces programmes s’inscrivent dans un contexte réglementaire en pleine évolution pour l’IA en Europe. Avec l’adoption progressive de l’AI Act, qui doit entrer pleinement en vigueur d’ici 2026, les administrations publiques seront tenues de respecter des normes strictes en matière de transparence et de conformité. Ces projets pourraient ainsi servir de laboratoire pour les futures politiques publiques en matière d’intelligence artificielle.