Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les tensions autour du détroit d’Ormuz, artère vitale pour le transport maritime de pétrole et de gaz, ont relancé les craintes d’une nouvelle crise énergétique en Europe. Selon Euronews FR, le blocus partiel de ce passage stratégique a déjà provoqué une flambée des cours du pétrole et du gaz, avec des répercussions directes sur les prix des carburants en Europe. Le sans plomb 95 atteignait en moyenne 1 827,36 € le litre, tandis que le diesel culminait à 2 007,67 € le litre, d’après le Bulletin hebdomadaire des prix du pétrole de la Commission européenne, daté du 23 avril 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • Le blocus du détroit d’Ormuz menace la sécurité énergétique de l’UE et fait monter les prix des carburants.
  • La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté le 22 avril 2026 le plan AccelerateEU, deuxième grand plan énergétique de l’UE après REPowerEU en 2022.
  • Ce plan vise à renforcer la sécurité énergétique, réduire la dépendance aux fossiles et accélérer la transition vers les énergies renouvelables.
  • Parmi les mesures phares : stockage coordonné du gaz, assouplissement des aides d’État et électrification accrue des transports et de l’industrie.
  • La part des énergies vertes dans le mix énergétique européen doit passer à 70 % d’ici 2026.
  • Un Observatoire des carburants sera créé pour surveiller les importations et prévenir les pénuries.

Un contexte géopolitique tendu et ses conséquences économiques

Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial et 30 % du gaz liquéfié, est au cœur des tensions actuelles. Son blocus partiel, lié aux tensions régionales, a directement impacté les approvisionnements européens, déjà fragilisés par la guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie. Euronews FR souligne que cette situation a provoqué une hausse des prix des carburants, avec des différences marquées entre États membres. Le diesel, utilisé massivement par les poids lourds et les particuliers, affiche une moyenne de 2 007,67 € le litre, tandis que le sans plomb 95 reste légèrement moins cher à 1 827,36 €.

Face à cette situation, la Commission européenne a réagi en accélérant son agenda énergétique. Ursula von der Leyen a présenté le 22 avril 2026 AccelerateEU, un plan censé apporter « des mesures de soutien à la fois immédiates et plus structurelles aux citoyens et aux entreprises européens », comme elle l’a indiqué lors de l’annonce. Ce plan s’inscrit dans la continuité de REPowerEU, adopté en 2022 pour réduire la dépendance européenne au gaz russe après l’invasion de l’Ukraine.

Les mesures immédiates pour sécuriser l’approvisionnement énergétique

Parmi les mesures les plus urgentes, le plan AccelerateEU prévoit un stockage coordonné du gaz entre États membres, afin d’éviter les pénuries en cas de rupture d’approvisionnement. Bruxelles encourage également les gouvernements nationaux à soutenir les ménages et les entreprises les plus vulnérables via des chèques énergie, des réductions des droits d’accise sur les carburants et des dispositifs de soutien au revenu. L’objectif est de limiter l’impact social et économique d’une éventuelle crise.

Autre levier actionné : l’assouplissement des règles relatives aux aides d’État. Cette flexibilité permettra aux pays de subventionner plus facilement les industries énergivores ou de financer des infrastructures critiques, sans enfreindre les règles de concurrence européennes. Une décision qui reflète l’urgence de la situation, mais qui pourrait aussi susciter des débats sur l’équité entre États membres.

Une transition énergétique accélérée, mais des défis persistants

L’un des piliers d’AccelerateEU repose sur l’Electrification Act, qui vise à faire de l’électricité la principale source d’énergie pour les transports, l’industrie, les bâtiments et le chauffage. Ce texte s’accompagne d’une série de mesures pour améliorer l’efficacité énergétique et réduire la demande globale. La Commission table notamment sur une augmentation de la production d’énergies renouvelables, avec pour objectif de porter leur part à 70 % du mix énergétique européen d’ici 2026 — contre une part actuelle estimée à 40 % selon les dernières données disponibles.

Pour y parvenir, Bruxelles mise sur plusieurs leviers. D’abord, l’adoption anticipée à l’été 2026 du « paquet Réseaux », qui vise à moderniser les 11 millions de kilomètres d’infrastructures énergétiques européennes. Ce programme doit garantir que l’essor des renouvelables ne reste pas théorique, mais se traduise par des capacités de production et de distribution adaptées. Ensuite, la création d’un Observatoire des carburants, chargé de suivre en temps réel les importations et exportations de carburants pour les transports, et d’alerter les États membres en cas de risque de pénurie.

Mobiliser les investissements privés pour financer la transition

Enfin, l’UE compte sur le secteur privé pour financer cette transition. Deux événements majeurs sont prévus en 2026 : le Clean Energy Transition Investment Forum en mai, et le Clean Energy Investment Summit plus tard dans l’année. Ces rencontres visent à attirer des fonds privés vers des projets d’énergies propres, tout en renforçant la coopération entre États membres et industriels.

Pourtant, malgré ces ambitions, des questions subsistent. La dépendance aux énergies fossiles reste forte, notamment dans certains secteurs comme l’aviation ou la pétrochimie. Et si les renouvelables progressent, leur intermittence pose un défi de taille pour la stabilité du réseau. Euronews FR rappelle que la réussite d’AccelerateEU dépendra aussi de la capacité des États membres à coordonner leurs politiques, alors que les intérêts nationaux divergent souvent sur des sujets aussi sensibles que l’énergie.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’efficacité des mesures d’AccelerateEU. D’ici l’été 2026, la Commission devra présenter le « paquet Réseaux » et lancer l’Observatoire des carburants, deux outils clés pour sécuriser l’approvisionnement. Parallèlement, les États membres devront transposer rapidement les mesures nationales prévues, comme les chèques énergie ou les réductions d’accises. Reste à voir si ces dispositifs suffiront à amortir le choc d’une nouvelle crise énergétique — ou si, au contraire, ils ne feront que reporter les difficultés à plus tard.

Une chose est sûre : avec un mix énergétique encore trop dépendant des fossiles et un contexte géopolitique instable, l’Europe n’a pas le choix. Elle doit accélérer sa transition, ou risquer de revivre les pénuries et les tensions sociales des années passées.

Pour en savoir plus sur les implications d’AccelerateEU, Euronews FR propose un chatbot IA permettant d’obtenir des réponses personnalisées sur les dispositifs disponibles pour les citoyens et les entreprises.

AccelerateEU se distingue de REPowerEU par son approche plus ciblée sur l’électrification et la coordination des stocks de gaz, tandis que REPowerEU visait avant tout à réduire la dépendance au gaz russe. AccelerateEU mise aussi davantage sur les énergies renouvelables et la mobilisation du secteur privé, avec des événements comme le Clean Energy Investment Summit.

La Commission compte sur plusieurs leviers : assouplissement des aides d’État pour permettre aux États de subventionner plus facilement, mobilisation d’investissements privés via des forums dédiés (comme le Clean Energy Transition Investment Forum en mai 2026), et accélération des projets d’infrastructures via le « paquet Réseaux ».