Selon RFI, la Commission européenne prépare une réunion avec une délégation du régime taliban dans les prochains mois. L’objectif affiché : engager des discussions sur la question des renvois d’Afghans actuellement présents sur le territoire européen. Une initiative qui suscite une vive polémique, alors que les talibans, au pouvoir en Afghanistan depuis août 2021, ne bénéficient d’aucune reconnaissance diplomatique de la part de l’Union européenne (UE) ou de ses États membres.

Cette rencontre, prévue par le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, vise à aborder la possibilité d’expulser des ressortissants afghans installés en Europe. Le régime de Kaboul, qui a renversé le gouvernement précédent en 2021, reste un acteur controversé sur la scène internationale. Pourtant, les discussions pourraient s’avérer cruciales, alors que les Afghans figuraient encore en 2025 comme la nationalité la plus représentée parmi les demandes d’asile dans l’UE, selon les dernières données disponibles.

Ce qu'il faut retenir

  • Une délégation talibane doit être reçue par la Commission européenne dans les prochains mois pour discuter des expulsions d’Afghans en Europe.
  • Le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations est à l’origine de cette initiative.
  • Les talibans ne sont reconnus ni par l’UE ni par ses 27 États membres.
  • Les Afghans représentaient encore en 2025 la nationalité la plus représentée parmi les demandes d’asile dans l’Union européenne.

Une rencontre controversée, dans un contexte politique tendu

La perspective d’une telle rencontre a déjà provoqué des réactions vives au sein du Parlement européen. Plusieurs députés ont exprimé leur opposition à l’idée d’accueillir des représentants d’un régime non reconnu, soulignant le risque de légitimation d’un gouvernement accusé de violations des droits humains. Pour autant, la Commission européenne a confirmé son intention d’avancer sur ce dossier, arguant de la nécessité de trouver des solutions concrètes face à l’afflux persistant de demandes d’asile en provenance d’Afghanistan.

L’Afghanistan traverse une crise humanitaire majeure depuis le retour des talibans au pouvoir, avec des pénuries alimentaires, des restrictions économiques et une répression accrue des droits des femmes et des minorités. Autant dire que la question des renvois soulève des enjeux éthiques et politiques majeurs pour l’UE, alors que les États membres peinent à s’accorder sur une politique migratoire commune.

Les talibans, un partenaire malgré tout ?

Si l’UE refuse de reconnaître officiellement le régime taliban, cette rencontre pourrait s’inscrire dans une logique pragmatique. L’objectif affiché serait de négocier des accords bilatéraux avec Kaboul pour faciliter les expulsions, dans un contexte où plusieurs pays européens, comme la Suède ou le Danemark, ont déjà commencé à renvoyer des Afghans en Afghanistan. Pourtant, ces retours forcés sont régulièrement dénoncés par les associations de défense des droits humains, qui rappellent les risques encourus par les expulsés dans un pays sous contrôle taliban.

Selon RFI, la Commission européenne justifie cette approche par la nécessité de réduire la pression migratoire sur les systèmes d’asile européens, alors que les demandes en provenance d’Afghanistan restent parmi les plus élevées de la région. Une stratégie qui pourrait, à terme, influencer les politiques migratoires d’autres pays de l’UE, alors que la crise des réfugiés afghans continue de peser sur les débats politiques en Europe.

Et maintenant ?

La réunion avec les représentants talibans n’a pas encore de date précise, mais elle pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026. D’ici là, les discussions au sein des institutions européennes promettent d’être vives, alors que certains États membres pourraient s’opposer à une telle approche. Par ailleurs, la question des droits humains en Afghanistan devrait rester au cœur des débats, alors que les organisations internationales multiplient les alertes sur la situation dans le pays. Reste à voir si cette initiative aboutira à des accords concrets ou si elle restera au stade des déclarations d’intention.

En attendant, la Commission européenne devra aussi composer avec les résistances internes, alors que plusieurs capitales européennes, comme Berlin ou Paris, restent sceptiques face à l’idée de négocier avec un régime non reconnu. Une chose est sûre : cette rencontre, si elle a lieu, pourrait redéfinir les contours de la politique migratoire européenne vis-à-vis de l’Afghanistan pour les années à venir.

D’après RFI, la Commission européenne adopte une approche pragmatique pour tenter de résoudre la question des retours d’Afghans en Afghanistan. L’idée est de discuter directement avec les autorités de Kaboul pour faciliter les expulsions, malgré l’absence de reconnaissance diplomatique. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de réduction des demandes d’asile en Europe, alors que les Afghans constituent toujours la nationalité la plus représentée dans les demandes d’asile au sein de l’UE.