Selon BFM Business, le principal syndicat patronal de l'hôtellerie-restauration, l'Umih, s'oppose à la réforme des titres-restaurant proposée par le ministre des PME et du Commerce, Serge Papin. Cette réforme, qui devrait être présentée sous forme de proposition de loi d'ici l'été, vise à permettre l'utilisation des titres-restaurant pour payer des courses alimentaires en supermarché, y compris le dimanche.
Ce texte n’est pas une simple mesure technique, mais un choix politique lourd de conséquences, a affirmé l'Umih dans une lettre ouverte aux parlementaires, cosignée par le président confédéral de l'Umih, Thierry Marx, et par le président national de l'Umih Restauration, Franck Chaumès. L'Umih considère que cette réforme va transformer en profondeur, et en silence, la nature même du titre-restaurant et le faire basculer vers un titre-caddie qui profite à la grande distribution.
Ce qu'il faut retenir
- La réforme des titres-restaurant proposée par Serge Papin permettrait l'utilisation des titres-restaurant pour payer des courses alimentaires en supermarché, y compris le dimanche.
- L'Umih s'oppose à cette réforme, considérant qu'elle va transformer en profondeur la nature même du titre-restaurant et le faire basculer vers un titre-caddie qui profite à la grande distribution.
- La réforme va également affaiblir le secteur de la restauration, selon l'Umih, car les titres-restaurant représentent entre 10% et 20% du chiffre d’affaires des établissements, voire jusqu'à 40% dans certaines zones d'activité.
Les conséquences de la réforme
L'Umih estime que cette réforme va organiser un transfert massif de richesse en faveur de la grande distribution, au détriment des établissements de restauration. Pour de nombreux établissements, les titres-restaurant représentent entre 10% et 20% du chiffre d’affaires, voire jusqu'à 40% dans certaines zones d'activité. L'Umih évoque ainsi des milliers d'entreprises mises directement en danger.
La proposition faite par l'Umih d'introduire un double plafond d'utilisation des titres-restaurant, qui garantirait une part dédiée à la restauration, a été ignorée par Serge Papin, qui a fait le choix de passer en force, déplore l'Umih. En votant ce texte, les parlementaires choisiront un camp, affirme l'organisation patronale.
Les enjeux de la réforme
Ces mesures sont irresponsables dans un contexte budgétaire critique, car elles reviennent à subventionner les courses alimentaires d’une partie des Français, d'autant plus qu'une telle subvention est profondément inéquitable, poursuit l'Umih. Les salariés en bénéficiant représentent seulement 15% de la population active. L'argent public est mobilisé pour financer les courses de certains, pendant que d’autres n’y ont pas accès, appuie l'Umih.
La généralisation de la possibilité d'utiliser les titres-restaurant le dimanche, intégrée dans le projet de loi, est une mesure trompe-l’œil, car les salariés qui travaillent le dimanche et dont l’employeur a activé la dérogation peuvent déjà le faire et un nombre croissant de surfaces commerciales ouvrent ce jour-là, poursuit le syndicat.
En conclusion, la réforme des titres-restaurant proposée par Serge Papin soulève de nombreuses questions et inquiétudes, notamment pour le secteur de la restauration. Il est à voir comment les parlementaires se prononceront sur cette proposition de loi et quelles seront les conséquences de cette réforme pour les établissements et les salariés concernés.
