L'archipel des Comores vient d'obtenir une reconnaissance majeure sur la scène internationale. Six de ses médinas historiques, âgées de plusieurs siècles, ont été inscrites ce week-end au patrimoine mondial de l'Unesco. Une décision saluée par les autorités locales comme par les associations de préservation du patrimoine.

Selon France 24, cette inscription, annoncée lors de la 45e session du Comité du patrimoine mondial à Riyad, représente une étape symbolique pour l'archipel de l'océan Indien. Ces médinas, situées sur les îles de Grande Comore, d'Anjouan et de Mohéli, incarnent des siècles d'histoire, de culture et d'architecture propre à la région.

Ce qu'il faut retenir

  • Six médinas comoriennes ont été inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco ce week-end
  • Ces médinas sont réparties sur trois îles : Grande Comore, Anjouan et Mohéli
  • Cette reconnaissance a été annoncée lors de la 45e session du Comité du patrimoine mondial à Riyad
  • Le président comorien a salué cette inscription comme un moment historique pour l'archipel
  • Des associations locales appellent à une stratégie nationale pour préserver ces sites

Un patrimoine historique enfin reconnu à sa juste valeur

Les médinas comoriennes, avec leurs ruelles étroites, leurs maisons en pierre volcanique et leurs mosquées anciennes, témoignent d'une histoire riche et d'échanges culturels anciens entre l'Afrique, le monde arabe et l'océan Indien. Ces sites, qui datent pour certains du Xe siècle, sont aujourd'hui menacés par l'urbanisation, le tourisme de masse et le manque de moyens pour leur entretien.

« Cette inscription est une victoire pour tout le peuple comorien, a déclaré le président Azali Assoumani dans un communiqué. Ces médinas ne sont pas seulement des pierres, ce sont les âmes de nos ancêtres, de nos traditions et de notre identité. » Il a ajouté que cette reconnaissance devrait servir de levier pour mobiliser des fonds internationaux et renforcer les politiques locales de conservation.

Une mobilisation locale pour préserver un héritage fragile

Plusieurs associations de préservation du patrimoine, comme l'Association pour la sauvegarde des médinas des Comores (ASMC), avaient milité pendant des années pour cette inscription. « Nous attendons cette décision depuis plus de dix ans, explique Saïd Mohamed Soilihi, président de l'ASMC. Aujourd'hui, nous devons passer à l'action : protéger ces sites ne se limite pas à une reconnaissance internationale, il faut des moyens humains, financiers et techniques. »

Parmi les sites inscrits figurent notamment la médina de Moroni, la capitale, ainsi que celles de Mutsamudu à Anjouan et de Fomboni à Mohéli. Ces villes, autrefois centres névralgiques du commerce maritime dans l'océan Indien, abritent des vestiges architecturaux uniques, comme des maisons aux balcons sculptés et des mosquées en bois de santal.

Quelles conséquences pour les Comores et la communauté internationale ?

L'inscription au patrimoine mondial de l'Unesco impose aux Comores de protéger ces sites et d'en assurer la préservation à long terme. Cela implique notamment la mise en place de plans de gestion, la limitation de l'urbanisation autour des médinas et la formation des artisans locaux à des techniques de restauration traditionnelles.

Cette reconnaissance pourrait également attirer des financements internationaux. « L'Unesco peut allouer des fonds pour des projets de restauration, mais aussi pour des programmes de sensibilisation auprès des populations locales, souligne un expert en patrimoine cité par France 24. Ces médinas doivent redevenir des lieux vivants, pas des musées à ciel ouvert. »

Et maintenant ?

Les Comores disposent désormais d'un délai de dix-huit mois pour soumettre à l'Unesco un plan détaillé de gestion de ces sites. Ce document devra préciser les mesures envisagées pour limiter les dégradations, impliquer les communautés locales et sécuriser le financement des projets. Une mission d'experts de l'Unesco pourrait se rendre sur place d'ici la fin de l'année pour évaluer les premières actions mises en œuvre.

Reste à voir si cette inscription suffira à mobiliser les autorités comoriennes et la communauté internationale. Car si la reconnaissance est un premier pas, la préservation de ces médinas dépendra avant tout des moyens concrets alloués dans les mois et années à venir.

Les Comores doivent soumettre un plan de gestion détaillé à l'Unesco dans les dix-huit prochains mois. Ce document précisera les actions de préservation, les financements mobilisés et les mesures de sensibilisation prévues pour les populations locales. Une mission d'évaluation de l'Unesco pourrait se rendre sur place d'ici la fin de l'année 2026.