Selon Le Figaro, la cité phénicienne de Tyr, l’une des plus anciennes au monde, a été inscrite mercredi sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco. Cette décision intervient après des mois de bombardements israéliens dans le sud du Liban, où se trouve le site archéologique. L’organisation onusienne précise que « le site a été directement touché et a subi des dommages », tout en soulignant que son état de conservation suscite une « inquiétude croissante » face au risque de nouveaux impacts.

L’inscription sur cette liste restrictive, actée lors de la 48e session du comité du patrimoine mondial à Busan en Corée du Sud, répond à une demande formulée par l’État libanais. Celui-ci considère que « les conditions optimales ne sont plus réunies pour assurer la conservation et la protection de la valeur universelle exceptionnelle du bien », comme l’indique un communiqué de l’Unesco. Une mesure exceptionnelle prise alors que les hostilités entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, en guerre depuis le 2 mars, se poursuivent dans la région.

Ce qu'il faut retenir

  • Tyr, l’une des plus anciennes cités du monde méditerranéen, a été endommagée par les frappes israéliennes depuis mars 2026.
  • Le site antique, situé à une vingtaine de kilomètres de la frontière israélienne, a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial en péril de l’Unesco le 10 août 2026.
  • L’Unesco alerte sur l’état de conservation du site, menacé par les dégâts existants et le risque de nouvelles destructions.
  • Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a salué cette décision, soulignant l’importance historique de Tyr.
  • Un arc de triomphe et un hippodrome datant du IIe siècle font partie des vestiges menacés.

Une cité phénicienne de 3 000 ans prise en étau entre les conflits

Située sur la côte méditerranéenne, à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr est l’un des joyaux archéologiques du Liban. Fondée il y a plus de 3 000 ans par les Phéniciens, cette cité a traversé les époques, passant sous domination romaine puis byzantine avant de devenir un symbole du patrimoine mondial. Aujourd’hui, elle abrite notamment un arc de triomphe et un hippodrome remontant au IIe siècle, témoins de son âge d’or. Pourtant, depuis le début de l’escalade militaire entre Israël et le Hezbollah en mars 2026, le site se trouve au cœur des opérations, selon Le Figaro.

Les frappes israéliennes ont provoqué des déplacements massifs de population. Des dizaines de milliers d’habitants ont fui la région après les appels à l’évacuation lancés par l’armée israélienne. Beaucoup sont ensuite revenus, mais l’insécurité persiste. Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a réagi à l’annonce de l’Unesco en soulignant que Tyr « revêt une grande importance dans l’histoire d’une région actuellement en proie aux conflits ». Une manière pour Beyrouth de rappeler le rôle central de ce site dans l’identité culturelle libanaise.

Des dégâts avérés et une protection internationale mise à mal

Les premières conséquences des opérations militaires sur Tyr se sont manifestées dès juin 2026. Une frappe israélienne a endommagé des parties du site, comme l’a rapporté Ghassan Salamé. Le ministre a alors accusé Israël de violer la Convention de La Haye de 1954, qui impose aux États de préserver les biens culturels en période de conflit armé. Il a également évoqué le non-respect des « Boucliers bleus », un emblème mis en place par l’Unesco pour protéger les sites culturels en temps de guerre. « Ces symboles sont ignorés, et le patrimoine libanais paie le prix de cette négligence », a-t-il déclaré, sans que cette accusation n’ait été directement commentée par les autorités israéliennes.

L’Unesco rappelle que Tyr compte deux sites inscrits à son patrimoine mondial, tous deux menacés. Outre les vestiges romains, la ville abrite des mosquées et des églises historiques, reflétant son passé multiculturel. La crainte d’une dégradation irréversible du site s’ajoute à l’urgence humanitaire dans le sud du Liban, où les infrastructures civiles et culturelles subissent les conséquences directes des combats.

Un patrimoine en sursis face à une guerre qui s’éternise

L’inscription de Tyr sur la liste du patrimoine en péril s’accompagne d’un appel à la communauté internationale pour agir. L’Unesco souligne que « la valeur universelle exceptionnelle » du site est désormais compromise, et que sa préservation exige des mesures immédiates. Cette décision intervient alors que les combats entre Israël et le Hezbollah s’intensifient, malgré les appels au cessez-le-feu lancés par l’ONU et plusieurs pays européens.

Côté libanais, la mobilisation est totale. Le gouvernement de Beyrouth a saisi l’Unesco dès les premiers signes de dégâts, espérant alerter l’opinion publique et obtenir des soutiens financiers et techniques pour protéger le site. Ghassan Salamé, ancien représentant spécial de l’ONU pour la Libye, a multiplié les déplacements diplomatiques pour plaider la cause de Tyr. « Ce n’est pas seulement un problème libanais, c’est une question universelle. Perdre Tyr, ce serait effacer une partie de l’histoire de l’humanité », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse à Beyrouth.

Et maintenant ?

À court terme, l’Unesco devrait envoyer une mission d’évaluation sur place pour évaluer l’ampleur des dégâts et identifier les priorités de restauration. Une fois les hostilités terminées, le Liban pourrait solliciter des fonds internationaux pour financer les travaux, comme ce fut le cas après la guerre de 2006. Reste à savoir si Israël, déjà sous le feu des critiques pour ses frappes, acceptera de coopérer avec les experts de l’Unesco pour limiter les risques sur d’autres sites historiques. Une chose est sûre : sans un arrêt des combats, la survie de Tyr en tant que patrimoine mondial reste incertaine.

Cette inscription sur la liste du patrimoine en péril pourrait aussi servir de levier pour relancer les négociations de paix. Plusieurs pays arabes et européens ont déjà exprimé leur soutien au Liban, promettant une aide humanitaire et culturelle. Mais pour l’instant, la priorité reste la protection des civils, et la préservation de Tyr n’est qu’un aspect – douloureux – d’une crise bien plus large.

Ghassan Salamé a d’ailleurs rappelé que cette décision de l’Unesco devait être suivie d’actes : « Nous attendons maintenant des garanties que les frappes cesseront à proximité des sites culturels. Sans cela, nous risquons de perdre bien plus que des pierres : une partie de notre mémoire collective. »

L’Unesco a pris cette décision car le site a subi des dommages directs lors des frappes israéliennes, et son état de conservation est jugé préoccupant. L’organisation craint également de nouveaux impacts en raison de la poursuite des hostilités entre Israël et le Hezbollah.

Parmi les sites les plus exposés figurent un arc de triomphe et un hippodrome datant du IIe siècle, ainsi que des vestiges de l’Empire romain. Ces monuments, classés au patrimoine mondial, symbolisent l’âge d’or de Tyr.