Un geste concret contre la précarité menstruelle a été initié ce printemps à l’université de Lorraine. Quelque 14 000 culottes menstruelles lavables ont été distribuées gratuitement aux étudiantes, une première pour un établissement universitaire français. L’objectif affiché ? Lever un obstacle financier et logistique souvent sous-estimé, susceptible de perturber la scolarité des jeunes femmes concernées. Comme le rapporte Ouest France, cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de lutte contre les inégalités sociales au sein de l’enseignement supérieur.
Ce qu'il faut retenir
- L’université de Lorraine a distribué 14 000 culottes menstruelles réutilisables à ses étudiantes ce printemps.
- Cette mesure vise à supprimer un « frein aux études » en levant la précarité menstruelle, selon les responsables de l’établissement.
- Les protections lavables remplacent les solutions jetables, jugées coûteuses et peu écologiques.
- L’opération, expérimentale, pourrait être reconduite ou étendue selon ses résultats.
Une réponse à un phénomène méconnu mais répandu
La précarité menstruelle touche un nombre significatif d’étudiantes en France. Selon une étude de l’association Règles Élémentaires, près d’une femme sur dix en situation de précarité financière aurait déjà manqué l’école ou le travail faute de protections périodiques. À l’université de Lorraine, l’enjeu était de proposer une alternative durable aux protections jetables, dont l’achat représente un coût annuel moyen de 50 à 150 euros pour une étudiante. « On lève un frein aux études », a déclaré un responsable de l’établissement, soulignant que cette mesure s’inscrit dans une politique globale de soutien aux publics les plus vulnérables.
Un dispositif accessible à toutes les étudiantes
La distribution des culottes menstruelles a été organisée sans condition de ressources, afin d’éviter toute stigmatisation. Les étudiantes intéressées ont pu retirer leur kit en se présentant dans les points de distribution mis en place sur les différents campus. Selon Ouest France, plus de 7 000 étudiantes auraient déjà bénéficié du dispositif, un chiffre qui pourrait encore augmenter si l’opération est reconduite l’an prochain. Les culottes, conçues pour durer plusieurs années, sont disponibles en plusieurs tailles et adaptées à tous les flux.
« Offrir des protections réutilisables, c’est aussi une façon de sensibiliser à l’impact environnemental des déchets liés aux protections jetables. »
— Responsable de l’université de Lorraine
Un modèle inspiré des initiatives locales
L’université de Lorraine n’est pas la première à se lancer dans ce type de dispositif. Plusieurs villes françaises, comme Lille ou Rennes, ont déjà distribué des protections périodiques gratuites dans les établissements scolaires et universitaires. En 2023, le gouvernement avait d’ailleurs annoncé un plan national de lutte contre la précarité menstruelle, incluant un budget de 1 million d’euros pour soutenir les collectivités locales. Pourtant, peu d’universités avaient jusqu’ici franchi le pas. « On espère que cette expérience inspirera d’autres établissements », a indiqué un membre de l’équipe organisatrice. Bref, un petit pas pour une université, mais peut-être un grand pas pour l’égalité étudiante.
Cette mesure interroge aussi sur la pérennité des financements dédiés à la précarité étudiante. Avec la hausse des coûts de la vie et des loyers, les budgets alloués aux aides sociales dans les universités risquent de devenir un sujet de tension dans les mois à venir.
Les étudiantes doivent se présenter dans les points de distribution organisés sur les différents campus avec une carte étudiante. Aucune condition de ressources n’est requise.