À mesure que les dangers de l’IA générative sont documentés, l’utilisation de ChatGPT devient « un outil de jugement d’autrui », constate le magazine britannique « Dazed », comme le rapporte Courrier International. Cette prise de position souligne les clivages grandissants au sein de la société à propos de l'utilisation de l'intelligence artificielle générative.
Le cas de Theo est révélateur de ce phénomène. Lorsque l’intelligence artificielle s’est popularisée, il s’attendait à ce que ses amis et ses collègues, « pour la plupart des gens de gauche et des créatifs », partagent son point de vue selon lequel « l’IA vole le travail des artistes et accapare des emplois ». Cependant, ses proches ont fini par s'accoutumer aux chatbots, ce qui a déçu Theo, qui trouve cela « très déprimant ».
Ce qu'il faut retenir
- ChatGPT comptait 700 millions d’utilisateurs hebdomadaires en septembre 2025.
- On estime que 2 900 milliards de dollars seront investis dans la construction de centres de données dédiés à l’IA d’ici à 2028.
- L’IA générative est considérée comme un outil de jugement d’autrui, créant des clivages au sein de la société.
Les enjeux de l’IA générative
Les répercussions politiques, environnementales, économiques et culturelles des IA génératives sont au cœur des débats. D’un côté, il y a ceux qui refusent catégoriquement de s’en servir en raison de ces implications ; de l’autre, ceux qui les ont intégrées à leur quotidien et considèrent que les premiers passent à côté de l’avancée du siècle.
Le magazine britannique « Dazed » souligne que certains managers « la portent aux nues, comme la clé de l’efficacité et de l’auto-optimisation, même si cela implique de supprimer des emplois et de ramollir nos cerveaux ». Cela montre que l’IA est perçue comme un outil à la fois puissant et controversé.
Les conséquences de l’utilisation de l’IA
L’utilisation de l’IA générative peut avoir des conséquences inattendues, comme le souligne Alix Dunn, fondatrice d’une entreprise d’intérêt public spécialisée dans les technologies. « Vous découvrirez peut-être, par exemple, que votre cousin se sent seul et que c’est pour cela qu’il utilise ChatGPT sans cesse », explique-t-elle. Cela met en lumière la nécessité de comprendre les raisons derrière l’attrait pour ces outils.
La frustration et la colère sont des émotions légitimes face à l’utilisation de l’IA, mais Alix Dunn estime qu’elles sont mal dirigées. « Nombre des problèmes politiques de l’IA proviennent des entreprises qui nous submergent de ces produits. Plus on ressent de la colère envers ceux qui ne contrôlent pas cet outil, moins on pourra construire une solidarité susceptible d’engendrer une mobilisation et un changement concrets », souligne-t-elle.
Les défis à venir
Il est important de comprendre pourquoi les gens ont du mal à se passer de l’IA, comme le souligne Alix Dunn. L’une des raisons qui explique l’attrait pour ces outils est que les gens ne se sentent ni jugés ni nuls ou idiots de penser ou de dire certaines choses. Cela met en évidence la nécessité de responsabiliser les vrais coupables, à savoir les milliardaires des géants de la tech.
La conclusion de cette réflexion est que l’utilisation de l’IA générative devient de plus en plus un enjeu de société, avec des implications qui dépassent largement le simple cadre technologique. Il est donc crucial de poursuivre le débat et de trouver des solutions pour que ces technologies servent l’humanité sans la diviser.
