Le groupe LVMH Moet Vuitton a accusé une baisse de 28,2% en Bourse entre le 1er janvier et le 31 mars, selon BFM Bourse. Cette chute marque le plus fort repli jamais enregistré par le groupe aux 75 maisons sur un premier trimestre. Même lors de l'éclatement de la bulle internet, de la grande crise financière de 2008-2009, ou du début de la pandémie de Covid-19, l'action LVMH n'avait pas autant souffert sur les trois premiers mois d'un exercice.
Certains observateurs de marché redoutent même que le groupe de luxe rende à Totalenergies sa couronne de première capitalisation de la Bourse de Paris, si le conflit en Moyen-Orient venait à se prolonger encore trois à quatre semaines. En tout début d'année, l'optimisme prévalait sur LVMH, mais le conglomérat du luxe a déçu lors de la publication de ses résultats annuels.
Ce qu'il faut retenir
- Le groupe LVMH Moet Vuitton a accusé une baisse de 28,2% en Bourse entre le 1er janvier et le 31 mars.
- La dynamique de la mode et maroquinerie, la plus importante division du groupe, a laissé le marché sur sa faim, avec un recul du chiffre d'affaires au quatrième trimestre de 3% en données comparables.
- Le conflit au Moyen-Orient a plombé les ventes de la clientèle du Golfe sur le mois de mars, une clientèle qui a constitué l'une des rares planches de salut du luxe depuis 2024.
Les résultats décevants
La dynamique de la mode et maroquinerie, la plus importante division du groupe, avait laissé le marché sur sa faim, avec un recul du chiffre d'affaires au quatrième trimestre de 3% en données comparables. Bernstein évoquait alors une performance 'terne' et l'action avait dévissé de 7,9%. Pour les analystes, cette contre-performance relevait davantage de l'accident de parcours que d'un véritable changement copernicien.
'Les investisseurs débattront pour savoir si une baisse de 3% hors changes dans la mode et maroquinerie est suffisante pour 'dépasser la barre', mais il s'agit d'une erreur d'arrondi dans le contexte global d'un trimestre', relativisait Deutsche Bank.
Impact du conflit en Iran
La guerre contre l'Iran se traduit également par une chute du trafic aérien et de moindres dépenses à l'étranger des touristes, notamment en France. Le marché a également redouté des effets de second ordre, si le conflit venait à perdurer. 'Les répercussions sur le secteur seraient multiples : baisse des voyages, diminution des dépenses discrétionnaires en raison de la hausse des prix du pétrole et du gaz, et baisse globale des dépenses due à la perte de confiance des consommateurs, à la crainte des menaces terroristes et au risque accru de récession dans un contexte de troubles géopolitiques persistants', énumérait Bernstein.
Vers un rebond sur le reste de l'année
Si le début d'année du groupe contrôlé par la famille Arnault est à oublier, la capacité de rebond de LVMH ne doit pas être sous-estimée. L'année 2025 l'illustre bien. Entre le 1er janvier et le 30 juin 2025, l'action LVMH avait accusé un plongeon d'environ 30%. Le titre a ensuite rebondi spectaculairement sur la seconde partie de l'an passé pour finir 2025 sur une légère hausse (+1,5%).
Barclays a beau ne pas être la banque la plus optimiste sur le titre, l'établissement reconnaît que l'action peut s'avérer attrayante, alors qu'une accélération de l'activité se profile. Selon Barclays, le premier trimestre 2026 devrait marquer le creux de la vague pour LVMH, qui devrait connaître une accélération dès les trois mois allant d'avril à fin juin.
En conclusion, le groupe LVMH Moet Vuitton a accusé une baisse de 28,2% en Bourse entre le 1er janvier et le 31 mars, mais les analystes restent optimistes sur sa capacité de rebond. Le conflit au Moyen-Orient et les incertitudes macroéconomiques pourraient avoir un impact sur les résultats du groupe, mais LVMH devrait connaître une accélération de l'activité dans les prochains mois.
