Alors que le mandat du président Emmanuel Macron touche à sa fin, Libération dresse un bilan contrasté de son action. Si la fin de son séjour à l’Élysée s’annonce décevante pour une partie de ses soutiens, l’un des rares points positifs à mettre à son actif réside dans la constance avec laquelle il a abordé les pages les moins glorieuses de l’histoire française.

Ce qu'il faut retenir

  • Emmanuel Macron a mené plusieurs initiatives mémorielles marquantes en direction des pages sombres de l’histoire française
  • Ces actions s’inscrivent dans une démarche de reconnaissance et de réparation symbolique
  • Ces initiatives, bien que rares, sont reconnues pour leur courage et leur régularité
  • Elles concernent notamment des dossiers liés à la colonisation, à l’esclavage ou à la collaboration

Un engagement mémoriel constant malgré un contexte politique difficile

Alors que son quinquennat a été marqué par des crises successives et une défiance croissante envers les institutions, Emmanuel Macron n’a jamais relégué au second plan les questions mémorielles. Libération souligne que, malgré un environnement politique souvent hostile, il a maintenu une ligne directrice sur ces sujets sensibles. Cette persévérance contraste avec l’attitude de certains de ses prédécesseurs, qui avaient parfois préféré éviter ces débats.

Parmi les dossiers les plus emblématiques, on peut citer la reconnaissance de la responsabilité de l’État dans la mort de Maurice Audin, mathématicien torturé et disparu en 1957 pendant la guerre d’Algérie, ou encore les excuses officielles pour le massacre de 1961 à Paris, où des Algériens furent tués par la police française lors d’une manifestation pacifique.

Des gestes symboliques forts et controversés

En 2018, Macron avait marqué les esprits en déclarant, lors d’un voyage en Algérie, que la colonisation française avait été un « crime contre l’humanité ». Cette déclaration, bien que saluée par une partie de la communauté historienne, avait suscité de vives réactions dans certains cercles politiques et médiatiques. Libération rappelle que ces propos avaient été suivis d’effets concrets, comme la restitution de crânes de résistants algériens conservés au musée de l’Homme à Paris.

Autre initiative notable : la création, en 2021, d’une commission chargée de réfléchir à la restitution des biens culturels africains spoliés pendant la colonisation. Ce dossier, longtemps bloqué par des questions juridiques et politiques, a vu des avancées concrètes sous son mandat. La restitution de 26 œuvres au Bénin en 2021 en est un exemple marquant.

Un travail mémoriel qui dépasse le cadre colonial

Le chef de l’État n’a pas limité ses actions aux questions postcoloniales. En 2022, il a reconnu la responsabilité de la France dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, lors de la rafle du Vél’ d’Hiv’. Ce geste, bien que tardif, a été perçu comme une étape importante dans la reconnaissance des crimes de Vichy. Libération note que Macron a également œuvré pour la mémoire de l’esclavage, en faisant du 10 mai une journée nationale de commémoration, depuis 2006.

Ces initiatives s’inscrivent dans une logique de « travail mémoriel », comme le souligne l’historien Benjamin Stora, qui avait été chargé d’un rapport sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie en 2021. Pour lui, ces gestes « permettent de tourner une page, sans pour autant effacer les blessures du passé ».

Et maintenant ?

Avec la fin du mandat de Macron, l’avenir de ces politiques mémorielles reste incertain. Son successeur, quel qu’il soit, devra décider s’il souhaite poursuivre dans cette voie ou privilégier d’autres priorités. Une chose est sûre : les dossiers ouverts sous son quinquennat, comme celui des restitutions d’œuvres d’art, ne pourront être refermés sans une réponse claire de l’État. La question se pose également de savoir si ces avancées seront suffisantes pour apaiser les tensions mémorielles qui traversent encore la société française.

Reste à voir si ces initiatives mémorielles, aussi louables soient-elles, suffiront à marquer durablement l’histoire de la Ve République. Une chose est certaine : elles ont ouvert des débats nécessaires, même si elles n’ont pas toujours abouti à des actes concrets immédiats.

Parmi les mesures les plus marquantes, on peut citer la reconnaissance de la responsabilité de l’État dans la mort de Maurice Audin, les excuses pour le massacre de 1961 à Paris, la déclaration sur la colonisation comme « crime contre l’humanité », ou encore la restitution de biens culturels africains spoliés.

Ces politiques mémorielles sont qualifiées de rares car peu de présidents français ont abordé ces sujets avec autant de constance. La plupart des dirigeants ont préféré éviter les dossiers sensibles comme la colonisation ou la collaboration, par crainte de divisions sociales ou politiques.