L’Assemblée nationale de Madagascar a levé, ce vendredi 6 juin 2026, l’immunité parlementaire du député Antoine Rajerison, une décision qui ouvre la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires contre ce membre influent du mouvement de contestation Gen Z apparu en octobre 2025. Selon RFI, cette mesure intervient alors que le député avait récemment saisi la Haute Cour constitutionnelle pour demander la destitution du chef de l’État malgache.
La levée de l’immunité parlementaire, votée en séance plénière, marque un tournant dans le bras de fer judiciaire entre les institutions et les figures de l’opposition. Antoine Rajerison, qui s’était illustré lors des manifestations massives d’octobre 2025, reste sous le feu des projecteurs depuis son engagement actif contre le pouvoir en place. La procédure judiciaire pourrait désormais s’engager, sous réserve des suites que donnera le parquet de Madagascar.
Ce qu'il faut retenir
- L’Assemblée nationale malgache a levé l’immunité parlementaire du député Antoine Rajerison ce 6 juin 2026.
- Cette décision ouvre la voie à d’éventuelles poursuites judiciaires contre le député, figure majeure du mouvement Gen Z.
- Antoine Rajerison avait récemment saisi la Haute Cour constitutionnelle pour demander la destitution du président malgache.
- Le mouvement Gen Z, né en octobre 2025, a été marqué par des manifestations massives contre le pouvoir en place.
- La procédure judiciaire dépendra désormais des décisions du parquet malgache.
Un député au cœur de la contestation politique
Antoine Rajerison s’est imposé comme l’une des voix les plus critiques du gouvernement malgache depuis le déclenchement du mouvement Gen Z à l’automne 2025. Ce collectif de jeunes manifestants avait alors organisé des démonstrations géantes dans plusieurs villes du pays, dénonçant la corruption, la mauvaise gestion économique et le manque de légitimité du pouvoir en place. Le député, élu dans la région d’Antananarivo, avait rapidement émergé comme un porte-parole de cette contestation, multipliant les prises de position et les appels à la démission du président.
Dans un contexte politique déjà tendu, sa décision de saisir la Haute Cour constitutionnelle pour demander la destitution du chef de l’État a encore accru les tensions. Ses détracteurs lui reprochent d’attiser les divisions et de fragiliser les institutions, tandis que ses partisans saluent son engagement en faveur d’une « transition démocratique ». La levée de son immunité parlementaire pourrait désormais renforcer les pressions judiciaires à son encontre.
Les implications d’une décision historique
La levée de l’immunité parlementaire d’un député est un événement rare à Madagascar, où les institutions peinent parfois à garantir l’indépendance de la justice. Selon RFI, cette mesure a été adoptée à une large majorité par les membres de l’Assemblée nationale, reflétant la volonté des autorités de montrer leur fermeté face aux contestations. Pour ses opposants, il s’agit d’une tentative de museler l’opposition, tandis que le gouvernement justifie cette décision par le « respect de l’État de droit ».
Les observateurs soulignent que cette affaire pourrait avoir des répercussions bien au-delà du cas personnel d’Antoine Rajerison. Elle intervient en effet alors que le pays traverse une période de crise politique prolongée, avec des tensions persistantes entre le pouvoir exécutif, le Parlement et la société civile. Les prochaines étapes judiciaires seront donc suivies de près, tant par les militants que par les partenaires internationaux de Madagascar.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de tensions politiques qui secouent Madagascar depuis plus d’un an. La levée de l’immunité parlementaire d’un député aussi médiatique pourrait accélérer les divisions ou, au contraire, inciter les différentes parties à trouver un compromis. Une chose est sûre : la situation reste sous haute surveillance, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
La levée de l’immunité parlementaire d’Antoine Rajerison a été votée par l’Assemblée nationale de Madagascar pour permettre d’éventuelles poursuites judiciaires contre lui. Cette décision fait suite à ses prises de position contre le gouvernement et à sa saisine récente de la Haute Cour constitutionnelle pour demander la destitution du président, selon RFI.