À Madagascar, le colonel Michaël Randrianirina, président de l’association « Refondation », a pris la parole hier soir, dimanche 31 mai 2026, sur les ondes de la télévision nationale. Une intervention très attendue, alors que son mouvement traverse une période de turbulences politiques, à trois jours du lancement officiel de la concertation nationale annoncée par les autorités.

Ce qu'il faut retenir

  • Le colonel Michaël Randrianirina, président de « Refondation », s’est exprimé dimanche 31 mai 2026 à la télévision nationale malgache.
  • Cette prise de parole intervient à trois jours du lancement de la concertation nationale, un événement clé dans le calendrier politique du pays.
  • Son intervention survient dans un contexte de tensions politiques autour de son mouvement et de sa légitimité.

Une prise de parole sous haute tension politique

La déclaration du colonel Randrianirina, diffusée en direct sur la chaîne nationale, a été perçue comme un moment charnière pour son mouvement. Selon RFI, cette allocution était particulièrement scrutée, dans un contexte où « Refondation » fait face à des critiques croissantes sur sa gestion et ses orientations. Le président de l’association a choisi de s’adresser directement à la nation, un choix stratégique alors que la concertation nationale, prévue pour le 3 juin 2026, doit rassembler les forces vives du pays autour de réformes politiques et sociales.

Bref, autant dire que cette prise de parole était un test de crédibilité pour Randrianirina. D’autant que son mouvement, créé en 2025, peine à s’imposer comme une alternative crédible aux yeux d’une partie de l’opinion publique. Côté opposition, certains y voient déjà une tentative de légitimation avant des échéances électorales qui s’annoncent.

Un mouvement sous pression avant la concertation

Le colonel Randrianirina a évoqué, sans détailler, les défis auxquels son mouvement est confronté. D’après les observateurs, « Refondation » fait face à des divisions internes et à une perte de soutien populaire, notamment après plusieurs mois de manifestations et de tensions avec les autorités. Comme le rapporte RFI, la concertation nationale, dont le cadre reste flou, doit permettre de désamorcer les tensions et de tracer une feuille de route pour les mois à venir.

Côté gouvernement, on observe avec attention les déclarations du leader de « Refondation ». Le président Andry Rajoelina, en poste depuis 2023, a jusqu’ici évité de commenter publiquement les initiatives de Randrianirina, préférant miser sur une approche consensuelle pour la concertation. Mais la donne pourrait changer si le mouvement de l’ex-militaire gagne en influence.

« Cette concertation doit être inclusive et transparente, sinon elle n’aura aucun sens », a déclaré hier soir Randrianirina à la télévision nationale, sans préciser si son mouvement y participerait en tant que force politique organisée.

Et maintenant ?

La concertation nationale, prévue pour le 3 juin 2026, devrait donner le ton pour les prochains mois. Selon les analystes, le sort de « Refondation » pourrait se jouer lors de cet événement, qui doit déterminer si le mouvement a encore une place dans le paysage politique malgache. Les prochaines déclarations des autres acteurs politiques, ainsi que les réactions de la société civile, seront déterminantes pour évaluer l’impact réel de l’intervention de Randrianirina.

Un calendrier politique sous tension

Les prochaines semaines s’annoncent décisives pour Madagascar. Outre la concertation, plusieurs rendez-vous électoraux sont attendus, notamment les élections municipales prévues en 2026, qui pourraient rebattre les cartes du pouvoir. Pour l’instant, Randrianirina reste un acteur marginal, mais son influence pourrait grandir si la crise politique s’aggrave.

Selon RFI, aucune date n’a encore été fixée pour une éventuelle alliance avec d’autres forces politiques. Pour l’heure, le colonel mise sur sa légitimité historique, acquise lors de son passage dans l’armée, pour rallier à sa cause une partie de la population déçue par les dirigeants actuels.

Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits. Une chose est sûre : la fenêtre de tir est étroite pour « Refondation », qui doit prouver qu’il est plus qu’un simple mouvement protestataire.

La concertation nationale, annoncée pour le 3 juin 2026, est un forum organisé par les autorités malgaches afin de rassembler les différents acteurs politiques, sociaux et économiques du pays. Son objectif affiché est de définir des réformes pour sortir de la crise politique et sociale que traverse le pays depuis plusieurs mois.