Les « concertations nationales » à Madagascar, prévues pour lancer une vaste consultation citoyenne sur une éventuelle révision constitutionnelle, ont été une nouvelle fois repoussées. Initialement fixée au 3 juin 2026, cette initiative, qui devait recueillir les attentes et propositions des Malgaches, a vu son lancement ajourné à une date indéterminée. Selon RFI, cette décision fait suite à des désaccords persistants entre le gouvernement de transition et le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM) sur l’organisation même du processus.

Ce qu'il faut retenir

  • Le lancement officiel des concertations nationales à Madagascar, prévu le 3 juin 2026, a été reporté une seconde fois, sans nouvelle date annoncée.
  • Les tensions opposent le gouvernement de transition et le Conseil œcuménique des Églises chrétiennes (FFKM), qui co-organisent le processus.
  • Une réunion est prévue ce 3 juin en présence du président de la transition pour tenter de résoudre ces divergences.
  • Ces concertations visent à préparer un ou plusieurs projets de nouvelle constitution pour Madagascar.

Un processus constitutionnel sous haute tension

L’ajournement de ce mercredi n’est pas un hasard. Madagascar s’engage dans une phase délicate de son histoire politique, marquée par une transition toujours en cours. Les « concertations nationales », organisées sous l’égide du gouvernement et du FFKM, devaient servir de cadre à un dialogue inclusif sur l’avenir institutionnel du pays. Pourtant, malgré les intentions affichées, les désaccords entre les deux parties ont conduit à un second report en moins d’un mois. Selon RFI, ces tensions portent principalement sur l’organisation logistique et la représentativité des acteurs invités à participer.

Le FFKM, qui regroupe les principales églises chrétiennes de Madagascar, joue un rôle clé dans ce processus. Ses représentants ont souligné à plusieurs reprises l’importance d’une approche transparente et équitable. «

Nous devons nous assurer que chaque voix puisse être entendue, sans exclusive ni manipulation,
» a déclaré un porte-parole du FFKM, cité par RFI. De son côté, le gouvernement insiste sur la nécessité de respecter un calendrier pour éviter tout nouveau retard dans la transition.

Un enjeu politique et social majeur

Derrière cette querelle d’organisation se cache une question bien plus large : celle de la légitimité du processus constitutionnel. À Madagascar, les projets de révision de la Constitution divisent depuis plusieurs années. Certains y voient une opportunité de moderniser les institutions, tandis que d’autres craignent une instrumentalisation politique. Les concertations nationales devaient justement permettre de clarifier ces positions et de dégager un consensus. Mais avec ce nouveau report, l’incertitude grandit, tant parmi la population que chez les partenaires internationaux.

Le président de la transition, Andry Rajoelina, a réaffirmé à plusieurs reprises son engagement en faveur de cette réforme. «

La stabilité de Madagascar passe par un dialogue apaisé et inclusif. Nous ne ménagerons aucun effort pour y parvenir,
» a-t-il affirmé lors d’une allocution récente. Pourtant, les retards accumulés risquent d’alimenter les critiques, notamment de la part de l’opposition, qui dénonce un manque de sérieux dans la gestion de la transition.

Et maintenant ?

Une réunion est prévue ce 3 juin 2026 en présence du président de la transition, en espérant que les parties parviendront à un compromis sur l’organisation des concertations. Si un accord est trouvé, les consultations pourraient reprendre dans les prochaines semaines. Dans le cas contraire, un troisième report ne serait pas exclu, ce qui aggraverait encore les tensions politiques. Le FFKM a d’ores et déjà menacé de suspendre sa participation si ses revendications ne sont pas prises en compte.

Reste à voir si cette nouvelle tentative suffira à débloquer la situation ou si Madagascar devra composer avec un nouveau délai dans son processus constitutionnel.

Pour l’instant, la population malgache reste en attente, tandis que les observateurs internationaux surveillent de près l’évolution de cette crise institutionnelle. Une chose est sûre : chaque jour de retard retarde d’autant la résolution des défis économiques et sociaux qui pèsent sur le pays.

Les concertations nationales visent à recueillir les attentes et propositions des citoyens malgaches en vue de préparer un ou plusieurs projets de nouvelle constitution. Ce processus doit permettre de définir les grandes orientations politiques et institutionnelles du pays pour les années à venir.