Les membres du gouvernement malgache ont été convoqués ce vendredi 29 mai à l’Assemblée nationale pour un premier échange avec les députés, d’après RFI. Cette rencontre intervient alors que le nouveau gouvernement de la Refondation se prépare à lancer, dans cinq jours, une concertation nationale sur les grands enjeux du pays. Les questions portaient principalement sur quatre dossiers prioritaires : l’eau, l’électricité, la sécurité et la justice.
Ce qu'il faut retenir
- Les ministres malgaches ont été convoqués à l’Assemblée nationale le vendredi 29 mai 2026 pour répondre aux interrogations des députés.
- Cette séance s’inscrit dans le cadre de la mise en place du nouveau gouvernement de la Refondation, dirigé par le président Andry Rajoelina.
- Les thèmes abordés concernaient l’eau, l’électricité, la sécurité et la justice, quatre secteurs critiques pour la population.
- Cette rencontre précède de cinq jours le lancement officiel de la concertation nationale, prévue pour donner la parole aux citoyens sur les priorités du pays.
Un premier face-à-face entre exécutif et législatif
Cette convocation marque un tournant dans les relations entre le gouvernement et l’Assemblée nationale malgache. Pour la première fois depuis la formation du nouveau gouvernement de la Refondation, les ministres ont été invités à s’expliquer directement devant les députés. Selon RFI, cette séance devait permettre de clarifier les orientations du gouvernement sur des sujets sensibles pour les Malgaches.
L’ordre du jour était particulièrement chargé, avec des questions ciblées sur la gestion des ressources en eau, souvent limitée dans certaines régions, ainsi que sur les coupures récurrentes d’électricité qui perturbent le quotidien. La sécurité, un enjeu majeur dans un pays confronté à des tensions sociales et à des défis sécuritaires, était également au cœur des débats. Enfin, la justice, souvent pointée du doigt pour sa lenteur et son manque de transparence, a fait l’objet de nombreuses interrogations.
La concertation nationale, prochaine étape clé
Cette séance à l’Assemblée nationale intervient à quelques jours du lancement officiel de la concertation nationale, un événement organisé par le gouvernement pour recueillir l’avis des citoyens sur les priorités du pays. Cette initiative, prévue pour débuter le 3 juin 2026, s’annonce comme un moment clé pour le gouvernement de la Refondation, qui mise sur la participation citoyenne pour légitimer ses réformes.
Le président Andry Rajoelina, à l’origine de ce projet, a souligné à plusieurs reprises l’importance d’impliquer directement la population dans les décisions qui les concernent. « Nous devons écouter la voix des Malgaches pour construire un avenir plus juste et plus prospère », a-t-il déclaré lors d’un discours récent. Cette concertation, qui s’étendra sur plusieurs semaines, pourrait servir de base à des réformes structurelles dans des secteurs comme l’éducation, la santé ou encore l’agriculture.
Un gouvernement sous pression pour des résultats concrets
Le nouveau gouvernement de la Refondation, en place depuis quelques semaines, est sous le feu des projecteurs. Les Malgaches, souvent critiques envers leurs dirigeants, attendent des actions tangibles dans des domaines où les promesses n’ont pas toujours été tenues par le passé. Les coupures d’électricité, par exemple, restent un fléau dans plusieurs régions, notamment dans la capitale Antananarivo et ses environs. Selon des données officielles, près de 40 % des habitants de la Grande Île subissent des coupures fréquentes, un chiffre qui illustre l’ampleur des défis à relever.
Côté sécurité, le pays fait face à une recrudescence des vols et des violences dans certaines zones, malgré les annonces de renforcement des effectifs policiers. Quant à la justice, elle est régulièrement pointée du doigt pour sa lenteur et son manque d’indépendance perçue. « Nous devons montrer que le gouvernement est capable de tenir ses engagements », a confié un haut responsable du ministère de l’Intérieur à RFI, sous couvert d’anonymat. Autant dire que la pression est forte sur les épaules des ministres convoqués ce vendredi.
« Cette séance était une étape nécessaire pour rétablir un dialogue constructif entre l’exécutif et le législatif. Les députés ont le droit de demander des comptes, et le gouvernement a le devoir de répondre. »
— Un député de l’opposition, cité par RFI
Cette convocation à l’Assemblée nationale s’inscrit donc dans un calendrier politique chargé, où chaque décision compte pour redonner confiance à une population souvent sceptique. Les prochaines semaines seront cruciales pour évaluer la capacité du gouvernement à transformer ses promesses en actions.