Six mois après le renversement du président Andry Rajoelina en octobre 2025, Madagascar est plongée dans une crise politique marquée par une escalade de la contestation. Selon France 24, la junte militaire au pouvoir est désormais sous le feu des critiques, accusée d’instaurer un climat répressif caractérisé par des arrestations arbitraires et des disparitions forcées.
Ce qu'il faut retenir
- La junte malgache, arrivée au pouvoir en octobre 2025, fait face à une vague de contestation six mois après son coup d’État.
- Amnesty International dénonce un climat répressif marqué par des arrestations arbitraires et des disparitions forcées.
- Le président renversé, Andry Rajoelina, était en poste depuis 2023 avant d’être évincé par l’armée.
Un pouvoir contesté six mois après le renversement
Le 17 octobre 2025, le président Andry Rajoelina, au pouvoir depuis 2023, était renversé par l’armée malgache. Depuis, le pays est dirigé par une junte militaire qui peine à stabiliser la situation. Selon les observateurs, la contestation s’est intensifiée ces dernières semaines, avec des manifestations récurrentes contre le pouvoir en place. Les autorités, elles, minimisent ces mouvements, évoquant une minorité de « perturbateurs ». Pourtant, les rapports d’organisations internationales peignent un tableau bien plus sombre.
Amnesty International alerte sur les violations des droits humains
Dans un communiqué publié ce mois-ci, Amnesty International a dénoncé un « climat répressif » instauré par la junte. L’ONG cite des cas d’arrestations arbitraires, où des opposants politiques ou des militants sont détenus sans procès, ainsi que des disparitions forcées. Ces pratiques, bien que niées par les autorités malgaches, sont corroborées par des témoignages recueillis auprès de familles de disparus. Les conditions de détention, souvent qualifiées d’inhumaines, s’ajoutent à la liste des griefs portés contre le régime actuel.
— Les autorités malgaches ont toujours démenti ces accusations, affirmant que les arrestations répondent à des impératifs de sécurité nationale —
Le contexte politique : une transition inachevée
Avant son renversement, Andry Rajoelina avait été élu en 2023 dans un scrutin controversé, marqué par des accusations de fraude électorale. Son départ forcé a plongé Madagascar dans une période d’incertitude, la junte promettant une transition vers des élections libres. Pourtant, aucun calendrier précis n’a été fixé à ce jour. Les observateurs s’interrogent sur la crédibilité de ces engagements, alors que la répression s’accentue. Pour certains analystes, cette instabilité pourrait aggraver la crise économique que traverse déjà le pays, déjà fragilisé par des années de mauvaise gouvernance.
Les réactions internationales restent limitées
Sur la scène internationale, les réactions restent mesurées. L’Union africaine et la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) ont appelé au « retour à l’ordre constitutionnel », sans pour autant prendre de sanctions concrètes. La France, ancienne puissance coloniale, a appelé au « respect des droits humains », mais sans aller plus loin dans ses prises de position. Cette retenue s’explique en partie par les intérêts stratégiques que certains pays entretiennent avec Madagascar, notamment dans le secteur minier.
Dans ce contexte, la communauté internationale pourrait être amenée à revoir sa position, notamment si les violations des droits humains se multiplient. Reste à savoir si les promesses de transition démocratique de la junte seront suivies d’effets — ou si Madagascar s’enfonce davantage dans l’instabilité.
Les principaux griefs portent sur des arrestations arbitraires de militants et d’opposants, des disparitions forcées, ainsi que des conditions de détention jugées inhumaines. Ces pratiques ont été dénoncées par Amnesty International dans un rapport récent.
Aucun calendrier précis n’a été fixé par la junte. Les promesses de transition vers des élections libres n’ont pas été suivies d’engagements concrets, ce qui alimente la méfiance des observateurs et de la population.
