Depuis le 3 juin 2026, un arrêté interministériel impose une restriction majeure à la circulation des deux-roues motorisés au Mali. Selon RFI, les autorités de transition ont en effet décidé d’interdire la circulation des motos en dehors des grandes agglomérations sur l’ensemble du territoire national. Une mesure prise avec effet immédiat, justifiée par la lutte contre les groupes armés actifs dans certaines zones du pays.
Ce qu'il faut retenir
- Interdiction des motos hors des grandes villes à partir du 3 juin 2026, selon un arrêté interministériel.
- Cette décision s’inscrit dans le cadre de la lutte contre les groupes armés, selon les autorités maliennes.
- L’accès à 39 sites, principalement des forêts, est également interdit en raison de leur utilisation présumée par les groupes terroristes.
- La moto, moyen de transport courant dans les zones rurales, voit son usage fortement restreint.
Pour les Maliens, et plus particulièrement pour les habitants des zones rurales où la moto constitue souvent le seul moyen de transport, cette interdiction représente un bouleversement majeur dans leur quotidien. Autant dire que l’impact sera immédiat pour des milliers de personnes, dont les déplacements professionnels, médicaux ou scolaires pourraient être fortement perturbés. D’autant que dans certaines régions, les routes goudronnées sont rares, et les motos jouent un rôle clé dans la mobilité.
Côté sécuritaire, les autorités ont également annoncé la fermeture de 39 sites, principalement des forêts, jugées comme des refuges pour les groupes terroristes. Parmi ces zones, certaines se trouvent dans des régions déjà en proie à l’insécurité, où les attaques des groupes armés se multiplient depuis plusieurs années. Selon les explications des services de l’État, cette double mesure vise à priver les groupes armés de moyens de déplacement et de caches potentielles.
Cette décision a suscité des réactions contrastées au sein de la population. Si certains reconnaissent la nécessité de lutter contre l’insécurité, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les conséquences pratiques de cette mesure. Les associations locales de motards et les transporteurs informels craignent en effet une paralysie partielle de l’économie locale, dans un pays où le secteur informel représente une part importante de l’activité.
Le gouvernement de transition, qui a pris le relais après le coup d’État de 2020, justifie cette mesure par l’urgence de sécuriser davantage le territoire. « Nous devons prendre des décisions fortes pour protéger la population et affaiblir les groupes armés », a indiqué un porte-parole du ministère de la Sécurité intérieure, cité par RFI. Pourtant, certains observateurs s’interrogent sur la faisabilité d’une telle mesure à long terme, alors que les alternatives de transport restent limitées dans les zones rurales.
« La moto est devenue un outil indispensable dans de nombreuses régions du Mali. Son interdiction pourrait aggraver les difficultés des populations déjà touchées par la crise sécuritaire. »
Un responsable d’ONG locale, sous couvert d’anonymat
Par ailleurs, cette décision s’inscrit dans un contexte où le Mali fait face à une crise sécuritaire persistante, malgré l’intervention des forces internationales et la montée en puissance des forces locales. Les prochains mois pourraient voir une intensification des opérations militaires, parallèlement à l’application de mesures administratives comme celle-ci.
Pour l’instant, les habitants des zones concernées devront s’adapter rapidement à ces nouvelles contraintes. Quant aux autorités, elles devront trouver un équilibre entre sécurité et préservation des moyens de subsistance de la population.
Selon les informations disponibles, les contrevenants s’exposent à des amendes ou à des sanctions administratives, bien que les modalités précises n’aient pas encore été détaillées par les autorités. Les forces de l’ordre ont été appelées à renforcer les contrôles sur les axes routiers et dans les zones périurbaines.