La Cour d’appel de Bamako a rendu son verdict ce 24 juillet 2026 dans l’affaire opposant l’État malien à six personnalités accusées de « tentative de complot contre le gouvernement ». Sept à quinze années de prison ont été prononcées à leur encontre, selon RFI.
Ce qu'il faut retenir
- Six personnalités, dont un ancien chef de la sécurité d’État et un ancien secrétaire général de la présidence, ont été condamnées pour « tentative de complot ».
- Les peines varient de 7 à 15 ans de prison, après près de cinq ans d’incarcération et des accusations de tortures.
- Ces six accusés étaient liés à l’ancien président de transition Bah N’Daw, renversé en mai 2021 par les militaires à l’origine du coup d’État d’août 2020.
Parmi les condamnés figurent le colonel Kassoum Goïta, ancien chef de la sécurité d’État, et Kalilou Doumbia, ex-secrétaire général de la présidence. Leur lien avec Bah N’Daw, nommé président de transition après le coup d’État de 2020, a été au cœur de l’accusation. Ce dernier avait tenté de limoger certains militaires du gouvernement avant d’être évincé en mai 2021 par les mêmes acteurs, selon les éléments rapportés par RFI.
Les six co-accusés, détenus depuis près de cinq ans, ont subi des traitements qualifiés de « tortures » par leurs proches. Leur avocat a dénoncé un « déni de justice », une allégation que la Cour n’a pas retenue dans son jugement. Les peines prononcées s’échelonnent de 7 ans pour les accusés considérés comme les moins impliqués, à 15 ans pour les principaux responsables présumés, comme le précise la décision rendue par les chambres criminelles de Bamako.
L’affaire remonte à la période de transition politique malienne, marquée par une forte instabilité après le renversement du président Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020. Bah N’Daw, ancien militaire, avait été installé à la tête de l’État par les putschistes avant de tenter, selon les autorités de l’époque, d’exclure certains officiers de l’armée du gouvernement. Son éviction en mai 2021 a marqué un tournant dans la gestion de la transition, alors que le pays faisait face à des tensions internes persistantes.
Côté défense, les avocats des accusés ont annoncé leur intention de contester le verdict, invoquant des « irrégularités » dans la procédure. De son côté, le gouvernement malien n’a pas réagi publiquement à la décision, se contentant de rappeler que la justice avait « tranché en toute indépendance ». Les observateurs s’interrogent désormais sur les conséquences de ce procès sur le climat politique interne, déjà tendu depuis plus de six ans.
— Selon RFI, les proches des condamnés qualifient cette issue de « déni de justice » et promettent de poursuivre leur combat pour la révision du procès. Leurs déclarations, transmises à la presse locale, soulignent leur détermination à faire entendre leur voix, malgré l’opacité entourant certaines étapes de la procédure.
Les six accusés étaient poursuivis pour « tentative de complot contre le gouvernement », un chef d’accusation lié à leur proximité présumée avec Bah N’Daw, l’ancien président de transition renversé en mai 2021. Les autorités maliennes les accusaient d’avoir tenté de fragiliser l’autorité des militaires au pouvoir après le coup d’État de 2020.