Près de 2 500 manifestants se sont rassemblés samedi 9 août 2026 à Tunis pour protester contre le recul des droits et libertés et la détérioration des conditions de vie, selon France 24. Cinq ans après le coup de force constitutionnel du président Kaïs Saïed, la mobilisation s’est déroulée sous une vague de chaleur intense, aggravant le mécontentement de la population face aux coupures de courant programmées qui touchent l’ensemble du pays. Ces perturbations, notamment dans les hôpitaux, alimentent colère et inquiétude au sein de la société tunisienne.

Ce qu'il faut retenir

  • Près de 2 500 manifestants ont défilé à Tunis le 9 août 2026 pour dénoncer la dégradation des droits et libertés.
  • Les coupures de courant, généralisées et programmées, aggravent la crise sociale et menacent le fonctionnement des infrastructures critiques comme les hôpitaux.
  • Cette mobilisation intervient cinq ans après le coup de force constitutionnel de Kaïs Saïed, qui avait marqué un tournant autoritaire dans le pays.
  • La vague de chaleur accentue les tensions en rendant les conditions de vie encore plus difficiles pour la population.

Une mobilisation sous haute tension : climat social et politique explosifs

Le rassemblement de samedi s’inscrit dans un contexte de tensions politiques et sociales persistantes. Les organisateurs, majoritairement issus de la société civile et des partis d’opposition, ont dénoncé un affaiblissement des institutions démocratiques depuis 2021. Selon des observateurs locaux, cette manifestation reflète un ras-le-bol généralisé face à la gestion économique et sociale du gouvernement, aggravée par les pénuries d’électricité récurrentes. Kaïs Saïed, élu en 2019 puis reconduit en 2024 après une transition chaotique, est accusé d’avoir concentré les pouvoirs entre ses mains au mépris des contre-pouvoirs.

L’électricité, symbole d’une crise multidimensionnelle

Le système électrique tunisien, déjà fragilisé par des années de sous-investissement, est aujourd’hui au cœur de la crise. Les coupures programmées, qui frappent aussi bien les particuliers que les hôpitaux, illustrent l’incapacité des autorités à garantir un approvisionnement stable. Huit régions sur vingt-quatre subissent des interruptions quotidiennes, selon le ministère de l’Énergie, qui évoque des retards dans les réparations et une demande en hausse due à la canicule. «

Les hôpitaux fonctionnent au ralenti, les entreprises peinent à tourner, et les Tunisiens subissent une précarité énergétique inédite
», a déclaré un médecin de l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis, cité par France 24. Le gouvernement a promis des mesures d’urgence, mais les délais de rétablissement restent flous.

Et maintenant ?

La pression sur le gouvernement devrait s’intensifier dans les prochaines semaines, à l’approche de la rentrée sociale, traditionnellement marquée par des mobilisations syndicales. Les partis d’opposition, notamment le Mouvement Ennahdha et Attayar, ont appelé à une coordination nationale pour faire pression sur le pouvoir. D’un point de vue institutionnel, le président Saïed pourrait tenter de désamorcer la crise en annonçant des mesures ciblées, mais l’absence de dialogue politique rend toute solution durable incertaine.

Un anniversaire symbolique : cinq ans après le 25 juillet 2021

Le 9 août 2026 coïncide avec l’anniversaire du coup de force du 25 juillet 2021, lorsque Kaïs Saïed avait gelé le Parlement, limogé le Premier ministre et suspendu la Constitution. Ce jour-là, des milliers de Tunisiens étaient descendus dans la rue pour soutenir ou contester cette décision, marquant le début d’une période d’instabilité politique. Depuis, le pays a connu une concentration des pouvoirs sans précédent, accompagnée d’un recul des libertés individuelles et d’une crise économique chronique. «

Nous ne sommes plus en 2021, mais la colère est toujours là, peut-être même plus forte
», a réagi un militant des droits humains présent lors de la manifestation.

Alors que la Tunisie célèbre cette année le soixantième anniversaire de son indépendance, la société tunisienne se trouve à un carrefour : entre l’aspiration à la démocratie et la résignation face à un pouvoir qui semble inamovible. La prochaine étape pourrait être déterminée par la capacité des forces vives du pays à s’unir face à une crise qui, désormais, touche tous les aspects de la vie quotidienne.

Les manifestants dénoncent principalement le recul des libertés démocratiques, la gestion chaotique de la crise électrique et la détérioration des conditions de vie. Ils réclament également un retour à l’État de droit et une politique économique plus inclusive.