Le 20 février 2026, une manifestation de l'opposition albanaise contre le gouvernement a tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre à Tirana. Cette journée de protestation, organisée par le Parti démocratique dirigé par l'ancien premier ministre Sali Berisha, a rassemblé des milliers de partisans qui réclament le départ du premier ministre socialiste Edi Rama, au pouvoir depuis 2013.

Ces derniers mois, les partisans du Parti démocratique répondent régulièrement au mot d'ordre « dernier kilomètre » et se rassemblent devant le siège du gouvernement pour exprimer leur mécontentement. Lors de son discours, Sali Berisha a lancé à la foule : « Nous allons sauver l'Albanie face à Edi Rama qui a plongé le pays dans la pauvreté et la corruption ». Il a également qualifié Edi Rama de « cadavre politique ».

Les affrontements

La situation a quickly dégénéré lorsque plusieurs manifestants ont tiré sur le siège du gouvernement avec un canon à feu d'artifice et lancé des cocktails Molotov sur le parvis et contre la façade du bâtiment. La police a dispersé la foule en utilisant des canons à eau et du gaz lacrymogène. Les manifestants, emmenés par Sali Berisha, se sont ensuite dirigés devant le Parlement, où ils ont été confrontés à un important dispositif des forces de l'ordre.

Des scènes d'affrontement entre les manifestants et la police ont duré pendant environ deux heures dans les rues à proximité du Parlement. Une trentaine de manifestants ont été interpellés, selon la police, tandis que le Parti démocratique a fait état d'une quarantaine d'interpellations de ses militants. La ministre de l'intérieur, Albana Koçiu, a dénoncé des actes de « vandalisme » et a rappelé que « attaquer la police n'est pas un acte de bravoure, c'est un crime ».

Les tensions politiques

La vie politique albanaise est marquée depuis des années par des heurts jusqu'au sein du Parlement et des attaques verbales virulentes entre les partis. Les tensions se sont intensifiées depuis novembre, après l'inculpation de la vice-première ministre et ministre des infrastructures, Belinda Balluku, une proche de Edi Rama, dans une affaire de corruption. Belinda Balluku a été suspendue de sa fonction par une procédure en justice et est accusée de favoritisme dans des appels d'offres concernant des projets d'infrastructure routière.

Sali Berisha lui-même est soupçonné d'avoir attribué des contrats publics à ses proches à l'époque où il était au pouvoir, ce qu'il nie fermement. Plusieurs anciens ministres dans les gouvernements d'Edi Rama ont été visés par la justice dans des affaires de corruption. La lutte contre le crime organisé et la corruption est l'une des principales conditions à l'adhésion de l'Albanie à l'Union européenne.

Les enjeux

Les événements récents en Albanie soulèvent des questions sur la stabilité politique du pays et sur les relations entre les partis. La situation actuelle laisse en suspens des questions sur les prochaines étapes pour le gouvernement et l'opposition. Les Albanais attendent avec intérêt les développements futurs et les échéances à surveiller, notamment les prochaines élections et les négociations avec l'Union européenne.

Pendant un discours de l’ancien premier ministre albanais et chef du Parti démocratique, Sali Berisha, lors d’un rassemblement antigouvernemental à Tirana, le 20 février 2026.
Pendant un discours de l’ancien premier ministre albanais et chef du Parti démocratique, Sali Berisha, lors d’un rassemblement antigouvernemental à Tirana, le 20 février 2026. HAMERALDI AGOLLI/AP

Pendant un discours de l’ancien premier ministre albanais et chef du Parti démocratique, Sali Berisha, lors d’un rassemblement antigouvernemental à Tirana, le 20 février 2026.

Pendant un discours de l’ancien premier ministre albanais et chef du Parti démocratique, Sali Berisha, lors d’un rassemblement antigouvernemental à Tirana, le 20 février 2026.

Les manifestations et les affrontements récents en Albanie mettent en lumière les défis que le pays doit relever pour consolider sa démocratie et améliorer la confiance dans les institutions. Les prochaines semaines et mois seront cruciaux pour déterminer l'avenir de la politique albanaise et les relations entre les partis.

En conclusion, les événements récents en Albanie montrent que le pays est à un carrefour important. Les questions sur la stabilité politique, la corruption et les relations entre les partis restent en suspens. Les Albanais et la communauté internationale attendent avec intérêt les prochaines étapes et les échéances à surveiller.