Le général Oleksandr Syrsky n’est plus commandant en chef des forces armées ukrainiennes. Selon Courrier International, cette démission, exigée depuis plusieurs jours par les manifestants du mouvement baptisé « Maïdan de carton », a été officialisée le 30 juillet 2026, mettant fin à une semaine de pression sur les autorités militaires.
Le rassemblement, qui a débuté le 18 juillet à Kiev, s’est rapidement étendu à d’autres grandes villes du pays. Mykolaïv, Dnipro, Kharkiv et Lviv comptent parmi les principales villes où des manifestations quotidiennes ont été organisées, comme le rapporte la chaîne d’information publique Souspilné. Le mouvement doit atteindre sa troisième semaine le 30 juillet si les rassemblements persistent.
Ce qu'il faut retenir
- Le général Oleksandr Syrsky a été démis de ses fonctions de commandant en chef des forces armées ukrainiennes le 30 juillet 2026, répondant ainsi à l’une des deux principales revendications des manifestants.
- Le mouvement « Maïdan de carton » tire son nom des pancartes en carton brandies ou déposées dans l’espace public par les participants.
- Les rassemblements se poursuivent malgré cette avancée, avec des mobilisations quotidiennes dans plusieurs grandes villes, dont Kiev, Mykolaïv, Dnipro, Kharkiv et Lviv.
- L’autre revendication centrale du mouvement porte sur le retour de l’ancien ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, limogé quelques semaines plus tôt.
- Les organisateurs, qui se regroupent notamment près du théâtre Ivan-Franko à Kiev, maintiennent la pression pour obtenir l’annulation de cette décision.
Un mouvement aux revendications multiples
Le « Maïdan de carton » s’est imposé comme une mobilisation citoyenne sans précédent depuis plusieurs années en Ukraine. Selon la version ukrainienne de Radio Svoboda, le mouvement a d’ores et déjà obtenu gain de cause sur l’une de ses deux revendications principales. « Le ‘Maïdan de carton’ actuel a été couronné de succès », indique la radio, soulignant que la démission de Syrsky marque un tournant dans l’histoire récente du pays.
Pour autant, les manifestants refusent de cesser leur action. Leur seconde demande, la réintégration de Mykhaïlo Fedorov au poste de ministre de la Défense, reste en suspens. Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées lundi soir à Kiev, près du théâtre Ivan-Franko, pour réaffirmer leur opposition à son limogeage. Les pancartes en carton, souvent ornées de slogans ou de revendications écrites à la main, symbolisent la précarité des moyens mobilisés par les manifestants, mais aussi leur détermination.
Des mobilisations qui s’essoufflent, mais persistent
Malgré cette dynamique initiale, le mouvement montre des signes d’essoufflement après douze jours de rassemblements. L’agence de presse officielle Interfax-Oukraïna indiquait le 27 juillet que le nombre de participants avait diminué, sans qu’il soit possible d’estimer avec précision l’ampleur de cette baisse. Cette tendance n’a pas pour autant dissuadé les organisateurs, qui maintiennent leurs revendications.
Les manifestants, qui se réunissent quotidiennement, misent désormais sur une stratégie de mobilisation durable. Les rassemblements à Kiev, mais aussi dans d’autres villes, s’inscrivent dans une logique de pression constante sur les autorités. Les pancartes en carton, faciles à fabriquer et à transporter, servent de support à des messages clairs et directs, reflétant à la fois la spontanéité et la radicalité du mouvement.
Un contexte politique et militaire sous haute tension
Ce mouvement survient dans un contexte où l’Ukraine fait face à des défis majeurs sur les plans militaire et politique. La guerre contre la Russie, entrée dans sa troisième année, pèse lourdement sur les institutions et la société civile. Les divisions internes, qu’elles soient stratégiques, politiques ou sociales, sont régulièrement mises en lumière par des mouvements de contestation comme celui-ci.
La démission de Syrsky, perçue comme une victoire par une partie de la population, ne suffit pas à apaiser les tensions. Les manifestants, dont une partie soutient le président ukrainien Volodymyr Zelensky, exigent désormais des réformes plus profondes au sein de l’armée et du gouvernement. L’ancien ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, reste une figure controversée, notamment pour ses positions sur la gestion du conflit et les relations avec les partenaires occidentaux.
Pour l’heure, les autorités n’ont pas encore réagi publiquement à ces nouvelles demandes. Le gouvernement, déjà fragilisé par les tensions internes et les pressions extérieures, devra bientôt se prononcer sur l’avenir de Fedorov et les éventuelles réformes militaires réclamées par les manifestants.
Les pancartes en carton, peu coûteuses et faciles à fabriquer, reflètent à la fois la spontanéité du mouvement et les moyens limités des manifestants. Elles servent de support à des messages percutants et directs, souvent écrits à la main, ce qui renforce leur caractère authentique et engagé.