Longtemps éclipsé par le thon dans les rayons des supermarchés, le maquereau en conserve connaît un regain d’intérêt auprès des consommateurs français. Selon Top Santé, ce poisson gras, riche en nutriments, pourrait jouer un rôle inattendu dans la prévention des maladies cardiovasculaires, à condition d’être consommé dans un cadre alimentaire équilibré.

Ce qu'il faut retenir

  • Le maquereau en conserve regagne en popularité dans les foyers français, reléguant le thon au second plan.
  • Riche en oméga-3, il contribue à réduire les risques de maladies cardiovasculaires, selon des experts interrogés par Top Santé.
  • Sa consommation doit s’inscrire dans une alimentation variée et équilibrée pour en tirer tous les bénéfices.
  • Les nutritionnistes soulignent son profil nutritionnel supérieur à celui du thon en boîte, notamment pour sa teneur en acides gras essentiels.
  • Disponible en différentes préparations (nature, à l’huile, au citron), il offre une alternative savoureuse et pratique.

Le maquereau en conserve, autrefois boudé au profit de ses concurrents comme le thon ou les sardines, fait aujourd’hui l’objet d’une attention particulière de la part des nutritionnistes. Comme le rapporte Top Santé, ce poisson gras, autrefois relégué au rang de simple alternative, est désormais présenté comme un atout majeur pour la santé du cœur. Une reconnaissance qui s’appuie sur des études récentes mettant en avant ses bienfaits cardiovasculaires.

Les experts interrogés par le magazine insistent sur sa teneur élevée en acides gras oméga-3, des nutriments essentiels pour réduire l’inflammation et améliorer le profil lipidique sanguin. « Le maquereau en conserve est une excellente source d’oméga-3, un acide gras que notre organisme ne produit pas naturellement », a déclaré le Dr. Martin Lefèvre, cardiologue et nutritionniste à l’hôpital Saint-Louis à Paris. « Une consommation régulière, dans le cadre d’une alimentation équilibrée, peut contribuer à diminuer les risques de maladies cardiovasculaires de 20 à 30 % », a-t-il précisé. Une affirmation qui tranche avec les idées reçues sur les poissons en conserve, souvent perçus comme moins nutritifs que leurs équivalents frais.

Un profil nutritionnel supérieur à celui du thon

Comparé au thon en boîte, souvent plébiscité pour sa praticité, le maquereau en conserve se distingue par un profil nutritionnel plus avantageux. Top Santé rappelle que ce poisson contient non seulement plus d’oméga-3, mais aussi davantage de vitamines D et B12, ainsi que des minéraux comme le sélénium et le phosphore. « Le thon reste une bonne source de protéines, mais son ratio oméga-6/oméga-3 est moins favorable que celui du maquereau », explique le Dr. Lefèvre. Autant dire que, côté santé, le maquereau a clairement une longueur d’avance.

Autre avantage : sa polyvalence. Disponible en version nature, à l’huile d’olive, au citron ou même fumé, il s’adapte à de nombreuses recettes, des salades aux tartines, en passant par les plats chauds. Une diversité qui facilite son intégration dans une alimentation variée, un point crucial pour les nutritionnistes. « Le principal défi n’est pas de savoir si le maquereau est bon pour la santé, mais de l’intégrer régulièrement à son alimentation sans tomber dans la monotonie », souligne Sophie Dubois, diététicienne-nutritionniste à Lyon. Pour elle, l’enjeu réside dans la variété des sources de protéines : « Alterner entre maquereau, sardines, hareng ou anchois permet de bénéficier des bienfaits de chaque poisson sans carences ».

Des précautions à prendre pour une consommation optimale

Si le maquereau en conserve présente des atouts indéniables, sa consommation doit nonetheless s’accompagner de certaines précautions. Top Santé rappelle que les versions à l’huile, bien que savoureuses, peuvent contenir des graisses ajoutées en excès. « Privilégiez les maquereaux en conserve à l’eau ou au naturel pour limiter l’apport en calories superflues », conseille Sophie Dubois. Autre point de vigilance : la teneur en sel. Certaines marques ajoutent du chlorure de sodium pour la conservation, ce qui peut être problématique pour les personnes souffrant d’hypertension.

Enfin, les experts recommandent de varier les sources de protéines pour éviter une surconsommation de certains nutriments. « Le maquereau est excellent, mais il ne doit pas représenter plus de 2 à 3 repas par semaine dans une alimentation équilibrée », insiste le Dr. Lefèvre. Une recommandation qui s’inscrit dans les préconisations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES), laquelle encourage une consommation diversifiée de poissons gras pour couvrir les besoins en oméga-3.

Et maintenant ?

Face à cette tendance, les industriels du secteur pourraient être incités à développer davantage de préparations allégées en sel et en huile, afin de répondre à la demande des consommateurs soucieux de leur santé. Une évolution qui s’inscrit dans un contexte plus large de sensibilisation aux bienfaits des oméga-3, déjà observable avec la montée en puissance des compléments alimentaires et des huiles riches en acides gras essentiels. Reste à voir si les grandes surfaces suivront cette dynamique en mettant davantage en avant le maquereau en conserve auprès de leurs clients.

Avec la multiplication des études soulignant l’importance des oméga-3 pour la santé cardiovasculaire, le maquereau en conserve pourrait bien devenir un incontournable des placards français. Une bonne nouvelle pour les amateurs de poisson, à condition de respecter les règles d’une alimentation équilibrée. Et si ce retour en grâce s’inscrivait dans une prise de conscience plus large des vertus des poissons gras, longtemps sous-estimés au profit de leurs cousins plus médiatisés ?

Selon les données de Top Santé, une boîte de maquereau en conserve (100 g, égoutté) apporte en moyenne 200 kcal, 18 g de protéines, 12 g de lipides (dont 2,5 g d’oméga-3), 200 mg de calcium et 1,5 mg de fer. Ces valeurs peuvent varier selon la préparation (nature, à l’huile, etc.).

Les experts recommandent de limiter sa consommation à 2-3 fois par semaine, en raison de sa teneur en sel et en graisses (selon la préparation). Une consommation quotidienne pourrait entraîner un apport excessif en sodium ou en calories, surtout pour les versions à l’huile.