Depuis six mois, le Venezuela vit sous une influence américaine sans précédent. Alors que Nicolás Maduro, président vénézuélien, a été contraint à l’exil après une opération nocturne des forces spéciales américaines, c’est depuis son bureau de Washington que Marco Rubio, secrétaire d’État des États-Unis, exerce désormais un pouvoir de fait sur le pays. Selon Courrier International, qui cite le New York Times, Rubio n’a même pas eu besoin de se déplacer pour devenir la figure centrale du Venezuela, un rôle que certains comparent à celui de Paul Bremer en Irak en 2003.

Ce qu'il faut retenir

  • Marco Rubio, secrétaire d’État américain, gouverne de facto le Venezuela depuis Washington après l’exfiltration de Nicolás Maduro en janvier 2026.
  • L’opération, menée par des forces spéciales américaines, a eu lieu dans la nuit du 15 janvier 2026, privant Maduro de son poste de président.
  • Depuis lors, Rubio supervise les affaires vénézuéliennes, multipliant les contacts avec des responsables locaux, dont la vice-présidente Delcy Rodríguez.
  • Cette situation rappelle le rôle de Paul Bremer en Irak après l’invasion de 2003, marquant une ingérence américaine inédite en Amérique latine.
  • Les déclarations de Donald Trump, évoquant publiquement l’idée d’envoyer Rubio à Caracas, ont contribué à alimenter les spéculations sur ce changement de gouvernance.

L’histoire commence dans le Bureau ovale, en janvier 2026. Donald Trump, alors en pleine réflexion sur la politique étrangère des États-Unis, aurait lancé à son secrétaire d’État : « Et si on l’envoyait définitivement à Caracas ? » La cible ? Nicolás Maduro, dont l’influence était jugée trop menaçante pour Washington. Selon des sources proches de l’administration, le président américain plaisantait, comme il le fait souvent avec Rubio en évoquant des missions à l’étranger. Pourtant, la suite des événements a montré que la blague était moins anodine qu’il n’y paraissait.

Dans la nuit du 15 janvier 2026, des commandos américains ont forcé l’entrée de la résidence officielle de Maduro à Caracas. L’opération, menée dans le plus grand secret, a abouti à l’enlèvement du président vénézuélien. Depuis, celui-ci vit en exil, tandis que Marco Rubio, sans jamais fouler le sol vénézuélien, est devenu la figure incontournable du pays. « Jamais un responsable américain n’avait exercé un tel contrôle sur une nation souveraine depuis Paul Bremer en Irak en 2003 », souligne un observateur cité par Courrier International.

Un pouvoir exercé à distance

Les méthodes de Rubio tranchent avec les pratiques traditionnelles de la diplomatie. Plutôt que de multiplier les déplacements officiels, il gouverne le Venezuela depuis Washington, échangeant des selfies, des vœux d’anniversaire ou des conseils politiques avec les dirigeants locaux. Parmi ses interlocuteurs privilégiés figure Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela, dont les relations avec Rubio sont régulièrement commentées dans la presse. « Rubio est devenu une sorte de vice-roi numérique, capable d’influencer les décisions sans même quitter son bureau », explique un diplomate sous couvert d’anonymat.

Cette situation inédite soulève des questions sur la souveraineté vénézuélienne. Officiellement, le pays dispose toujours d’un gouvernement, mais son indépendance est de plus en plus contestée. Les États-Unis, qui ont justifié l’intervention par la nécessité de « stabiliser la région », assurent que leur action vise à rétablir la démocratie. Pourtant, aucun calendrier n’a été annoncé pour un retour à un gouvernement élu, alimentant les critiques des observateurs internationaux.

Les déclarations de Trump et les réactions

Les propos de Donald Trump, évoquant publiquement l’idée d’envoyer Marco Rubio à Caracas, ont marqué un tournant. Lors d’une réunion avec des conseillers en janvier 2026, le président aurait lancé : « Pourquoi ne pas lui confier le pays ? Il sait y faire. » Ces déclarations, initialement perçues comme une boutade, prennent aujourd’hui une dimension plus concrète. « Trump aime taquiner Rubio sur ce sujet, mais dans ce cas, le hasard a fait que l’idée a pris une tournure inattendue », confie un ancien membre de l’administration.

Du côté vénézuélien, les réactions sont contrastées. Certains responsables, comme Delcy Rodríguez, entretiennent des relations cordiales avec Rubio, tandis que d’autres dénoncent une ingérence américaine. « Nous sommes un pays souverain, et cette situation est inacceptable », a déclaré un porte-parole de l’opposition, sans pour autant obtenir d’écho significatif. La communauté internationale, elle, observe avec prudence. L’Organisation des États américains (OEA) a appelé à un « retour rapide à la légalité constitutionnelle », sans pour autant condamner explicitement les États-Unis.

« Rubio n’a même pas besoin de se rendre à Caracas. Il gouverne déjà le Venezuela depuis Washington. » — Courrier International, citant des responsables américains sous anonymat

Un précédent en Amérique latine

L’influence exercée par Rubio sur le Venezuela rappelle celle de Paul Bremer en Irak après la chute de Saddam Hussein. En 2003, Bremer, administrateur américain en Irak, avait dirigé le pays pendant plus d’un an, prenant des décisions majeures sans consultation locale. Une comparaison que certains analystes jugent pertinente, même si les contextes diffèrent. « Dans les deux cas, il s’agit d’une ingérence étrangère massive, avec des conséquences durables sur la souveraineté du pays concerné », explique un spécialiste des relations internationales.

Pourtant, les États-Unis insistent sur le caractère temporaire de leur intervention. « Notre objectif est de rétablir la stabilité et de permettre au Venezuela de retrouver une gouvernance légitime », a déclaré un porte-parole du département d’État. Mais aucun calendrier précis n’a été communiqué, laissant planer le doute sur les intentions réelles de Washington.

Et maintenant ?

Plusieurs scénarios sont envisageables pour les prochains mois. Le gouvernement américain pourrait annoncer un calendrier pour des élections au Venezuela, ou au contraire maintenir Rubio dans son rôle de facto pendant une période indéterminée. Une chose est sûre : la situation actuelle, où un pays étranger gouverne un État souverain depuis l’extérieur, ne peut durer indéfiniment sans susciter de tensions accrues. Les prochaines déclarations de l’administration Trump ou les réactions de la communauté internationale pourraient éclairer les intentions réelles des États-Unis.

En attendant, Marco Rubio continue d’exercer son influence, multipliant les contacts et les déclarations. Que ce soit via des selfies avec Delcy Rodríguez ou des réunions stratégiques à Washington, il incarne désormais le visage d’une Amérique latine sous tutelle américaine. Une situation qui, pour beaucoup, rappelle les heures les plus sombres de l’histoire régionale.

Pour l’instant, le Venezuela reste sous l’emprise de facto de Rubio. La question n’est plus de savoir si les États-Unis vont quitter le pays, mais quand et comment ils le feront. Une incertitude qui pèse sur l’avenir d’un pays déjà fragilisé par des années de crise politique et économique.

Nicolás Maduro vit en exil depuis le 15 janvier 2026. Officiellement, le Venezuela ne dispose plus de président élu, mais le gouvernement américain n’a pas précisé s’il envisageait un retour de Maduro ou une transition vers un nouveau dirigeant.

Aucune échéance n’a été annoncée par Washington. Les États-Unis se disent déterminés à rétablir la stabilité, mais sans calendrier précis. La situation actuelle, où Marco Rubio gouverne de facto depuis Washington, pourrait se prolonger pendant plusieurs mois, voire davantage.