La secrétaire nationale d’Europe Écologie Les Verts (EELV), Marine Tondelier, a relancé le débat sur l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle en préconisant son introduction « dès la maternelle », comme le rapporte BFM - Politique ce 10 juin 2026. Cette proposition s’inscrit dans un contexte marqué par la hausse des plaintes pour violences sexuelles et par les débats récurrents sur la prévention des infractions à caractère sexuel.
Ce qu'il faut retenir
- Marine Tondelier, secrétaire nationale d’EELV, propose des cours d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle dès la maternelle.
- Cette initiative intervient alors que le nombre de plaintes pour viol est passé de 17 000 à 50 000 entre les deux dernières périodes disponibles, sans augmentation corrélative des condamnations.
- Marine Tondelier a également critiqué la gestion de l’affaire Lyhanna et la politique pénale de Gérald Darmanin, appelant à sa démission.
- Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a évoqué la nécessité de renforcer les moyens de la justice et a soutenu l’idée d’un accès des employeurs publics au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Une proposition pour répondre à la hausse des violences sexuelles
Selon Marine Tondelier, « on est passé de 17 000 plaintes pour viols à 50 000, mais le nombre de condamnations n’a pas augmenté », comme elle l’a souligné dans une intervention relayée par BFM - Politique. Face à ce constat, elle défend l’idée que l’éducation dès le plus jeune âge pourrait jouer un rôle clé dans la prévention des violences sexuelles. Son projet porte sur des cours dédiés à la vie affective, relationnelle et sexuelle, introduits dès l’école maternelle, afin d’aborder des notions comme le consentement, le respect de l’autre ou encore la gestion des émotions.
Cette proposition s’inscrit dans une réflexion plus large sur la libération de la parole autour des violences sexuelles. Elle intervient alors que plusieurs affaires judiciaires, comme celle impliquant la jeune Lyhanna, ont mis en lumière les lacunes du système actuel. Marine Tondelier n’a d’ailleurs pas hésité à critiquer ouvertement la gestion politique de ces dossiers, déclarant que « Gérald Darmanin, Garde des Sceaux, aurait dû démissionner » dans l’affaire Lyhanna.
Les réactions politiques et les propositions connexes
Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a pour sa part insisté sur les moyens insuffisants alloués à la justice. « Nous avons un problème dans la justice parce qu’il n’y a pas suffisamment de moyens », a-t-il déclaré, tout en se disant favorable à ce que les employeurs publics puissent consulter le fichier des auteurs d’infractions sexuelles. Cette mesure vise à renforcer la protection des plus vulnérables, notamment dans les secteurs en contact avec des mineurs ou des personnes fragilisées.
Sur le terrain répressif, les débats restent vifs. Marine Tondelier a exprimé des réserves sur la castration chimique des pédocriminels, estimant que « je ne vois pas en quoi cela est efficace seul ». Elle a par ailleurs rappelé que la priorité devait être donnée à l’éducation et à la prévention, plutôt qu’à des mesures symboliques ou répressives isolées.
Les enjeux d’un fichier national des agresseurs sexuels
La question de la création d’un fichier public des agresseurs sexuels a également été abordée, notamment par la députée européenne Sarah Knafo (Reconquête !). Celle-ci a pris l’exemple des États-Unis, où un tel fichier existe, pour plaider en faveur de sa mise en place en France. « Si un individu est dangereux, le seul endroit où il doit se trouver c’est en prison », a-t-elle martelé, tout en précisant ne pas défendre la peine de mort. Son approche se concentre sur la protection de la société et la prévention des récidives.
Ces propositions s’ajoutent aux discussions sur la pénalisation des violences conjugales et les moyens alloués à la justice. Olivier Faure a d’ailleurs reconnu un « échec dont nous devons prendre la responsabilité, en tout cas la part qui nous incombe » concernant la gestion des affaires de périscolaire à Paris, un dossier qui a suscité de vives critiques ces derniers mois.
En attendant, le débat sur la prévention des violences sexuelles et sur l’efficacité du système judiciaire français continue de s’intensifier, porté par des acteurs politiques aux sensibilités variées. Les prochains mois seront déterminants pour savoir si ces propositions déboucheront sur des changements structurels ou si elles resteront au stade des intentions.
D’après ses déclarations, ces cours aborderaient le consentement, le respect de l’autre, la gestion des émotions et les relations saines. Les détails pédagogiques restent à préciser, mais l’objectif affiché est une sensibilisation progressive dès le plus jeune âge.