Près d’une décennie après avoir retracé avec humour l’aventure spatiale de Thomas Pesquet dans « Dans la combi de Thomas Pesquet », la dessinatrice et vulgarisatrice Marion Montaigne revient avec « Space Montaigne », une bande dessinée centrée cette fois sur les coulisses psychologiques de cette expérience. Selon Libération, l’ouvrage révèle les multiples angoisses qui ont accompagné sa collaboration avec l’astronaute français, bien au-delà du récit héroïque habituellement associé aux missions spatiales.

Dans ce nouveau projet, Marion Montaigne explore l’envers du décor : les doutes, les peurs et les pressions qu’elle a ressentis en documentant la vie de Pesquet avant, pendant et après son séjour à bord de la Station spatiale internationale (ISS). L’autrice, connue pour son approche pédagogique et décalée de la vulgarisation scientifique, y aborde notamment la gestion du stress, la pression médiatique et les défis personnels liés à la création d’un récit aussi ambitieux. Une plongée intime dans les coulisses de la bande dessinée, loin du ton enjoué de son précédent album.

Ce qu'il faut retenir

  • Marion Montaigne publie « Space Montaigne », une bande dessinée centrée sur ses angoisses lors de son travail avec Thomas Pesquet, neuf ans après « Dans la combi de Thomas Pesquet ».
  • L’ouvrage aborde les difficultés psychologiques rencontrées par l’autrice, notamment la gestion du stress et la pression liée à la couverture d’une mission spatiale.
  • L’angle adopté par Montaigne se distingue de son précédent travail, qui mettait davantage en avant l’aspect héroïque et technique de l’aventure de Pesquet.
  • La publication intervient alors que l’intérêt pour les missions spatiales habités reste soutenu, avec une actualité récente marquée par le retour de l’astronaute français de l’ISS en novembre 2024.

Un projet né d’un double enjeu : documenter et gérer l’angoisse

Marion Montaigne avait déjà marqué les esprits avec « Dans la combi de Thomas Pesquet », publié en 2017. Cet album, salué pour son équilibre entre humour et précision scientifique, retraçait les étapes de la mission Proxima de l’astronaute français. Pourtant, comme elle l’explique, ce succès a aussi été source de stress intense : « Ce n’était pas seulement une question de dessin, mais aussi de responsabilité, a-t-elle déclaré à Libération. Chaque case devait être juste, chaque détail vérifié. L’enjeu était double : informer le public sans trahir la réalité de l’espace. »

Avec « Space Montaigne », l’autrice inverse la perspective. Elle ne se concentre plus sur l’exploit technique ou la vie à bord de l’ISS, mais sur son propre vécu. Le livre mêle croquis préparatoires, témoignages et réflexions personnelles pour illustrer cette tension constante entre ambition créative et vulnérabilité. Une démarche qui tranche avec le ton souvent optimiste des récits spatiaux grand public.

Les coulisses d’une collaboration exigeante

La relation entre Marion Montaigne et Thomas Pesquet a joué un rôle central dans ce projet. Leur collaboration, débutée bien avant la mission Proxima, a exigé un équilibre subtil entre confiance et distance professionnelle. L’autrice évoque notamment les attentes élevées de l’astronaute envers la représentation de son aventure, ainsi que les contraintes liées à la médiatisation croissante des missions spatiales. « Pesquet voulait une bande dessinée qui montre l’humain derrière l’astronaute, mais aussi les limites de ce que l’on peut représenter, précise-t-elle. Ce n’était pas simple de concilier ces deux exigences. »

L’ouvrage inclut également des réflexions sur la place de l’artiste dans un domaine dominé par la science et la technique. Montaigne interroge, sans toujours trancher, la frontière entre vulgarisation et création artistique pure. Une question qui résonne d’autant plus aujourd’hui, à l’ère où les missions spatiales deviennent des événements médiatiques à part entière.

Et maintenant ?

La sortie de « Space Montaigne » intervient alors que le secteur spatial français et européen connaît une période de forte visibilité. Avec le retour de Pesquet sur Terre en novembre 2024 et les projets futurs de l’Agence spatiale européenne (ESA), l’intérêt pour les récits spatiaux devrait se maintenir. Marion Montaigne, dont le style a déjà conquis un large public, pourrait voir son travail prolongé par des adaptations ou des collaborations similaires. Reste à savoir si ce nouveau volet, plus intime, séduira autant que son prédécesseur. Une chose est sûre : l’autrice a déjà annoncé vouloir continuer à explorer les liens entre art et science, un thème qu’elle compte développer dans des projets à venir.

Pour les amateurs de bande dessinée et de vulgarisation scientifique, « Space Montaigne » est disponible en librairie depuis le 28 mai 2026, selon les informations communiquées par l’éditeur Dargaud. L’ouvrage s’inscrit dans la continuité d’une œuvre déjà riche, tout en ouvrant une nouvelle voie pour la représentation des défis spatiaux.

« Dans la combi de Thomas Pesquet » retraçait de manière humoristique et pédagogique la mission Proxima de l’astronaute, en mettant l’accent sur les aspects techniques et humains de l’aventure spatiale. « Space Montaigne », lui, se concentre sur l’expérience personnelle de l’autrice, Marion Montaigne, et ses angoisses liées à la création de ce récit, offrant ainsi une vision plus intime et psychologique du processus créatif.