L’action Marvell Technology a enregistré, le 2 juin 2026, la plus forte hausse de son histoire en une seule séance (+32,5 %), portant son cours à 290,79 dollars. Cette envolée spectaculaire fait suite aux propos de Jensen Huang, PDG de Nvidia, qui a qualifié Marvell de « prochaine entreprise à 1 000 milliards de dollars » lors du salon Computex à Taipei. Selon Cryptoast, ce rebond reflète l’importance croissante de Marvell dans l’écosystème de l’intelligence artificielle, où elle joue un rôle clé en tant que fournisseur d’infrastructures.

Ce qu'il faut retenir

  • Marvell Technology est un acteur historique des semi-conducteurs, passé du statut de fabricant de puces pour disques durs à celui de pilier de l’IA grâce à une série d’acquisitions stratégiques entre 2018 et 2021.
  • Le 2 juin 2026, son titre a bondi de 32,5 % en une seule séance, portant sa capitalisation à plus de 254 milliards de dollars.
  • L’entreprise, cotée au NASDAQ sous le ticker MRVL, est désormais un maillon essentiel des datacenters dédiés à l’IA, aux côtés de Nvidia.
  • Elle propose des puces sur mesure, des composants optiques et des solutions réseau, segments qui représentent 76 % de son chiffre d’affaires.
  • Malgré son rôle clé, son action affiche une volatilité élevée et une valorisation déjà très optimiste, selon les analystes.

Une entreprise en pleine mutation, des racines à l’ère de l’IA

Fondée en 1995 aux États-Unis, Marvell Technology a longtemps été spécialisée dans les puces pour disques durs. Mais c’est au cours des années 2010 que l’entreprise a opéré un virage stratégique majeur. Elle a notamment racheté Cavium en 2018, renforçant son expertise en processeurs réseau et sécurité, puis Avera en 2019 pour se lancer dans les puces sur mesure (ASIC). Sa fusion avec Inphi en 2021 a marqué un tournant en lui permettant de dominer le marché des composants optiques pour la transmission de données à très haute vitesse.

Cette transformation a fait de Marvell un acteur « fabless » — elle conçoit ses puces mais en confie la fabrication à des fonderies comme TSMC. Aujourd’hui, son segment Data Center représente 76 % de ses revenus et repose sur trois piliers : les puces sur mesure pour les hyperscalers, les composants optiques hérités d’Inphi, et les puces réseau et commutateurs qui interconnectent les serveurs au sein des datacenters.

Un bond boursier déclenché par les mots de Jensen Huang

Le catalyseur de l’envolée du 2 juin 2026 provient d’une déclaration de Jensen Huang, PDG de Nvidia, lors du Computex à Taipei. Aux côtés de Matt Murphy, son homologue chez Marvell, il a présenté l’entreprise américaine comme la « prochaine entreprise à 1 000 milliards de dollars ». Pour Huang, les solutions de connectivité et d’interconnexion de Marvell sont indispensables aux datacenters, où des milliers de puces doivent communiquer à très haute vitesse pour faire fonctionner les modèles d’IA.

Cette annonce a propulsé l’action Marvell de 47,09 dollars (plus bas sur 52 semaines) à près de 291 dollars en une journée, portant sa capitalisation de 192 milliards à plus de 254 milliards de dollars. Pourtant, selon Cryptoast, cette valorisation reste encore loin des 1 000 milliards évoqués : une progression de plus de 400 % serait nécessaire pour y parvenir, un scénario que certains analystes jugent excessivement optimiste.

Cette réaction s’inscrit dans un contexte où Nvidia a déjà pris une participation de 2 milliards de dollars dans Marvell en mars 2026, scellant un partenariat technologique autour des technologies d’interconnexion. Pour autant, des voix comme celle de Jim Cramer (CNBC) ont mis en garde contre une surréaction du marché à une simple déclaration, sans annonce concrète associée.

Marvell, l’infrastructure invisible mais indispensable de l’IA

Si Nvidia incarne la star médiatique de l’IA avec ses GPU, Marvell en constitue l’infrastructure invisible. Comme le souligne Cryptoast, si Nvidia construit « les voitures », Marvell construit « les routes » sur lesquelles circulent les données de l’IA. Son rôle se décline en deux axes principaux. D’abord, les puces sur mesure : Marvell est le deuxième acteur mondial sur ce segment, derrière Broadcom, et a remporté plus de 20 contrats pour la conception de puces IA destinées à entrer en production entre 2028 et 2029. L’entreprise vise 10 milliards de dollars de revenus pour cette activité d’ici 2029.

Ensuite, les composants optiques, hérités d’Inphi, qui permettent de transmettre des données à très haute vitesse au sein et entre les datacenters. Avec ses modules de nouvelle génération à 1,6 térabits, Marvell se positionne sur l’un des segments les plus porteurs de l’infrastructure IA. Cette expertise lui vaut un partenariat renforcé avec Nvidia, qui en fait un acteur complémentaire dans l’écosystème.

Les atouts qui plaident pour un investissement dans Marvell

Selon Cryptoast, plusieurs arguments militent en faveur d’un achat de l’action Marvell. D’abord, son positionnement unique dans l’IA, où elle fournit des solutions réseau, optiques et sur mesure sans lesquelles aucun datacenter dédié à l’IA ne pourrait fonctionner. Ensuite, sa croissance soutenue : le chiffre d’affaires de Marvell a progressé de 28 %, porté par un segment Data Center qui représente 76 % de ses revenus.

Autre point fort, la validation de Nvidia. L’investissement de 2 milliards de dollars en mars 2026, suivi de l’éloge public de Jensen Huang, envoie un signal fort au marché. Enfin, Marvell bénéficie d’un pipeline de contrats solide avec plus de 20 accords signés pour des puces sur mesure à livrer entre 2028 et 2029, offrant une visibilité pluriannuelle. Sa diversification géographique et sectorielle (puces réseau, optique, télécoms) réduit aussi sa dépendance à un seul produit.

Les risques à ne pas négliger avant d’investir

Malgré ces atouts, l’action Marvell présente des risques majeurs. Sa valorisation actuelle intègre déjà une grande partie de l’optimisme du marché. Après une hausse de 240 % depuis janvier 2026 et un bond de 32,5 % en une séance, plusieurs modèles d’analystes situent sa valeur d’équilibre bien en dessous du cours actuel. Acheter à ce niveau reviendrait à parier sur une poursuite du momentum, un pari risqué.

Autre écueil, la forte dépendance de Marvell à quelques hyperscalers comme AWS ou Microsoft. Une annulation ou un report d’un contrat majeur pourrait impacter significativement ses revenus. Enfin, l’entreprise est exposée aux tensions géopolitiques autour de Taïwan, où se trouve sa fonderie principale, TSMC. Son action est également connue pour sa volatilité, avec des mouvements parfois brutaux à la hausse comme à la baisse.

Où et comment acheter l’action Marvell ?

L’action Marvell est cotée au NASDAQ sous le ticker MRVL. En tant qu’action américaine, elle n’est pas éligible au PEA et nécessite un Compte-Titres Ordinaire (CTO). Plusieurs courtiers européens permettent d’y accéder, avec des frais variables. Selon Cryptoast, les plateformes les plus populaires incluent eToro, Trade Republic, Bitpanda, XTB, DEGIRO et Interactive Brokers, avec des frais allant de 0 € (pour DEGIRO ou IBKR) à 1 € par opération (Trade Republic) ou des spreads variables.

Il est important de noter que l’investissement en Bourse comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne garantissent pas les performances futures, et il est recommandé de ne investir que des sommes que l’on peut se permettre de perdre.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes pour Marvell pourraient se concentrer sur la concrétisation de ses 20 contrats de puces sur mesure, dont les livraisons sont prévues entre 2028 et 2029. Les résultats trimestriels à venir seront également scrutés pour confirmer la trajectoire de croissance de l’entreprise. Par ailleurs, une éventuelle correction du cours après l’euphorie du 2 juin pourrait offrir une opportunité d’entrée pour les investisseurs prudents. À suivre, notamment lors des prochaines publications financières de Nvidia et des hyperscalers partenaires de Marvell.

En définitive, Marvell s’impose comme un acteur clé de l’infrastructure de l’IA, mais son action affiche déjà une valorisation élevée. Pour les investisseurs à long terme acceptant une volatilité importante, elle pourrait constituer un complément intéressant à un portefeuille déjà exposé à Nvidia. Pour les autres, il pourrait être judicieux d’attendre une possible correction avant de se positionner.

Non, l’action Marvell, cotée au NASDAQ, n’est pas éligible au Plan d’Épargne en Actions (PEA) et nécessite un Compte-Titres Ordinaire (CTO).

Parmi les principaux concurrents de Marvell dans le domaine des infrastructures pour l’IA, on retrouve Broadcom (pour les puces sur mesure) et Intel (pour les solutions réseau et optiques), ainsi que des acteurs spécialisés comme Aquantia ou MaxLinear.