Selon RMC Sport, Mauro Gianetti, patron de l’équipe UAE Emirates-XRG et manager de Tadej Pogačar, a pris la parole ce samedi dans L’Équipe pour s’exprimer sur son implication passée dans plusieurs affaires de dopage ayant marqué sa carrière de dirigeant. À travers cet entretien, l’ancien manager de Saunier Duval, en poste de 2004 à 2011, a assumé certaines erreurs tout en rejetant toute responsabilité directe dans les cas de dopage avérés de coureurs qu’il a dirigés.
Ce qu’il faut retenir
- Mauro Gianetti, manager emblématique des années 2000, a dirigé des coureurs impliqués dans des affaires de dopage, comme Ricardo Ricco, Leonardo Piepoli et Juan José Cobo.
- Il affirme avoir été « victime » des circonstances et nie avoir pris de l’EPO durant sa propre carrière de coureur.
- En 2008, Ricco, alors sous ses ordres, avait été exclu du Tour de France après un contrôle positif à l’EPO de troisième génération.
- Gianetti évoque une plainte déposée en Italie contre des coureurs pour avoir nui à sa réputation et coûté des sponsors.
- Une enquête de Radio France en 2025 avait suggéré qu’il aurait fait pression pour étouffer une affaire de dopage le concernant en 1998.
Un passé de manager marqué par les affaires de dopage
Devenu manager de l’équipe Saunier Duval en 2004, Mauro Gianetti a encadré plusieurs coureurs dont les noms ont été associés à des scandales de dopage. Parmi eux figurent Ricardo Ricco, Leonardo Piepoli et Juan José Cobo, tous trois contrôlés positifs à différentes époques. « J’avais fait l’erreur de les prendre dans mon équipe », a reconnu Gianetti dans les colonnes de L’Équipe, selon RMC Sport. Il a ajouté avoir toujours nié avoir consommé lui-même de l’EPO au cours de sa carrière de coureur professionnel.
L’affaire la plus médiatisée reste celle de Ricco, exclu du Tour de France 2008 après un contrôle positif à l’EPO de troisième génération. À cette époque, le coureur italien était en mesure de rivaliser pour la victoire finale. Gianetti a rappelé qu’il avait demandé à Ricco de se soumettre à un test avant son recrutement. « L’UCI m’avait ensuite envoyé un papier indiquant qu’il avait un taux d’hématocrite naturellement supérieur à 50 % », a-t-il expliqué. « Je me sens la victime de ça. »
Gianetti se présente comme une victime des circonstances
Dans cet entretien, le Suisse a multiplié les références à sa position de « victime », évoquant à la fois les conséquences des affaires de dopage et la pression exercée sur sa réputation. « J’aurais dû réagir différemment, être plus clair avec la presse, expliquer que j’étais une victime », a-t-il déclaré. Il a justifié son attitude par la nécessité de « sauver le boulot de 70 personnes ». « On ne sait pas ce que nos enfants font quand ils sont dans la chambre, on ne sait pas non plus ce que font les coureurs à la maison », a-t-il souligné, évoquant ainsi l’impossibilité de contrôler tous les aspects de la vie des athlètes.
Gianetti a également évoqué une plainte déposée en Italie contre des coureurs qu’il accuse d’avoir terni sa réputation et coûté des sponsors à ses équipes. « J’avais porté plainte en Italie contre les coureurs qui m’avaient fait perdre des sponsors et qui avaient nui à ma réputation », a-t-il affirmé. Cette déclaration intervient dans un contexte où les questions de dopage restent sensibles dans le cyclisme, un sport régulièrement secoué par des scandales malgré les progrès des contrôles.
Une ancienne affaire de dopage remise en lumière en 2025
Avant le Tour de France 2025, Radio France avait publié une enquête révélant que Mauro Gianetti aurait fait pression pour étouffer une affaire de dopage le concernant en 1998. À l’époque, une défaillance physique avait conduit le Suisse à être hospitalisé, après une prise supposée de perfluorocarbone (PFC) en intraveineuse. Interrogé sur ce point, Gianetti s’est montré évasif : « C’est une question personnelle, ce que j’avais à dire, je l’ai déjà dit », a-t-il balayé, refusant d’en dire davantage. Cette affaire, remontant à près de trente ans, illustre les zones d’ombre persistantes autour des pratiques dopantes dans le cyclisme, même pour des figures aujourd’hui établies dans le milieu.
Ces révélations surviennent alors que Tadej Pogačar, actuel leader de l’équipe UAE Emirates-XRG, domine le Tour de France 2026. Le Slovène, en passe de remporter son cinquième succès sur l’épreuve, pulvérise les records et s’apprête à entrer dans l’histoire du cyclisme. Son succès contraste avec les ombres du passé de Gianetti, rappelant que les questions de dopage continuent de hanter le sport, y compris parmi ses dirigeants.
« J’avais fait l’erreur de les prendre dans mon équipe. »
— Mauro Gianetti, manager de UAE Emirates-XRG
La question de l’éthique dans le cyclisme reste plus que jamais d’actualité, à quelques jours de l’arrivée finale du Tour de France 2026. Les déclarations de Gianetti, bien que centrées sur sa propre défense, rappellent que le dopage n’est pas seulement l’affaire des coureurs, mais aussi celle de tout un écosystème. Reste à savoir si les fédérations et les équipes prendront des mesures supplémentaires pour garantir l’intégrité du sport.