Avec ses 2,16 mètres pour un nom qui pèse lourd dans l’histoire du sport mondial, Maxim Klitschko, 21 ans, évolue désormais sous les couleurs de l’AS Monaco Basket. Selon RMC Sport, le jeune joueur américain d’origine ukrainienne affronte Strasbourg ce dimanche, dans un match qui marque une nouvelle étape pour ce géant au parcours atypique. Entre héritage familial et conflit en Ukraine, son parcours incarne à la fois la résilience et l’ambition.
Ce qu'il faut retenir
- Maxim Klitschko, 21 ans, évolue désormais en professionnel à l’AS Monaco Basket, après avoir rejoint le club en 2024 pour parfaire sa formation.
- Fils de Vitali Klitschko, légende de la boxe et maire de Kiev, il n’a jamais pratiqué la boxe mais entend perpétuer l’héritage sportif familial sous les couleurs de l’Ukraine.
- International ukrainien depuis février 2025, il a connu un début tardif en basket, démarré à 16 ans seulement après avoir pratiqué natation, football et tennis.
- Malgré la guerre en Ukraine, il porte fièrement les couleurs de son pays et a vu son père, Vitali Klitschko, seulement deux ou trois fois depuis le début du conflit.
- Son objectif ? Intégrer une équipe américaine en NCAA pour la saison prochaine, avec le soutien de son représentant, l’ancien champion olympique Oleksandr Volkov.
Un héritage familial qui dépasse le sport
Maxim Klitschko porte un nom qui résonne bien au-delà des rings de boxe. Fils de Vitali Klitschko, multiple champion du monde poids lourds entre 1999 et 2013, et actuel maire de Kiev depuis 2014, il évolue dans l’ombre d’une famille aux palmarès sportifs exceptionnels. Son oncle, Wladimir Klitschko, possède également plusieurs ceintures mondiales en boxe. Malgré cette lignée, Maxim n’a jamais pratiqué la noble art : « C’est un honneur de porter ce nom », déclare-t-il. « Je veux m’inscrire dans la continuité de l’héritage que ma famille a déjà construit dans le sport ukrainien. »
Arrivé à Monaco à l’été 2024, il a commencé le basket tardivement, à 16 ans seulement. Après une première licence en 2021 à Oxford en Grande-Bretagne, il a ensuite évolué dans un lycée américain du Connecticut, la Taft School. « J’ai pratiqué beaucoup de disciplines avant le basket. De la natation, du football, du tennis… », raconte-t-il. Un parcours éclectique qui ne l’a pas empêché de faire ses débuts professionnels en mars 2025, à 20 ans, face au Mans (99-85), avec 26 minutes de jeu.
Une progression fulgurante malgré un contexte difficile
Sous la direction de Mickaël Pivaud, directeur du centre de formation de la Roca Team et entraîneur des Espoirs, Maxim Klitschko s’impose peu à peu comme un joueur prometteur. « C’est un garçon qui a une grosse marge de progression », confie Pivaud. « On a énormément de travail, mais il progresse de jour en jour et arrive déjà à performer avec le minimum de base. » Ses statistiques parlent d’elles-mêmes : en moyenne 14 points et 7 rebonds en 26 minutes par match en Espoirs Elite cette saison.
Son dernier match face à l’Asvel en avril 2026 illustre cette montée en puissance : 8 points à 100 % au tir, 3 rebonds et 1 passe décisive en 18 minutes. « Je n’ai jamais fait de boxe », précise-t-il. « Parfois j’étais en salle avec mon père, il me montrait des exercices, mais je ne suis jamais monté sur le ring. Pour mon père, l’important était surtout de faire du sport. » Une approche qui contraste avec l’héritage familial, mais qui correspond à sa passion pour le basket.
Entre guerre et rêve monégasque : un équilibre précaire
Le conflit russo-ukrainien, débuté en février 2022, a bouleversé la vie de Maxim. Coupé de sa famille, il n’a vu son père, Vitali Klitschko, que « deux ou trois fois » depuis le début de la guerre. « Évidemment, il doit être là-bas et il fait de son mieux pour défendre le pays », confie le basketteur. Une situation qu’il vit avec maturité : « Ce n’est vraiment pas simple d’être loin de ma famille, de mon pays. J’essaie de rester concentré sur ce que je peux contrôler. Il y a des gens en Ukraine qui souffrent bien davantage que moi. »
Malgré tout, il garde espoir : « Son rêve, c’est de venir à un match ici à Monaco, quand la guerre sera terminée. » Une perspective qui motive son travail quotidien. Son entraîneur, Mickaël Pivaud, souligne sa maturité : « On a un préparateur mental qui l’aide régulièrement. Je ne le gère pas comme tout le monde, mais il a beaucoup plus de maturité que les autres avec son expérience de vie. »
Né à Los Angeles en 2005, Maxim Klitschko est américano-ukrainien, mais son choix de représenter l’Ukraine en sélection était une évidence. International depuis février 2025, il porte fièrement les couleurs jaune et bleue. « Je n’ai jamais vraiment envisagé de jouer pour un autre pays », affirme-t-il. « Pour ma famille, c’était aussi un rêve de me voir représenter, comme eux, l’Ukraine. »
Un avenir professionnel qui passe peut-être par les États-Unis
Si l’AS Monaco a été une étape clé dans sa progression, Maxim Klitschko pourrait bientôt prendre une nouvelle direction. Oleksiy Yefimov, manager général de l’ASM et également ukrainien, envisage un avenir en dehors de la Principauté. « La priorité est désormais de choisir l’environnement qui favorisera sa progression à long terme », explique-t-il. « La prochaine étape logique pourrait être la NCAA. »
Représenté par Oleksandr Volkov, champion olympique 1988 et premier Soviétique à évoluer en NBA, Maxim pourrait donc effectuer un nouveau passage par les États-Unis. Une opportunité qui s’inscrit dans une logique de développement sportif, mais aussi de reconstruction personnelle. « Je suis aussi très intéressé par la politique », confie-t-il. « Je voulais étudier le droit avant de me lancer dans le basket. » De quoi imaginer une reconversion dans ce domaine plus tard ? « Je préférerais éviter. Selon mon père, sa carrière sportive était la partie la plus facile de son parcours. La politique est très exigeante. Se consacrer entièrement à son pays, à son peuple, c’est très prenant. Si je devais entrer en politique, j’aimerais être aussi bon que lui. »
Une sensibilité politique et sociale qui le distingue
À Monaco, Maxim Klitschko n’est pas seulement un basketteur prometteur : c’est aussi un jeune homme attentif aux enjeux de société. « Il est intéressé par beaucoup de sujets, que ce soit avec le staff ou avec les joueurs », observe Mickaël Pivaud. « C’est quelqu’un de très intelligent et socialement très malin. » Une curiosité qui se ressent dans les vestiaires, où les discussions dépassent souvent le cadre sportif.
Avec son entraîneur en dernière ligne de son cursus espoir, il prépare activement la suite de sa carrière. « On est sur la fin du cursus espoir, il est en dernière année », précise Pivaud. Une période charnière qui déterminera la suite de son parcours, entre Monaco et une possible aventure américaine.
Pour l’instant, Maxim Klitschko se concentre sur son sport et sur son pays. Alors que la guerre en Ukraine se poursuit, son parcours est à la fois un symbole de résilience et une preuve que le sport peut transcender les frontières et les drames. Dans les semaines à venir, ses performances sur le parquet monégasque et ses choix professionnels pourraient bien redéfinir les contours de sa jeune carrière.
Selon ses déclarations rapportées par RMC Sport, Maxim Klitschko n’a jamais pratiqué la boxe. Bien qu’il ait parfois accompagné son père, Vitali, en salle d’entraînement, il n’a jamais monté sur un ring. Pour ce dernier, l’objectif était avant tout de faire du sport, sans imposer de discipline spécifique à son fils.