À 23 ans, Maxime Baudonne incarne un profil atypique dans le rugby professionnel français. Avec seulement 97 kg pour 1,90 m, ce troisième ligne du Racing 92 fait figure d’exception dans un championnat où les gabarits imposants dominent. Malgré ce physique moins massif que ses adversaires, il a disputé toutes les rencontres du Top 14 cette saison, un exploit partagé avec le Palois Mickaël Desperes. 236 plaquages réussis, un titre de meilleur plaqueur du championnat et une place de titulaire indiscutable dans une équipe en quête de qualification pour les phases finales : autant dire que son profil, à la fois rapide et technique, a su séduire l’encadrement parisien.

Selon RMC Sport, Baudonne revient sur une saison marquée par les défis sportifs, les enjeux collectifs et les ambitions personnelles, entre fidélité au maillot et espoirs d’une première cape en bleu.

Ce qu'il faut retenir

  • Maxime Baudonne est l’un des rares troisièmes lignes du Top 14 à ne pas dépasser les 100 kg, avec un poids de 97 kg pour 1,90 m.
  • Il a joué tous les matchs de la saison 2025-2026 avec le Racing 92, un exploit partagé avec le Palois Mickaël Desperes.
  • Avec 236 plaquages réussis, il est le meilleur plaqueur du championnat cette saison.
  • Le Racing 92, malgré une défaite à domicile contre La Rochelle, reste en course pour les phases finales à deux journées de la fin du Top 14.
  • Baudonne souligne l’importance de l’esprit club et de la transmission des valeurs au sein d’une équipe en reconstruction.
  • Il évoque la transition vers le stade Yves-du-Manoir en 2027 comme un espoir de renforcer l’identité racingiste.

Une saison sous tension et l’ambition de briller en phase finale

La défaite du Racing 92 face à La Rochelle à l’Arena Paris La Défense, le 18 janvier 2026, a marqué un coup d’arrêt dans la course au Top 6. « On avait à cœur de rester invaincu à l’Arena pour cette dernière saison complète dans ce stade », confie Baudonne à RMC Sport. Les enjeux étaient multiples : un dernier exercice dans un stade emblématique, une pression palpable, mais aussi la nécessité de croire encore en une qualification directe. « Malgré tout, on est toujours en course et on sait que rien n’est perdu. »

L’ambition collective est palpable dans les discours, comme en témoigne Patrice Collazo, l’entraîneur du Racing 92. « Patrice a ramené un élan, un esprit club où tout le monde est sur la même page », explique Baudonne. Les jeunes espoirs s’entraînent désormais aux côtés des professionnels, créant une dynamique nouvelle. « Les échanges sont nombreux, et la qualité des jeunes catégories est en nette progression par rapport aux années précédentes. » Une évolution saluée par le troisième ligne, qui y voit un gage de performance pour les saisons à venir.

Un rôle grandissant dans la transmission des valeurs du Racing

La saison 2025-2026 a été marquée par le départ de cadres historiques comme Henry Chavancy, Eddy Ben Arous ou Boris Palu. Baudonne, désormais parmi les plus anciens du groupe, assume une part de responsabilité dans la transmission des valeurs du club. « Il y a Antoine Gibert, Hassane Kolingar, Ibou Diallo… Maintenant, c’est à nous de porter cet esprit club aux nouveaux joueurs, aux étrangers », précise-t-il. Pour lui, l’enjeu est double : faire comprendre l’importance du maillot et incarner l’exemple sur le terrain.

Le défi est d’autant plus grand que le Racing 92 évolue dans un environnement parisien où les supporters sont moins visibles au quotidien qu’à Toulon ou Perpignan. « Quand ça perd dans ces villes, tout le monde le sent. Chez nous, c’est différent », reconnaît Baudonne. Le retour prévu à Colombes en 2027, après plus de vingt ans d’absence, est perçu comme une opportunité de renforcer ce lien. « Je suis content et fier de retourner à Yves-du-Manoir, où tout a commencé pour moi. J’ai hâte de voir ce qu’ils vont en faire, apparemment, ça va être un super stade. »

Un profil atypique qui s’impose par ses qualités

Avec 236 plaquages réussis, Baudonne est le meilleur plaqueur du championnat cette saison. Un titre dont il est fier, même s’il estime que ce n’est pas son secteur de prédilection. « Ce n’est pas forcément là que je me sens le plus fort, mais c’est un domaine où je prends du plaisir », confie-t-il. Son rôle de pont entre les avants et les trois-quarts lui permet de s’illustrer dans la lecture des jeux et la couverture des espaces.

Son profil, moins massif que ses homologues, est souvent questionné. Pourtant, Baudonne a toujours su tirer parti de ses atouts : une agilité remarquable, une capacité à combler les espaces et une efficacité en touche, où sa légèreté lui permet de sauter plus haut. « Je me suis accepté comme j’étais et j’ai essayé de tirer le maximum de mon profil », explique-t-il. Une philosophie qui a fait ses preuves depuis ses débuts à 15 ans, où on lui répétait invariablement qu’il fallait « prendre du muscle ». « Aujourd’hui, je joue au plus haut niveau avec ce gabarit, et je pense que j’apporte des choses que les joueurs plus lourds ne font pas forcément. »

Une intégration au XV de France comme objectif à moyen terme

Après avoir été appelé en urgence par Fabien Galthié pour un match du Tournoi des Six Nations 2026 à Marcoussis, alors qu’il se trouvait en Guadeloupe, Baudonne rêve désormais d’intégrer le groupe France. « On l’a dans le coin de la tête, c’est un objectif à moyen terme », confie-t-il. Installé au Racing 92, il reconnaît que jouer dans un club moins en vue que Toulouse ou Bordeaux complique la tâche. « Si tu joues à Toulouse ou Bordeaux, des équipes qui gagnent, tu as plus de chances d’y accéder », admet-il. Pourtant, il reste lucide : « Il faut être encore plus dominant dans les autres équipes. »

Ses performances cette saison pourraient lui ouvrir les portes du XV de France, d’autant que des profils similaires, comme Oscar Jégou ou Mathias Haddad, ont déjà émergé. « Avant, il n’y avait pas beaucoup de troisièmes lignes comme moi. Aujourd’hui, on est un peu plus nombreux, et c’est tant mieux. »

Une fin de saison à suspense et un avenir sous le signe de l’ambition

Avec deux journées restantes en Top 14, le Racing 92 reste en lice pour les phases finales, malgré un calendrier difficile. « On a tout à gagner », estime Baudonne. « On sait qu’on est presque out aujourd’hui parce qu’on a des matchs très compliqués et que les équipes au-dessus de nous ont un calendrier plus facile. Mais malgré tout, on y croit à 100%. Moi, je pense qu’on peut le faire et qu’on va le faire. »

Côté personnel, Baudonne mise sur la régularité pour enchaîner les matchs. « Depuis que je joue au Racing, quand t’es apte, tu joues et il faut être performant. Ma seule blessure sérieuse, c’était lors de ma première saison, à 19 ans. Depuis, j’ai eu de la chance. » Son hygiène de vie, entre alimentation équilibrée et sommeil, reste un pilier de sa préparation. « On reste des êtres humains, on a nos moments de plaisir, mais sur les semaines importantes, on fait attention. »

Et maintenant ?

Le Racing 92 va devoir se battre lors des deux dernières journées du Top 14 pour décrocher une place en phases finales. Si l’équipe parvient à se qualifier, Baudonne et ses coéquipiers pourraient vivre un printemps rugbystique intense. Par ailleurs, la transition vers le stade Yves-du-Manoir en 2027 devrait renforcer l’identité du club, un enjeu que le troisième ligne parisien compte bien accompagner. Enfin, une éventuelle convocation en équipe de France dépendra des performances de Baudonne lors des prochains matchs, ainsi que des choix de Fabien Galthié.

Une saison 2025-2026 qui s’achève donc sur une note d’incertitude, mais aussi d’espoir pour Maxime Baudonne et le Racing 92. Entre fidélité à un club et quête de reconnaissance individuelle, le jeune troisième ligne incarne une nouvelle génération de joueurs capables de bousculer les codes du rugby français.

Maxime Baudonne mesure 1,90 m pour un poids de 97 kg en cette saison 2025-2026, selon les données communiquées à RMC Sport.

Il a enregistré 236 plaquages réussis au cours du championnat 2025-2026, ce qui en fait le meilleur plaqueur du Top 14 cette saison.