Le réseau Megarama, exploitant d'une trentaine de multiplexes en France, a adressé une demande particulière aux distributeurs le 3 mars dernier. Selon France Inter, Megarama accuse certaines petites salles municipales de créer une distorsion de concurrence en termes d'exposition et de tarification des places pour les films en sortie nationale.
Ce qu'il faut retenir
- Megarama demande aux distributeurs de boycotter des petites salles municipales accusées de distorsion de concurrence
- Les cinémas visés se trouvent dans le Val-de-Marne, l'Essonne et l'Oise
- Le réseau Megarama affirme que ces salles pratiquent des tarifs plus bas que les multiplexes
Une concurrence jugée déloyale
Dans le mail consulté par France Inter, Megarama pointe du doigt plusieurs salles municipales situées dans le Val-de-Marne, l'Essonne et l'Oise, accusées de fausser la concurrence en offrant des prix attractifs et en programmant les films en décalage par rapport aux multiplexes. Ces cinémas subventionnés vendent effectivement des billets à des tarifs inférieurs à ceux pratiqués par Megarama, ce qui selon l'exploitant engendre une concurrence déloyale.
Réactions et conséquences
Cette démarche a suscité des réactions dans le milieu cinématographique. Pour François Aymé, directeur du cinéma Jean Eustache à Pessac et ancien président de l'Association française des cinémas d'art et d'essai, il s'agit d'une tentative de mettre en place un système favorisant les multiplexes au détriment des petites salles. Il souligne que la majorité des entrées se réalisent dans les deux premières semaines, ce qui handicape les cinémas avec des sorties décalées.
Les suites de cette affaire
Le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) étudie actuellement le mail de Megarama en collaboration avec la médiatrice du cinéma. En 2025, un comité de concertation avait été créé pour apaiser les tensions entre exploitants et distributeurs, dans un contexte de fréquentation fragile des salles de cinéma. Selon un spécialiste du secteur, la véritable concurrence provient davantage des plateformes de vidéo à la demande que des petites salles aux modèles économiques différents.