Melvil Vedrenne-Cloquet, 13 ans, sacré champion de France juniors de tennis fauteuil en 2025 à Roland-Garros, s’est distingué cette semaine en participant à l’encadrement des ramasseurs de balles lors des matchs de tennis fauteuil au tournoi parisien. L’adolescent, atteint d’amyotrophie spinale (SMA), une maladie neuromusculaire rare diagnostiquée à l’âge de deux ans, incarne à la fois la performance sportive et l’engagement en faveur de l’inclusion des personnes en situation de handicap, selon Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Melvil Vedrenne-Cloquet, 13 ans, est le 3e joueur français et 49e mondial en tennis fauteuil chez les juniors.
  • Atteint d’amyotrophie spinale (SMA), une maladie rare diagnostiquée à 2 ans, il milite pour le handisport via son projet On Wheels Movement.
  • Classé 3e Français et 49e mondial en juniors, il défend son titre de champion de France à Roland-Garros fin juin 2026.
  • Il participera à la finale dames du tournoi fauteuil (Diede De Groot vs Ksénia Chasteau) et à la finale hommes (Alfie Hewett vs Tokito Oda) en tant que ramasseur de balles.
  • Son projet Instagram met en lumière les para-athlètes pour lutter contre les clichés du handisport perçu comme une « charité ».

Ce samedi 6 juin 2026, Porte d’Auteuil, Melvil Vedrenne-Cloquet a endossé le rôle de ramasseur de balles lors de la finale dames du tournoi de tennis fauteuil, aux côtés de Manon Dayan, 17 ans, elle aussi en situation de handicap. Les deux adolescents, membres des « Ballos » — ces équipes traditionnelles de ramasseurs qui animent les matchs du Grand Chelem parisien — ont entonné leur chant emblématique avant de prendre position sur la terre battue. Leur présence s’inscrit dans le cadre du programme « Roland-Garros pour tous », dédié à l’accessibilité et à l’inclusion, comme le rapporte Le Figaro.

Melvil Vedrenne-Cloquet, dont la famille est originaire de France, de Grande-Bretagne et de Thaïlande, a découvert le tennis fauteuil dès l’âge de cinq ans. Il a participé à des essais cliniques pour faire avancer la recherche médicale sur sa pathologie, l’amyotrophie spinale (SMA). Cette maladie génétique neuromusculaire, qui touche environ 120 nouveaux cas par an en France, se classe parmi les plus fréquentes chez l’enfant après la mucoviscidose. « L’amyotrophie spinale affaiblit les muscles de mes jambes et de mon ventre, qui fonctionnent très différemment des vôtres. Je ne peux ni courir ni sauter. Un mètre pour moi équivaut à cinq mètres pour vous », avait-il expliqué dans une vidéo diffusée en 2021 à ses camarades de classe à la Westminster School de Londres.

Un projet pour briser les préjugés : On Wheels Movement

En dehors des courts, Melvil Vedrenne-Cloquet mène une initiative ambitieuse : On Wheels Movement, un projet Instagram qui vise à mettre en lumière les parcours et les performances des athlètes handisports. « Le parasport se perçoit souvent comme une charité. Mais il y a des athlètes incroyables, comme dans le tennis, et je veux que les gens voient ça », a-t-il expliqué. Chaque semaine, il publie des messages de motivation accompagnés de clips mettant en scène des figures du sport mondial, de Kobe Bryant à Roger Federer, en passant par Novak Djokovic, qui avait tenté — non sans difficulté — une session de tennis fauteuil à l’Open d’Australie en 2017.

Son modèle ? Tokito Oda, le Japonais considéré comme l’un des meilleurs joueurs de tennis fauteuil au monde, avec sept titres du Grand Chelem à son palmarès. « J’essaie de prendre la balle tôt pour enlever du temps à mon adversaire et finir le point le plus vite possible », précise-t-il, s’inspirant du style de jeu agressif du Japonais. Melvil, dont le joueur préféré est également Tokito Oda, rêve aujourd’hui de fouler un jour les courts de Roland-Garros en tant que compétiteur, et non plus seulement en tant que ramasseur.

Entre sport, philosophie et engagement

À seulement 13 ans, Melvil Vedrenne-Cloquet mène une vie déjà bien remplie. Étudiant à la Stanford Online High School, il suit un enseignement en philosophie en parallèle de sa scolarité britannique. Fan inconditionnel du club de football d’Arsenal, il a également assisté à la finale de la Ligue des champions à Lyon en 2022, où son club a été battu par le PSG. « Sans mon handicap, je ne pourrais pas faire tout ça. Je ne pourrais pas venir à Roland-Garros et jouer au tennis », souligne-t-il, faisant de sa maladie une force plutôt qu’un obstacle.

Son quotidien est rythmé entre les entraînements, les compétitions et la gestion de son projet On Wheels Movement. Il vit à Londres, où il a pu bénéficier d’un environnement scolaire et sportif adapté à ses besoins. « J’espère améliorer les moyens des médecins pour guérir ma pathologie, et aider les autres personnes dans mon cas », confie-t-il. Son engagement ne se limite pas au tennis : il souhaite montrer que le handisport est un domaine où excellence et dépassement de soi sont possibles, loin des clichés de la charité.

Un avenir entre compétitions et sensibilisation

Fin juin 2026, Melvil Vedrenne-Cloquet reviendra à Roland-Garros pour défendre son titre de champion de France juniors, un tournoi qu’il a remporté l’an passé au sein du Roland-Garros Tennis Club. Classé troisième joueur français et 49e mondial dans sa catégorie, il mise sur cette compétition pour poursuivre son ascension sportive et médiatique. Après avoir brillé comme ramasseur cette semaine, il espère un jour concourir sous les couleurs des courts Philippe-Chatrier.

Son parcours illustre une tendance croissante : celle des jeunes athlètes handisports qui utilisent leur notoriété pour sensibiliser le grand public. À travers On Wheels Movement, Melvil cherche à montrer que le handisport n’est pas une fin en soi, mais un tremplin vers l’inclusion et la reconnaissance des talents, quel que soit le handicap. Son histoire, à la fois sportive et militante, pourrait inspirer de nombreux jeunes confrontés à des défis similaires.

Et maintenant ?

Melvil Vedrenne-Cloquet devrait participer à plusieurs tournois juniors en Europe d’ici la fin de l’année 2026, avec pour objectif de progresser dans le classement mondial et de se rapprocher du niveau senior. Son projet On Wheels Movement pourrait également s’étendre, avec l’ambition de collaborer avec d’autres fédérations ou athlètes para-sportifs pour amplifier son impact. La prochaine édition de Roland-Garros, en mai-juin 2027, pourrait marquer un tournant s’il parvient à se qualifier en tant que compétiteur. Reste à voir si son double rôle de ramasseur et de champion en devenir lui ouvrira les portes d’une carrière professionnelle dans le tennis fauteuil.

Melvil Vedrenne-Cloquet incarne une nouvelle génération d’athlètes handisports, dont la réussite dépasse le cadre sportif pour toucher à l’inclusion et à la représentation. Son histoire rappelle que le handicap, lorsqu’il est accompagné des bons outils et de la bonne détermination, peut devenir un levier de performance et d’inspiration. À 13 ans, il a déjà un message clair : le handisport n’est pas une exception, mais une preuve supplémentaire que le talent n’a pas de limites.

L’amyotrophie spinale (SMA) est une maladie génétique neuromusculaire rare qui entraîne une faiblesse progressive des muscles, notamment ceux des jambes et du ventre. Elle se manifeste généralement dans l’enfance et peut limiter les capacités motrices, comme la marche ou la course. Environ 120 nouveaux cas sont détectés chaque année en France, ce qui en fait l’une des maladies neuromusculaires les plus fréquentes chez l’enfant après la mucoviscidose.

Selon les informations disponibles, Melvil Vedrenne-Cloquet gère son projet On Wheels Movement principalement via son compte Instagram, où il publie du contenu gratuitement. Le projet repose sur l’engagement bénévole et la visibilité médiatique offerte par les réseaux sociaux. Il pourrait également bénéficier de soutiens institutionnels ou associatifs dans le cadre de son engagement pour le handisport, mais aucune source ne mentionne de financement externe à ce stade.