Un projet de proposition d’amélioration technique pour Bitcoin (BIP) vient d’être publié par Jonas Nick, cryptographe chez Blockstream. Selon nos confrères de Cryptoast, ce document introduit SHRINCS (« Shrunken SPHINCS »), un schéma de signature post-quantique spécifiquement conçu pour répondre aux contraintes du réseau Bitcoin.

Ce qu'il faut retenir

  • SHRINCS est une proposition de système de signatures post-quantiques pour Bitcoin, publiée le 26 août 2026 par Jonas Nick, chercheur chez Blockstream.
  • Le projet vise à protéger les transactions contre les futures machines quantiques, tout en limitant l’impact sur la taille des blocs.
  • SHRINCS combine deux types de signatures : une méthode principale légère et une solution de secours en cas de perte de données.
  • Le document définit les mécanismes de génération des clés, de signature et de vérification, avec une implémentation de référence disponible sur GitHub.
  • L’intégration de SHRINCS à Bitcoin n’est pas encore à l’ordre du jour et reste à un stade préliminaire.

Cette initiative intervient alors que les avancées en informatique quantique soulèvent des questions sur la sécurité à long terme des protocoles cryptographiques actuels, dont Bitcoin fait partie. Selon les experts, une machine quantique suffisamment puissante pourrait, à terme, menacer les systèmes de signature utilisés aujourd’hui sur le réseau. SHRINCS se positionne comme l’une des réponses techniques envisagées pour anticiper cette menace.

Une réponse technique aux enjeux de la cryptographie post-quantique

Publiée sur les réseaux sociaux le 26 août 2026, la proposition de Jonas Nick marque une étape concrète dans la réflexion sur l’adaptation de Bitcoin aux défis posés par l’informatique quantique. Le chercheur précise que le projet « transforme une idée initiale en algorithmes précis avec une implémentation de référence exécutable ».

« Aujourd’hui, nous publions BIP SHRINCS, la première proposition concrète d’un schéma de signature post-quantique conçu spécifiquement pour Bitcoin. »
Il ajoute que le document fournit les bases techniques nécessaires pour que la communauté des développeurs et cryptographes puisse désormais tester, analyser et proposer des modifications.

SHRINCS mise sur des fonctions de hachage déjà éprouvées, comme SHA-256, déjà utilisée par Bitcoin. Le système combine deux types de signatures : une méthode principale, plus légère mais nécessitant que le portefeuille conserve certaines informations, et une seconde solution, plus lourde mais servant de filet de sécurité en cas de perte de ces données, par exemple après une restauration. L’objectif est de trouver un équilibre entre sécurité renforcée et efficacité opérationnelle, un défi de taille pour un réseau aussi exigeant que Bitcoin.

Un impact limité sur la blockchain, mais des étapes à franchir

L’un des enjeux majeurs de SHRINCS réside dans sa capacité à limiter l’impact des signatures post-quantiques sur la taille des blocs. Les signatures actuelles de Bitcoin sont relativement compactes, mais les solutions post-quantiques tendent à être plus volumineuses. Le projet de Jonas Nick cherche donc à optimiser cette dimension pour éviter d’alourdir inutilement la blockchain. Pour autant, l’intégration de SHRINCS à Bitcoin n’est pas immédiate.

Plusieurs étapes restent à franchir avant qu’une telle modification ne puisse être envisagée. Le document publié par Nick se concentre uniquement sur l’aspect cryptographique. Une utilisation concrète de SHRINCS dans Bitcoin Script nécessiterait un BIP distinct, suivi de nouveaux travaux techniques. De plus, une preuve de sécurité correspondant précisément aux constructions et paramètres retenus doit encore être élaborée. La gestion des sauvegardes, la récupération après une perte d’état et l’intégration dans les wallets devront également être approfondies.

Une solution parmi d’autres dans un paysage en mutation

SHRINCS ne se présente pas comme le système de signature post-quantique définitif pour Bitcoin, mais comme l’une des pistes actuellement étudiées. Sa publication permet surtout de faire évoluer le débat, passant d’une réflexion générale à l’étude d’une proposition technique concrète et opérationnelle. D’autres initiatives, comme le BIP-360, ont également été évoquées récemment pour préparer Bitcoin à l’ère post-quantique. Mattis Meichler, journaliste spécialisé dans la blockchain et auteur de l’article source, souligne que la communauté Bitcoin semble progressivement prendre conscience de l’urgence à agir.

Selon les estimations des experts, les premières machines quantiques capables de menacer les cryptosystèmes actuels pourraient émerger d’ici une à deux décennies. Pour autant, les développeurs de Bitcoin estiment qu’il est préférable d’anticiper dès maintenant, afin d’éviter une transition brutale en cas de besoin. Les travaux autour de SHRINCS s’inscrivent dans cette logique de préparation progressive.

Et maintenant ?

La publication de SHRINCS marque le début d’un processus collaboratif au sein de la communauté Bitcoin. Les prochains mois devraient voir émerger des discussions techniques approfondies, des tests et des retours d’expérience sur l’implémentation proposée. Une intégration à Bitcoin n’est pas attendue avant plusieurs années, le temps que les travaux aboutissent à un consensus technique et opérationnel. En attendant, les utilisateurs et investisseurs peuvent suivre l’évolution de ces projets pour mieux comprendre les enjeux de sécurité à long terme de leur portefeuille numérique.

La question de la menace quantique sur Bitcoin reste donc un sujet à surveiller de près. Si les progrès en informatique quantique sont réels, leur impact sur les cryptomonnaies dépendra de nombreux facteurs, dont la rapidité d’adaptation des protocoles existants.

L’informatique quantique pourrait, à terme, permettre de casser les algorithmes de signature utilisés aujourd’hui sur Bitcoin, comme la courbe elliptique ECDSA. Une machine quantique suffisamment puissante serait en mesure de calculer les clés privées à partir des clés publiques, mettant ainsi en péril la sécurité des fonds.

Non, SHRINCS n’est encore qu’une proposition technique en phase de test. Son intégration au protocole Bitcoin nécessitera plusieurs années de développement et de validation par la communauté avant d’envisager une adoption.