Selon BFM Business, les cartels mexicains étendent leur champ d’action en s’attaquant désormais aux avocats, professionnels chargés de défendre leurs rivaux ou de traiter des affaires liées au crime organisé. Cette escalade de la violence intervient dans un contexte déjà marqué par une instabilité chronique dans certaines régions du pays.
Ce qu'il faut retenir
- 943 euros : c’est le coût moyen annuel d’un animal de compagnie en France, selon les dernières estimations disponibles.
- Au Bangladesh, le secteur textile traverse une crise majeure, affectant des milliers de travailleurs et d’exportateurs.
- La sécheresse persistante en France menace d’entraîner une flambée des prix des fruits et légumes, alerte Daniel Sauvaitre, secrétaire général d’Interfel.
- Les tarifs du carburant repartent à la hausse en France, avec une nouvelle augmentation enregistrée ces derniers jours.
- Les incendies dans le massif de l’Esterel ont perturbé le travail de nombreux salariés, notamment ceux de La Poste, contraints de poser des RTT ou de rattraper leurs heures.
- Un enfant de 8 ans a été grièvement brûlé après l’explosion d’un jouet « squishy » en France.
Une profession en première ligne face à l’escalade de la violence
Les avocats mexicains, en particulier ceux spécialisés dans la défense des accusés de trafic de drogue ou de crimes liés aux cartels, deviennent des cibles privilégiées des groupes criminels. Selon les autorités judiciaires locales, plusieurs dizaines d’avocats auraient été assassinés ou menacés au cours des douze derniers mois, principalement dans les États de Michoacán, Tamaulipas et Guerrero. Ces régions, déjà en proie à des conflits armés entre cartels rivaux, voient désormais les professionnels du droit pris pour cible, que ce soit pour leur rôle dans les procédures judiciaires ou pour des raisons plus obscures, liées à des règlements de comptes internes.
« C’est une réalité que l’on subit au quotidien », a déclaré un avocat sous couvert d’anonymat à BFM Business. « Nous sommes désormais perçus comme des obstacles par certains groupes, qui n’hésitent plus à recourir à l’intimidation ou à la violence pour faire taire nos voix. » Les menaces prennent souvent la forme d’appels anonymes, de messages sur les réseaux sociaux, ou parfois de tentatives d’enlèvement ciblant les familles des professionnels. Les autorités mexicaines, déjà débordées par la violence des cartels, peinent à protéger efficacement cette catégorie de la population.
Un contexte déjà explosif aggravé par l’impunité
Cette recrudescence de violences contre les avocats s’inscrit dans un paysage déjà très tendu au Mexique, où les cartels contrôlent des pans entiers de l’économie et de la société. Selon les dernières données du gouvernement mexicain, plus de 35 000 homicides ont été recensés en 2025, un chiffre en légère baisse par rapport à 2024, mais qui reste parmi les plus élevés au monde. Les cartels, tels que le Cartel de Sinaloa ou le Cartel Jalisco Nueva Generación, étendent leur influence bien au-delà du trafic de stupéfiants, en infiltrant les institutions locales, les forces de police et même le système judiciaire.
Les avocats, en tant qu’intermédiaires entre les accusés et la justice, se retrouvent ainsi pris en étau entre les exigences des cartels et les attentes de l’État. « Certains de mes confrères ont dû fuir leur région ou abandonner leur métier par peur des représailles », confie un défenseur des droits humains basé à Mexico. Les associations de la société civile dénoncent une impunité généralisée, où moins de 10 % des crimes commis contre les avocats donnent lieu à une condamnation. Cette situation alimente un climat de peur, poussant certains professionnels à exercer sous protection policière ou à quitter le pays.
L’impact sur le système judiciaire et la société mexicaine
L’assassinat ou l’intimidation d’avocats a des répercussions profondes sur le système judiciaire mexicain, déjà fragilisé par la corruption et le manque de moyens. Les procédures judiciaires s’en trouvent ralenties, voire bloquées, lorsque les défenseurs refusent de prendre en charge des dossiers sensibles par crainte pour leur sécurité. « Sans avocats pour assurer leur défense, des milliers de personnes se retrouvent sans recours juridique, ce qui aggrave encore les inégalités devant la loi », explique une juriste travaillant pour une ONG locale.
Par ailleurs, cette violence contribue à décourager les jeunes diplômés de s’engager dans la profession, craignant pour leur vie. Les facultés de droit mexicaines enregistrent une baisse significative des inscriptions dans les spécialisations liées au droit pénal ou à la défense des droits humains. « C’est un cercle vicieux », souligne un professeur d’université. « Moins il y a d’avocats compétents, plus les cartels gagnent en pouvoir, et plus la violence s’amplifie. »
La communauté internationale, notamment les organisations de défense des droits humains, a appelé à une mobilisation accrue pour protéger les professionnels du droit au Mexique. « La communauté internationale ne peut plus fermer les yeux sur cette crise », a déclaré Amnesty International dans un communiqué publié ce week-end. « Chaque avocat assassiné est une attaque contre l’État de droit. »
Les cartels ciblent les avocats pour plusieurs raisons. D’abord, ces professionnels jouent un rôle clé dans les procédures judiciaires, notamment pour les membres de cartels arrêtés ou en conflit avec d’autres groupes. Ensuite, certains avocats pourraient être perçus comme des menaces s’ils représentent des rivaux ou enquêtent sur des affaires compromettantes pour les cartels. Enfin, l’intimidation des avocats permet aux cartels de semer la peur dans l’ensemble du système judiciaire, affaiblissant ainsi l’État dans sa lutte contre le crime organisé.