Moins d’une semaine avant la clôture du mercato d’été 2026 en Ligue 1, l’Olympique de Marseille (OM) n’a toujours pas procédé à un seul recrutement. Une absence de mouvement qui inquiète profondément Jérôme Rothen, ancien joueur du club et désormais commentateur sur RMC Sport, qui qualifie la situation de « inquiétante et dramatique ».
Ce qu'il faut retenir
- L’OM n’a enregistré aucun recrutement à neuf jours de la fin du mercato, fixé au mardi 1er septembre 2026 à 19h59.
- Jérôme Rothen, interrogé dans Rothen s’enflamme, juge la situation « dramatique » et critique vivement le manque d’investissement de Frank McCourt.
- Grégory Lorenzi, directeur sportif, a évoqué la possibilité de ne recruter « aucune recrue cet été » lors d’une prise de parole récente.
- Le club marseillais, en proie à des difficultés financières, doit désormais privilégier les ventes pour équilibrer son budget avant de pouvoir acheter.
- Sportivement, l’OM a démarré sa saison par une large victoire 4-0 contre Strasbourg en ouverture de championnat.
Une deadline qui se rapproche sans réponse
Avec seulement quelques jours restants avant la fermeture du marché des transferts, l’OM n’a toujours pas officialisé le moindre renfort. Une situation que Jérôme Rothen, habituellement modéré dans ses analyses, juge « inquiétante ». « La situation m’inquiète, je ne pensais pas qu’on était à ce point-là », a-t-il déclaré dans l’émission Rothen s’enflamme sur RMC Sport, selon nos confrères de RMC Sport.
Alors que la plupart des clubs de Ligue 1 ont déjà finalisé plusieurs mouvements, l’absence totale de recrutement à l’OM interroge d’autant plus que la date limite est désormais imminente. Les supporters marseillais, eux, commencent à craindre de ne découvrir aucun nouveau visage dans leur équipe lors du premier match officiel de la saison.
Sportivement solide, mais le mercato fait défaut
Sur le terrain, l’OM a pourtant donné une image rassurante en s’imposant 4-0 face au RC Strasbourg lors de la première journée de Ligue 1. Une performance saluée par Rothen, qui reconnaît que « oui, ils ont bien démarré en gagnant contre Strasbourg, oui on peut se dire qu’ils vont faire une belle année ». Mais il tempère immédiatement son propos : « Si on pense ça, je pense que c’est jeter la pièce en l’air et il y a plus de chance qu’elle tombe du mauvais côté. C’est une très mauvaise surprise et ça serait dramatique de ne pas avoir une recrue. »
Pour le club phocéen, l’enjeu dépasse désormais le simple cadre sportif. L’absence de recrutement, alors que la concurrence s’est renforcée autour d’eux, pourrait hypothéquer sérieusement les ambitions pour cette saison. Les observateurs s’interrogent : comment un club comme l’OM, habitué à jouer les premiers rôles en Ligue 1 et en compétitions européennes, peut-il se priver de toute possibilité d’ajustement en début de saison ?
Frank McCourt dans le viseur de Rothen
Derrière cette inertie, Jérôme Rothen pointe du doigt le propriétaire américain du club, Frank McCourt. « On peut le remercier d’avoir mis beaucoup d’argent, sauf que là, monsieur McCourt, vous ne mettez plus un rond. Vous laissez un club en grande difficulté », a-t-il lancé lors de son passage télévisé. Une critique directe à l’encontre du milliardaire, accusé de ne plus investir suffisamment dans l’effectif malgré les sommes déjà engagées par le passé.
Cette position tranchée divise. Emmanuel Petit, ancien international français et figure du club, a pris la défense de McCourt. « Il paie cher des gens pour leur faire confiance et avoir des missions au sein du club et je pense qu’il s’est fait avoir », a-t-il estimé, toujours selon RMC Sport. Rothen a rétorqué sans détour : « Je suis d’accord, mais tu ne peux pas passer de tout à plus rien ! » avant d’ajouter que cette absence d’investissement intermédiaire, entre les sommes colossales et le néant, est tout aussi dommageable.
Un mercato verrouillé par les finances
Les difficultés financières de l’OM, désormais bien documentées, expliquent en partie cette frilosité. Le club doit composer avec une masse salariale élevée et des dettes importantes, ce qui limite ses marges de manœuvre. Bruno Genesio, l’entraîneur, a d’ailleurs rappelé après la victoire contre Strasbourg le besoin impérieux de vendre avant d’envisager des achats. « Certains gros salaires sont encore dans l’effectif », a-t-il souligné, confirmant que des négociations internes étaient en cours pour alléger la feuille de paie.
Dans ce contexte, la stratégie du club semble désormais dictée par la nécessité : vendre d’abord, recruter ensuite. Une approche qui contraste avec les pratiques des autres grands clubs européens, où les dirigeants s’activent jusqu’aux dernières heures du mercato pour renforcer leur équipe.
Le discours de Grégory Lorenzi ajoute à l’inquiétude
Le directeur sportif de l’OM, Grégory Lorenzi, n’a pas contribué à apaiser les craintes des supporters. Interrogé après le tirage au sort de la Ligue Europa, il a évoqué la possibilité de ne recruter « aucune recrue cet été ». « Peut-être qu’on aura aucune recrue cet été », a-t-il déclaré, selon RMC Sport, une sortie qui a immédiatement alimenté les spéculations les plus pessimistes.
Si cette hypothèse venait à se confirmer, l’OM aborderait la saison 2026-2027 avec le même effectif qu’en fin de saison précédente. Un scénario qui, pour un club habitué à se battre pour le titre, pourrait s’avérer particulièrement risqué face à des adversaires ayant, eux, opéré des renforts majeurs.
Cette situation illustre les défis auxquels sont confrontés les clubs français, tiraillés entre contraintes financières et exigences sportives. L’OM, emblème du football hexagonal, se retrouve ainsi au cœur d’un paradoxe : alors que son équipe sur le terrain donne des signes de solidité, sa politique sportive interroge et alimente les craintes d’un début de saison en demi-teinte.
Plusieurs facteurs expliquent cette absence de mouvement. D’abord, des contraintes financières importantes pèsent sur le club, avec une masse salariale élevée et des dettes à gérer. Ensuite, l’OM semble devoir vendre des joueurs avant de pouvoir en recruter, une stratégie qui prend du temps. Enfin, les négociations en cours pourraient ne pas aboutir avant la deadline du 1er septembre 2026 à 19h59.