Selon Courrier International, l’idée selon laquelle manger toutes les deux heures permettrait d’augmenter son métabolisme relève davantage du mythe que de la réalité scientifique. « Quand on cherche à augmenter son métabolisme, on veut surtout dire qu’on cherche à brûler plus de calories », explique James Betts, professeur en physiologie du métabolisme à l’université de Bath. Ce spécialiste rappelle que le métabolisme de repos est très prévisible et peut être évalué avec précision à partir de données simples comme le poids, l’âge ou le sexe.
Le métabolisme, souvent mal compris, désigne la quantité d’énergie dépensée par le corps sur une période donnée. Cette dépense énergétique repose sur trois piliers : le métabolisme de base — énergie indispensable au fonctionnement des organes —, l’effet thermique des aliments — calories brûlées pour digérer — et enfin, l’activité physique, qui varie le plus d’une personne à l’autre. Autant dire que l’alimentation seule ne suffit pas à le stimuler de manière significative.
Ce qu'il faut retenir
- Le métabolisme de repos dépend principalement du poids, de l’âge et du sexe, et est très prévisible pour la majorité des gens.
- L’effet thermique des aliments, qui représente environ 10 % des calories consommées, ne suffit pas à compenser l’apport calorique d’un repas.
- Pour augmenter sa dépense énergétique, l’activité physique reste la méthode la plus efficace, selon James Betts.
- Le grignotage fréquent ne modifie pas significativement le métabolisme, contrairement à une idée reçue largement répandue.
Le métabolisme, une notion souvent mal comprise
Avant toute tentative d’optimisation, il convient de bien cerner ce qu’est le métabolisme. Selon James Betts, cité par Courrier International, il s’agit avant tout de la quantité d’énergie que le corps utilise pour fonctionner. Cette dépense énergétique est influencée par plusieurs facteurs, dont la taille, l’âge, le sexe, ainsi que les masses musculaire et graisseuse. Le métabolisme de base, qui représente la part la plus importante de cette dépense, est déterminé par des paramètres biologiques stables pour chaque individu.
La digestion, deuxième composante majeure, implique une dépense énergétique supplémentaire. Environ 10 % des calories ingérées sont utilisées pour la mastication, la digestion et l’assimilation des nutriments. Ce phénomène, appelé « effet thermique des aliments », reste cependant insuffisant pour transformer le grignotage en une stratégie efficace de perte de poids.
Manger plus souvent ne booste pas le métabolisme : l’avis d’un expert
James Betts compare l’effet thermique des aliments à une « sorte de taxe ». Pour illustrer son propos, il prend l’exemple suivant : « De même que votre salaire brut est supérieur à votre salaire net, lorsque vous absorbez 100 calories, votre organisme n’en conserve réellement que 90, car il doit en dépenser une dizaine pour extraire les nutriments de vos aliments. »
Ce mécanisme explique pourquoi manger plus fréquemment ne permet pas, en soi, d’augmenter significativement le métabolisme. Le gain énergétique reste marginal, et il ne compense pas l’apport calorique supplémentaire. Pour James Betts, la solution la plus fiable pour brûler davantage de calories reste donc l’activité physique. Bouger plus, en augmentant l’intensité ou la durée de l’exercice, permet d’optimiser la dépense énergétique de manière bien plus tangible.
L’activité physique, le levier le plus efficace pour activer son métabolisme
Si l’alimentation joue un rôle dans la gestion du poids, son impact sur le métabolisme reste limité. En revanche, l’activité physique agit directement sur la dépense énergétique. Selon James Betts, c’est le seul levier sur lequel il est possible d’agir de manière significative. « Si vous souhaitez dépenser davantage d’énergie, bouger plus reste la méthode qui a fait ses preuves », précise-t-il.
Les études montrent que l’exercice, qu’il soit d’intensité modérée ou élevée, augmente temporairement le métabolisme. Cet effet, appelé « afterburn », correspond à la dépense énergétique supplémentaire observée après une séance de sport. Plus l’effort est intense, plus cette dépense post-exercice est élevée. Autrement dit, intégrer davantage de mouvement dans son quotidien — marche rapide, vélo, musculation — constitue une stratégie bien plus pertinente que de multiplier les petits repas.
En définitive, l’idée selon laquelle grignoter toute la journée stimule le métabolisme relève davantage du folklore que de la science. Comme le souligne James Betts, « on ne peut pas tricher avec son métabolisme de base ». La seule marge de manœuvre réelle consiste à agir sur ce que l’on contrôle : son niveau d’activité physique et, dans une moindre mesure, la qualité de son alimentation.
Selon les données rapportées par Courrier International, environ 10 % des calories consommées sont dépensées pour la digestion et l’assimilation des nutriments. Par exemple, sur 100 calories ingérées, seules 90 sont effectivement utilisées par l’organisme.