Selon BFM - Faits Divers, Météo France a déposé une plainte pour « altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données » après des relevés de température anormalement élevés sur l’un de ses capteurs. Ces anomalies coïncident avec des gains importants enregistrés par des internautes sur le site de paris en ligne Polymarket, spécialisé dans les mises sur des événements météorologiques. Les données suspectes ont été observées à deux reprises, les 6 et 15 avril 2026, sur la station météo de l’aéroport Charles de Gaulle, à Roissy-en-France.

Ce qu'il faut retenir

  • Météo France a porté plainte pour « altération de capteurs » après des relevés de température anormalement élevés le 6 avril et le 15 avril 2026 à l’aéroport Charles de Gaulle.
  • Ces variations brutales de température ont coïncidé avec des gains importants sur Polymarket, un site de paris en ligne interdit en France.
  • Un météorologue évoque une manipulation possible des capteurs, nécessitant une intervention physique pour modifier les mesures.
  • Polymarket a depuis changé de source de données pour les paris liés à la température à Paris, passant de Charles de Gaulle au Bourget.
  • Les relevés suspects ont atteint plus de 21°C le 6 avril, puis 22°C le 15 avril, alors que les températures attendues étaient autour de 18-19°C.

Des pics de température inexpliqués, synchronisés avec des gains sur Polymarket

Le 6 avril 2026, vers 19 heures, la station météo de l’aéroport Charles de Gaulle a enregistré une hausse brutale de la température, passant de valeurs normales à plus de 21°C en quelques minutes, avant de redescendre aussitôt. Ce pic a coïncidé avec une victoire significative d’un parieur sur Polymarket, qui a remporté 14 000 dollars pour une mise de quelques dizaines de dollars seulement. Son compte avait été créé deux jours plus tôt, ce qui a soulevé des interrogations sur une possible manipulation.

Un scénario similaire s’est reproduit le 15 avril, où un autre internaute a empoché plus de 20 000 dollars. Alors que les températures maximales des jours précédents et suivants oscillaient entre 18 et 19°C, Polymarket a retenu un pic à 22°C ce soir-là. La probabilité de ce résultat, initialement estimée à 0,1 %, a bondi à 95 % en seulement trente minutes.

Une manipulation technique évoquée par les experts

Ruben Hallali, météorologue interrogé par BFM - Faits Divers, a souligné l’improbabilité de telles variations en si peu de temps : « De telles variations de températures paraissent très peu probables, notamment à ces deux dates, et sur une durée aussi courte. On peut imaginer qu’un individu ayant une bonne connaissance du fonctionnement des capteurs soit intervenu, pour aboutir à des températures en hausse de deux degrés au bon moment, pour valider un pari. » Selon lui, une intervention physique sur le capteur, comme l’utilisation d’un appareil chauffant placé à proximité, serait nécessaire pour fausser les mesures.

Les données des capteurs de Météo France sont utilisées par Polymarket pour valider les paris sur les températures maximales à Paris. Jusqu’ici, c’est le capteur de Charles de Gaulle qui servait de référence. Mais face aux soupçons de manipulation, le site a décidé de basculer vers celui de l’aéroport du Bourget depuis le dimanche 19 avril 2026.

Météo France confirme une plainte et des constats physiques

Contacté par BFM - Faits Divers, Météo France a confirmé avoir porté plainte auprès de la brigade de gendarmerie du Transport aérien de Roissy. L’établissement public évoque des « constatations physiques » sur un de ses instruments, ainsi qu’une « analyse des données des capteurs ». En revanche, Météo France n’a pas souhaité préciser si ces anomalies avaient eu un impact sur les données transmises aux avions, ni sur les opérations aériennes à Charles de Gaulle.

Polymarket, déjà critiqué pour d’éventuels délits d’initiés liés à la guerre en Iran, est interdit en France. Le site permet aux utilisateurs de miser sur une multitude d’événements, dont les phénomènes météorologiques. Pour les paris liés à la température à Paris, c’est bien le capteur de Météo France qui fait foi — un système désormais sous surveillance.

Un contexte réglementaire déjà tendu pour Polymarket

Le site de paris en ligne Polymarket est régulièrement pointé du doigt pour son manque de régulation et ses pratiques opaques. Aux États-Unis, où il est basé, il a déjà été accusé de faciliter des délits d’initiés, notamment dans le cadre d’événements géopolitiques majeurs. En France, son activité est totalement prohibée, comme le rappelle l’Autorité nationale des jeux (ANJ), qui rappelle que les paris sur les événements météorologiques y sont interdits.

La question se pose désormais de savoir si ces anomalies relèvent d’une simple coïncidence ou d’une tentative délibérée de fraude. Les autorités judiciaires et Météo France devront déterminer si ces variations de température étaient accidentelles ou consécutives à une manipulation ciblée.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des résultats de l’enquête menée par la gendarmerie du Transport aérien de Roissy. Si une manipulation est avérée, des poursuites pourraient être engagées contre les responsables, tandis que Polymarket pourrait voir sa situation juridique se dégrader davantage en France. Météo France, de son côté, pourrait renforcer la sécurisation de ses capteurs ou changer de méthode de collecte des données pour les paris en ligne. Une révision des protocoles de validation des données météo pourrait également être envisagée pour éviter de futurs incidents.

Reste à savoir si d’autres anomalies similaires ont été enregistrées sur d’autres sites ou à d’autres périodes, et si d’autres parieurs ont profité de ces pics de température pour s’enrichir.

Non, Polymarket est interdit en France. Le site de paris en ligne est basé aux États-Unis, mais son activité est totalement prohibée sur le territoire français, où les paris sur les événements météorologiques sont interdits par l’Autorité nationale des jeux (ANJ).

Si une manipulation est confirmée, les gains des parieurs pourraient être annulés et les sommes récupérées par les autorités. Les plateformes de paris impliquées pourraient également faire l’objet de sanctions supplémentaires, voire d’une interdiction définitive.