Depuis le mois d’avril, une nouvelle tendance anime les voyageurs du métro parisien : le métrodoku. Ce jeu gratuit, inspiré du sudoku, remplace les chiffres par des noms de stations de la RATP et séduit déjà plus de 30 500 joueurs réguliers, selon Franceinfo - Culture.
Chaque jour, une nouvelle grille est publiée en ligne. Les participants doivent compléter des cases en y insérant des noms de stations, comme Balard, Pyramides ou encore Mozart. Léonie, 28 ans, fait partie des fidèles. Installée dans le métro chaque matin pour se rendre à son travail, elle a adopté ce rituel : « Pour passer le temps, parce que dans le métro, on s’ennuie un peu parfois », explique-t-elle. Son objectif ? Remplir sa grille avant d’arriver à destination, tout en faisant travailler sa mémoire.
Ce qu'il faut retenir
- Un jeu gratuit disponible chaque jour en ligne, remplaçant les chiffres du sudoku par des noms de stations de métro parisien.
- Plus de 30 500 joueurs réguliers, dont Léonie, qui utilise le jeu pour occuper ses trajets.
- Créé par un Parisien, Jean, un développeur informatique passionné de métro, qui a lancé le site après avoir remarqué l’engouement de ses amis.
- Un succès inattendu : Jean a dû faire face à une affluence qu’il n’avait pas anticipée, sans pour autant en tirer de revenus directs.
- Paris compte 321 stations de métro, ce qui en fait le deuxième réseau au monde en nombre de stations, juste derrière New York.
Un sudoku revisité pour les amateurs de métro
Le principe du métrodoku est simple : il reprend la mécanique du sudoku classique, mais remplace les chiffres par des noms de stations. Les joueurs doivent ainsi compléter une grille de 9 cases sur 9, en veillant à ce que chaque ligne, colonne et carré de 3x3 ne contienne qu’une seule fois chaque station. Une façon ludique de se familiariser avec le réseau francilien, tout en stimulant ses capacités cognitives.
Pour Léonie, ce jeu est bien plus qu’un simple passe-temps. Originaire de Poitiers, elle n’a découvert le métro parisien qu’il y a trois ans, mais elle en est rapidement devenue une adepte. « Je viens de Poitiers et il n’y a pas le métro, relate-t-elle. C’est un truc de grande ville de prendre le métro. J’aime bien que ça fourmille, sentir que je pars avec les gens, qu’on est dans un rythme un peu effréné… Et puis je trouve ça incroyable ! » Elle ajoute, enthousiaste : « On est sous terre, ça roule, on relie des endroits hyper facilement. J’aime bien, c’est un kiffe ! »
Son enthousiasme est tel que ses amis l’ont surnommée « la folle des trains ». Un surnom qu’elle assume pleinement, tant le métro fait désormais partie intégrante de sa vie quotidienne. Ce matin-là, après avoir rempli sa grille en attendant son train, elle a validé sa réponse avec succès : « Montparnasse-Bienvenüe. Je suis contente ! »
Un créateur passionné et surpris par le succès
Derrière le métrodoku se cache Jean, un Parisien de 31 ans, développeur informatique de formation. Passionné par le métro depuis toujours, il a eu l’idée de ce jeu après avoir constaté l’engouement de ses amis pour les jeux de logique. « J’ai vu que ce concept prenait, donc je l’ai mis sur internet et c’est à ce moment-là que j’ai été complètement dépassé par le succès de ce jeu », confie-t-il.
Son inspiration ? Le réseau parisien lui-même. « Paris, c’est 321 stations de métro, c’est-à-dire le deuxième métro avec le plus de stations au monde ! À Paris, on n’est jamais à plus de 500 mètres d’une station de métro », souligne-t-il. Il ajoute, nostalgique : « Ce carrelage blanc, ce bleu sur les stations qu’on reconnaît entre tous… J’aime beaucoup ça. Il n’y a même pas besoin d’être parisien, il suffit d’être Français et d’aimer un peu la culture française. Je ne suis même pas parisien de base, mais c’est une chose que j’avais vue dans tous les films. »
Jean précise qu’il a lancé le site sans intention commerciale. « Aujourd’hui, il y a eu 30 500 personnes ! », précise-t-il en consultant son téléphone. Il a cependant mis en place une cagnotte en ligne pour couvrir les frais techniques, mais ne compte pas en tirer de profit personnel. « Ce qui m’intéresse, c’est que les gens prennent du plaisir », explique-t-il.
Une communauté grandissante et des défis à relever
Le métrodoku ne se limite pas à un simple divertissement : il crée une véritable communauté autour du réseau parisien. Les joueurs échangent des astuces, partagent leurs scores et se défient sur les réseaux sociaux. Pour Jean, cette dimension sociale est un élément clé du succès du jeu. « Je me dis que quelqu’un ici a peut-être déjà joué à Métrodoku », glisse-t-il en observant une rame de métro.
Cependant, le créateur du jeu fait face à un défi de taille : maintenir l’intérêt sur la durée. Pour l’instant, il publie une nouvelle grille chaque jour, mais il envisage d’introduire des variantes, comme des grilles thématiques ou des défis chronométrés. « Je veux que le jeu reste accessible, mais aussi stimulant », explique-t-il. Il étudie également la possibilité d’ajouter des stations de RER ou de tramway pour élargir le réseau couvert.
Quoi qu’il en soit, ce jeu a déjà marqué un point : il a su transformer un trajet quotidien, souvent perçu comme une corvée, en une expérience ludique et stimulante. Pour Léonie, comme pour des milliers d’autres usagers, le métro parisien n’aura plus jamais le même goût.
Le jeu est accessible gratuitement sur le site dédié, mis à jour chaque jour avec une nouvelle grille. Aucun téléchargement n’est nécessaire : il suffit de se connecter depuis un navigateur web, sur ordinateur ou smartphone.
Pour l’instant, Jean n’a pas l’intention de monétiser son jeu. Il a mis en place une cagnotte en ligne pour couvrir les frais techniques, mais ne compte pas en tirer de revenus personnels. Son objectif reste avant tout de proposer un divertissement gratuit à la communauté des usagers du métro.