Alors que le stade Azteca accueillait ce jeudi le match d’ouverture de la Coupe du monde 2026 opposant le Mexique à l’Afrique du Sud, la capitale mexicaine révélait une autre facette de ses défis urbains. Selon le Figaro, Mexico fait partie des villes qui s’affaissent le plus rapidement au monde, avec des zones enregistrant un enfoncement de jusqu’à deux centimètres par mois.

Ces données, collectées par l’agence spatiale américaine Nasa grâce à son satellite NISAR, soulignent l’ampleur du phénomène dans une métropole de 22 millions d’habitants. L’enceinte sportive, située au sud de la ville, illustre ainsi les enjeux environnementaux et structurels auxquels doit faire face la capitale mexicaine, déjà fragilisée par une sécheresse historique et des tensions sur ses ressources hydriques.

Ce qu'il faut retenir

  • Mexico s’enfonce à un rythme pouvant atteindre deux centimètres par mois, selon les observations de la Nasa.
  • Cette mégalopole de 22 millions d’habitants est l’une des villes les plus touchées par ce phénomène dans le monde.
  • Le satellite NISAR de la Nasa permet de mesurer en quasi-temps réel les variations du sol.
  • Le stade Azteca, où s’est déroulé le match d’ouverture de la Coupe du monde 2026, est situé dans une zone particulièrement affectée.
  • La sécheresse persistante aggrave les pressions sur les ressources en eau de la ville.

Un phénomène surveillé de près par la Nasa

Grâce à son satellite NISAR, lancé récemment, la Nasa peut désormais suivre avec une précision inédite les mouvements du sol à l’échelle planétaire. Selon l’agence américaine, Mexico figure parmi les zones les plus touchées par l’affaissement, un phénomène lié à l’extraction excessive des nappes phréatiques et à la densité urbaine. « Mexico est l’une des capitales qui s’affaissent le plus rapidement au monde », a souligné un porte-parole de la Nasa dans une déclaration rapportée par le Figaro.

Le stade Azteca, construit en 1966 et déjà hôte de deux finales de Coupe du monde, est situé dans une zone particulièrement vulnérable. Sa structure, conçue pour accueillir jusqu’à 83 000 spectateurs, illustre ainsi les défis posés par l’urbanisation et la gestion des sols dans une métropole en constante expansion.

Des causes multiples et un impact croissant

L’affaissement des sols à Mexico s’explique principalement par le pompage excessif des nappes souterraines, alimenté par les besoins en eau d’une population toujours plus nombreuse. Depuis des décennies, la capitale mexicaine dépend massivement des ressources hydriques extraites du sous-sol, ce qui accélère la compaction des sols argileux. « Ce phénomène est irréversible à court terme », a expliqué un expert en géologie cité par le Figaro.

Par ailleurs, la sécheresse historique qui frappe le pays depuis plusieurs années aggrave la situation. Les autorités locales envisagent même des restrictions drastiques sur l’accès à l’eau potable, une mesure qui pourrait concerner l’ensemble de la population dans les mois à venir. Cette situation met en lumière les tensions entre croissance urbaine, gestion des ressources et préservation des infrastructures.

Un défi urbain et environnemental majeur

Avec une densité de population parmi les plus élevées au monde, Mexico doit concilier développement économique et préservation de ses ressources naturelles. L’affaissement des sols menace non seulement les bâtiments historiques et les infrastructures, mais aussi les réseaux d’adduction d’eau et d’assainissement. Plusieurs quartiers de la ville présentent déjà des fissures importantes, tandis que des monuments emblématiques, comme la basilique de Guadalupe, montrent des signes de fragilité structurelle.

Face à ce constat, les autorités mexicaines multiplient les initiatives pour atténuer les effets de ce phénomène. Parmi les solutions envisagées figurent la réduction du pompage des nappes phréatiques, le recyclage des eaux usées et la promotion de systèmes d’irrigation plus durables. « La gestion de l’eau est désormais une priorité absolue pour la capitale », a rappelé un responsable municipal sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour Mexico. D’ici la fin de l’année, les autorités devraient annoncer un plan d’urgence pour limiter l’extraction des eaux souterraines et accélérer les projets de recharge des nappes. Parallèlement, la Nasa continue de surveiller l’évolution des sols via son satellite NISAR, avec des données mises à jour régulièrement. Reste à voir si ces mesures suffiront à inverser la tendance à long terme.

Si le phénomène d’affaissement n’est pas nouveau, son ampleur actuelle et ses conséquences potentielles en font un enjeu central pour l’avenir de la ville. Pour les 22 millions d’habitants de Mexico, la question dépasse désormais le cadre environnemental : elle touche à la survie même de leur métropole.

L’affaissement des sols menace les infrastructures (bâtiments, routes, réseaux d’eau), provoque des fissures dans les habitations et fragilise des monuments historiques. Il aggrave aussi les risques de pénurie d’eau, déjà exacerbés par la sécheresse.

Le satellite NISAR permet de mesurer en temps réel les mouvements du sol, offrant aux autorités des données précises pour mieux cibler les zones à risque et adapter les politiques de gestion de l’eau. Cependant, il ne constitue qu’un outil d’analyse et non une solution en soi.