Des figurines représentant Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont été brûlées symboliquement lors d’un festival artistique à Mexico, selon BMF - International. Cet événement, organisé le 5 avril 2026 dans le cadre de la Semana Santa, a attiré plusieurs centaines de participants avant de dégénérer en une scène de protestation contre la politique étrangère américaine et israélienne.

Ce qu'il faut retenir

  • Deux effigies brûlées : celles de Donald Trump, ancien président des États-Unis, et de Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, ont été réduites en cendres lors d’un rituel symbolique.
  • Un festival détourné : l’événement, initialement prévu comme une exposition artistique, a été transformé en une manifestation politique par des activistes locaux.
  • Contexte géopolitique tendu : cette action s’inscrit dans un mouvement de contestation plus large contre les gouvernements occidentaux et leurs politiques au Proche-Orient et en Amérique latine.
  • Réaction des autorités : la mairie de Mexico a indiqué avoir ouvert une enquête pour vérifier la légalité de l’acte, sans pour autant engager de poursuites à ce stade.
  • Sécurité renforcée : des forces de l’ordre ont été déployées en renfort pour éviter tout débordement supplémentaire.

Un festival transformé en tribune politique

Organisé chaque année dans le centre historique de Mexico, le festival « Arte y Resistencia » se voulait jusqu’ici un espace dédié à la création contemporaine et aux débats sociétaux. Mais dimanche, plusieurs groupes militants ont profité de l’affluence pour y intégrer des revendications géopolitiques. Des tracts distribués sur place appelaient à la « condamnation des crimes de guerre » en référence aux conflits récents au Moyen-Orient, selon des témoignages recueillis par BMF - International.

Parmi les participants, un collectif autoproclamé « Despierta México » a pris l’initiative d’installer deux mannequins en carton, vêtus de costumes rappelant ceux des deux dirigeants, avant de les enflammer devant une foule estimée à près de 500 personnes. « C’était un geste nécessaire pour dénoncer l’impunité des puissances occidentales », a déclaré un porte-parole du groupe, qui a requis l’anonymat.

Une protestation aux multiples cibles

L’action ne s’est pas limitée à la destruction des effigies. Plusieurs pancartes ont été déployées avec des slogans tels que « Trump = criminel de guerre » ou « Netanyahu, complice du génocide », reflétant une hostilité croissante envers les dirigeants américains et israéliens dans certains milieux mexicains. Selon des sources policières locales, cités par BMF - International, aucun incident violent n’a été rapporté en marge de l’événement, malgré la tension palpable.

Des observateurs soulignent que ce type de manifestation s’inscrit dans une dynamique plus large au Mexique, où les mouvements anti-impérialistes gagnent en visibilité depuis plusieurs années. En 2024 déjà, des rassemblements similaires avaient eu lieu à Monterrey et Guadalajara, ciblant notamment les politiques migratoires des États-Unis.

Réactions contrastées et débats sur la liberté d’expression

La mairie de Mexico a adopté une position prudente. « Nous respectons le droit à la protestation, mais nous veillons à ce que les limites légales ne soient pas franchies », a indiqué une responsable du service culturel de la ville, citée par BMF - International. Des associations de défense des droits humains, comme « Artistas por la Paz », ont pour leur part salué le caractère « courageux » de l’initiative, tout en appelant à éviter les débordements.

Du côté des institutions, le ministère des Affaires étrangères mexicain n’a pas réagi officiellement, mais des diplomates en poste à Washington et Tel-Aviv ont été convoqués pour des entretiens en urgence. Un communiqué du Quai d’Orsay, en France, a simplement « pris note » de l’incident, sans aller plus loin dans les commentaires.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes restent incertaines. Les autorités mexicaines pourraient décider d’engager des poursuites pour « trouble à l’ordre public » ou « incitation à la haine », bien que cette hypothèse soit jugée peu probable par des observateurs. De leur côté, les organisateurs du festival ont annoncé la suspension de l’édition 2026 « jusqu’à nouvel ordre », évoquant des « menaces reçues » contre certains participants.

Côté international, les réactions des gouvernements américain et israélien ne sont pas encore connues. Une source diplomatique sous couvert d’anonymat a indiqué à BMF - International que « des consultations sont en cours pour évaluer la portée de cet incident ».

Cette affaire soulève à nouveau la question de l’équilibre entre liberté d’expression et respect des institutions. Alors que le Mexique reste marqué par une tradition de protestation sociale, certains craignent que de tels gestes ne radicalisent davantage les tensions politiques, dans un pays déjà fragilisé par la violence des cartels et les inégalités économiques.

Les organisateurs du rassemblement ont expliqué que ces deux figures incarnent, à leurs yeux, des politiques étrangères jugées « néfastes » pour le Mexique et l’Amérique latine. Trump est critiqué pour son approche migratoire et son soutien à certains groupes en Amérique centrale, tandis que Netanyahu est associé à la gestion du conflit israélo-palestinien, un sujet qui mobilise les mouvements progressistes mexicains.