À Mexico et Guadalajara, des familles de disparus et des militants se sont réunies ce 30 août 2026 pour marquer la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, selon nos confrères de France 24. L’objectif ? Dénoncer l’absence de réponses concrètes des autorités mexicaines face à une crise humanitaire qui s’aggrave d’année en année.
Ce qu'il faut retenir
- 30 août 2026 : Date de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, commémorée au Mexique par des rassemblements à Mexico et Guadalajara.
- Des familles de disparus et des militants ont dénoncé l’inaction des autorités face à ce fléau.
- Le Mexique compte parmi les pays où les disparitions forcées restent l’un des problèmes sociaux les plus graves et persistants.
- Des milliers de proches prennent eux-mêmes en charge les recherches, faute de moyens ou de volonté politique.
D’après France 24, les rassemblements organisés dans deux des plus grandes villes du pays illustrent la frustration croissante des familles, dont les proches ont été enlevés ou tués dans un contexte d’impunité généralisée. « Nous n’avons plus confiance en l’État pour nous aider », a déclaré María Elena Solís, mère d’un jeune homme disparu en 2023 à Guadalajara. « Nous devons tout faire nous-mêmes, organiser des recherches, financer des enquêtes privées », a-t-elle ajouté, soulignant l’absence de moyens publics alloués aux familles.
Les données officielles restent floues, mais des organisations non gouvernementales estiment que plus de 100 000 personnes ont été portées disparues au Mexique depuis 2006, date du début de la guerre contre les cartels de la drogue lancée par l’ex-président Felipe Calderón. Selon le Comité des Nations unies sur les disparitions forcées, seulement 1 % des cas font l’objet d’une résolution judiciaire.
Des revendications portées par des collectifs de victimes
Les rassemblements de ce dimanche s’inscrivaient dans le cadre d’une campagne nationale baptisée « Ni una más » (« Plus une de plus »), lancée en 2022 pour exiger la création d’une commission d’enquête indépendante sur les disparitions. Carlos Hernández, porte-parole d’un collectif de familles de l’État de Jalisco, a indiqué à France 24 que « les autorités locales et fédérales minimisent systématiquement les signalements ». « On nous répond que la personne a probablement fui ou qu’elle est morte, sans même vérifier », a-t-il précisé.
Les manifestants ont également dénoncé le manque de transparence des institutions, notamment de la Commission nationale de recherche des personnes disparues, dont les moyens seraient insuffisants. « Nous savons que des fosses communes existent, mais personne ne nous donne accès aux zones où nos proches pourraient se trouver », a témoigné Rosa Martínez, dont le frère a disparu en 2018 dans l’État de Michoacán.
Un contexte marqué par la violence des cartels et la corruption
Le Mexique reste plongé dans une crise sécuritaire alimentée par la rivalité entre cartels et par la corruption des forces de l’ordre. Selon un rapport de l’ONG Human Rights Watch publié en 2025, près de 90 % des homicides dans le pays ne font pas l’objet d’une enquête sérieuse. Les disparitions forcées, souvent liées à des règlements de comptes entre groupes criminels ou à des exactions commises par des policiers ou des militaires, sont devenues un symbole de l’échec des politiques publiques.
En 2025, le gouvernement mexicain a promis la création d’un registre national des disparus, mais son déploiement traîne en longueur. « On nous a promis des solutions depuis des années, mais rien ne change », a regretté Hernández. Les familles réclament désormais une réforme législative pour garantir l’autonomie des enquêtes et sanctionner les fonctionnaires complices de l’impunité.
La situation reste donc en suspens, entre l’urgence humanitaire et l’incapacité des institutions à y répondre. « Nous continuerons à chercher nos proches, même sans l’aide de l’État », a conclu Solís. « C’est notre devoir de mère, de fils, de sœur. Personne ne le fera à notre place ».
Les disparitions forcées au Mexique sont principalement liées à la violence des cartels de la drogue, aux exactions commises par les forces de l’ordre (policiers, militaires) et aux règlements de comptes entre groupes criminels. Selon des ONG, plus de 90 % des cas restent impunis en raison de la corruption et du manque de moyens des institutions judiciaires.