Plus de 130 000 personnes sont officiellement portées disparues au Mexique, un chiffre record qui fait de ce pays la scène de la pire crise de disparitions au monde en temps de paix. Une mobilisation massive a eu lieu dimanche à Mexico à l’occasion de la Journée internationale pour les personnes disparues, selon RFI.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 130 000 disparus officiellement recensés au Mexique, la crise la plus grave au monde en temps de paix.
  • Une manifestation de plusieurs milliers de personnes a eu lieu à Mexico dimanche pour la Journée internationale des disparus.
  • Les proches des victimes dénoncent l’incapacité des autorités à endiguer le phénomène malgré un renforcement des politiques sécuritaires.
  • Les familles assument souvent seules les enquêtes et les recherches sur le terrain.

Une mobilisation historique à Mexico

Des milliers de personnes se sont rassemblées dimanche dans la capitale mexicaine pour exiger des réponses et une action concrète de l’État. Selon RFI, cette mobilisation s’inscrit dans la continuité d’un mouvement citoyen qui ne faiblit pas, malgré les annonces répétées des autorités. Les manifestants, composés en grande partie de proches de disparus, ont défilé pour rappeler que le drame se poursuit jour après jour, sans perspective d’amélioration.

La colère est palpable. Les familles dénoncent non seulement l’inaction des pouvoirs publics, mais aussi le fait que ce sont elles qui, bien souvent, mènent elles-mêmes les recherches. « On nous laisse seuls face à cette épreuve », a déclaré l’un des organisateurs de la marche, cité par RFI. Pour lui, les promesses des autorités restent lettre morte, et la situation ne cesse de se dégrader.

Un phénomène qui résiste aux politiques sécuritaires

Le Mexique a pourtant renforcé ses dispositifs de sécurité ces dernières années, sans parvenir à inverser la tendance. Les disparitions, qu’elles soient liées à la criminalité organisée, aux conflits internes ou à d’autres causes, continuent de s’accumuler. Les chiffres officiels, déjà alarmants, pourraient en réalité sous-estimer l’ampleur réelle du phénomène, selon plusieurs observateurs.

Les régions les plus touchées restent le Guerrero, le Michoacán et l’État de Mexico, où les enlèvements et les disparitions forcées sont monnaie courante. Les gangs criminels, mais aussi des acteurs étatiques dans certains cas, sont pointés du doigt par les associations de défense des droits humains. « Les disparitions ne sont pas une fatalité », a rappelé un militant des droits humains lors de la manifestation. « Il manque une volonté politique réelle pour y mettre fin », a-t-il ajouté.

Des familles en première ligne

Alors que les autorités peinent à agir, ce sont les proches des disparus qui prennent les choses en main. Beaucoup ont créé des collectifs pour organiser des recherches, partager des informations ou exercer une pression médiatique et judiciaire. Certains ont même recours à des méthodes de surveillance indépendantes, faute de confiance dans les enquêtes officielles.

Les associations dénoncent un manque criant de moyens alloués aux institutions chargées de traiter ces dossiers. Les disparitions sont souvent classées sans suite, ou les enquêtes s’enlisent dans des lenteurs administratives. « On nous demande de patienter, mais nous n’avons plus le temps », a témoigné une mère dont le fils a disparu il y a cinq ans. Pour elle, chaque jour qui passe est une souffrance supplémentaire.

Et maintenant ?

La pression sur le gouvernement mexicain devrait s’accentuer dans les prochains mois, à l’approche des échéances électorales et sous la surveillance accrue des organisations internationales. Une réforme législative visant à mieux protéger les familles et à accélérer les enquêtes est évoquée, mais son adoption reste incertaine. Les associations demandent également une coopération renforcée entre les différents niveaux de l’État, ainsi qu’un soutien financier et logistique pour les collectifs de recherche.

La question des disparus au Mexique reste un dossier ouvert, sans perspective immédiate de résolution. Autant dire que les prochaines mobilisations ne sont pas près de s’éteindre.